Le Lapierre Spicy ose la bi compatibilité point de pivot haut ET bas!

Il y a peu, Lapierre présentait la nouvelle version du vélo qui a longtemps partagé le même cadre avec le Lapierre Spicy : le Zesty. Mais tout ça, c’est désormais du passé ! Le vélo d’Enduro le plus offensif de la gamme française s’autorise de repartir d’une feuille blanche. Une feuille qui lui donne l’opportunité d’explorer un concept inédit : pouvoir être roulé en point de pivot haut, ou bas. Explications et premières impressions, sur FullAttack !

Le contexte…

Souvenez-vous. Il y a quelques semaines, FullAttack vous présentait le nouveau Zesty, le All Mountain de la gamme Lapierre. Avec un message relativement simple au sujet de la voie empruntée pour développer ce vélo : dans la lignée de la précédente génération. Après tout, pourquoi ne pas l’explorer, et en récolter les fruits, si le résultat est intéressant ?! C’est donc la solution retenue par la marque, en ce qui concerne le créneau très concurrentiel des All Mountain modernes… Mais qu’en est-il de l’Enduro ?! 

Chez Lapierre, c’est le Spicy qui s’adresse à cette discipline depuis la fin des années 2000. Et historiquement, Zesty et Spicy ont toujours été très proches. Pour cause, ils ont toujours partagé le même châssis – à quelques aménagements près, pour ajuster débattements et géométrie. C’était encore le cas de la génération sortie début 2019. Mais depuis, il faut reconnaître que la pratique de l’Enduro a particulièrement évolué. Certes, depuis toujours, un bon Enduriste rêve du vélo qui pédale bien à la maison, et peut rouler en station l’été. Mais en compétition aussi, ça a bougé. Nouvelle génération de pilotes, format sprint, engagement de plus en plus présent… 

Si bien que le Lapierre Spicy, tel qu’on le connaissait jusqu’ici, s’est vu prendre de court. Notamment la rigidité et robustesse de son triangle arrière, mis à mal au fur et à mesure de l’évolution de la discipline, et plus particulièrement sur ces dernières saisons. Un comble quand on sait qu’à côté de ça, on peut reconnaître à ce vélo, l’idée d’être aux avant-postes en matière de solutions proposée. Certes, ces dernières années, sa géométrie avait pris un coup de vieux, et méritait mieux… Mais avant ça, le Lapierre Spicy était l’un des premiers à offrir la bi compatibilité Mullet/Full 29.

Lapierre Spicy CF

  • Enduro
  • Full 29 & Mullet/MX
  • 174/170 x 180mm (ar/av)
  • Full Carbone
  • Reach 480 mm (L) & Offset court
  • Roues DT Swiss EXC1501
  • Schwalbe MM & BB Super Trail
  • SRAM Code Silver Stealth, 220/200
  • 4 modèles, 5 tailles, 5499€ à 10 000€
  • 3,2kg (cadre sans amortisseur, M)
  • Dispo à préciser
  • Fiche sur lapierrebikes.com

On vient de le poser en guise d’introduction : jusqu’ici, le Lapierre Spicy avait toujours partagé son châssis avec le Zesty – petit frère All Mountain… Mais ces derniers temps, la pratique de l’Enduro a évolué, et les exigences de robustesse et de performance sont montées d’un cran. Et quand on a un talent de metteur au point comme celui de Nicolas Vouilloz en interne, pourquoi se cantonner à faire évoluer l’existant ?! Vu sous cet angle, on comprend désormais mieux l’approche de la marque pour développer cette nouvelle génération des Zesty & Spicy : pousser plus loin le développement du châssis précédent pour le premier, et s’autoriser à repartir d’une feuille blanche, pour le second ! 

Toute blanche, la feuille du nouveau Lapierre Spicy ?! C’est le débat qui vient à l’esprit quand on découvre les lignes de ce nouveau millésime. Dans les lignes, le dessin, la peau, l’image du nouveau Lapierre Spicy, peu de doute. Il y a effectivement du nouveau. L’allure du vélo a quelque chose de bien plus robuste, dynamique et engagée. Hormis, peut-être, la courbure des bases, difficile de trouver des lignes et formes communes à l’ancien modèle. C’est globalement plus angulaire, plus fourni, plus racé et plus massif que la version précédente…

Mais si l’on commence à se pencher sur les concepts, le nouveau Lapierre Spicy ne peut tout de même pas nier ses origines. En son cœur, l’amortisseur est toujours positionné le plus bas possible, le plus à plat possible, cheminant dans un tunnel formé par le puits de selle, pour être pris en sandwich entre les bases et le basculeur d’une cinématique 4-bars – sur le principe, similaire à celle de la précédente génération. Simplement, le basculeur s’articule désormais au triangle avant via deux oreilles ancrées au tube oblique et non au tube de selle, comme précédement… Mais quelque part, en lisant les choses sous cet angle, on aurait pu deviner un Lapierre Spicy en tenant ce cadre, sans marquage, entre les mains… 

Point de pivot haut, point de pivot bas…

Voilà pour le contexte, et les premières observations utiles à découvrir le nouveau Lapierre Spicy. Entrons désormais dans le vif du sujet. Ce qui fait LA particularité de ce nouveau venu. Le Lapierre Spicy peut se rouler en configuration point de pivot bas, ou point de pivot haut ! Eh oui ! Comment Nicolas Vouilloz – quand lui-même a vu la tendance des points de pivot haut prendre de l’ampleur sur le marché ces derniers temps – aurait pu passer à côté d’une telle opportunité ? Quand on sait, justement, que l’usage d’un point de pivot haut peut répondre au besoin de démarquer le Spicy du Zesty – pivot bas uniquement, pour ce dernier – pour renforcer sa présence sur le terrain de l’engagement et de la vitesse que l’Enduro moderne implique ?! Et quand on sait que dernièrement, le Lapierre Spicy a capitalisé sur la notion même de bi compatibilité ?! 

C’est là que toutes les pièces du puzzle s’imbriquent. Vu sous cet angle-là, c’eut même été dommage, que le Lapierre Spicy ne s’engage pas dans cette voie-là ! Mais il le fait ! Vous avez donc bien lu : le Lapierre Spicy est désormais doublement bi compatible. Il peut se rouler en point de pivot haut ou bas, et en mullet ou en full 29. Et toutes les configurations sont possibles : 

  • point de pivot haut x Mullet
  • point de pivot haut x Full 29
  • Point de pivot bas x Full 29
  • Point de pivot bas x Mullet

Et pour ce faire, il suffit de jouer de deux éléments : le basculeur, et le flip chip…

Le Lapierre Spicy, en détail…

Mullet vs Full 29, pivot haut vs bas… Ça en fait des possibilités. Mais pour l’heure, on poursuit la découverte du Lapierre Spicy via les détails de cinématique, rigidité/raideur et géométrie auxquels on a coutume de s’intéresser, sur FullAttack. C’est ainsi l’occasion de voir ce qui rapproche ou au contraire, différencie en détail, chaque configuration possible du Lapierre Spicy. 

Cinématique…

Ça peut paraître une évidence, mais on commence tout de même par là. En jouant de la hauteur du point de pivot, la trajectoire de roue arrière du Lapierre Spicy diffère.

De ce fait, l’idée d’une telle différence est de procurer deux manières d’enrouler les obstacles à la roue arrière. En point de pivot haut, la roue vient moins buter dans ce qui se présente à elle, depuis l’avant. Dans le cas d’un point de pivot haut, l’effet de chaîne est à prendre en considération, sans quoi l’allongement du brin supérieur, tendu, provoque de sacrées turbulences. Raison pour laquelle, bien évidemment, le Lapierre Spicy configuration point de pivot haut fait usage d’un galet de renvoi. Sa présence permet de jouer finement de deux paramètres de cinématique importants… 

L’autre paramètre étant l’anti-squat – de combien la suspension s’affaisse, se détend ou se fige, quand la chaîne se tend. Ici, le Lapierre Spicy compense un peu les traits de caractère de chaque configuration. En point de pivot haut – qui peut avoir tendance à beaucoup s’affaisser – l’anti-squat reste élevé pour tenir un peu le vélo. Tandis qu’en point de pivot bas, sa valeur diminue, pour éviter un vélo trop brutal dans son comportement. 

Enfin, la marque choisie de communiquer sur la courbe de ratio du Lapierre Spicy pour illustrer le rôle du flip chip. On l’a dit, il permet avant toute chose, de maintenir la suspension dans sa bonne plage de fonctionnement…

Ceux qui lisent régulièrement FullAttack savent que ces courbes de ratio servent, entre autres, aux fournisseurs d’amortisseur, pour dimensionner les settings internes qu’ils fournissent aux concepteurs de châssis. Le fait que les 4 configurations du Lapierre Spicy veillent à avoir la même courbe de ratio a donc tout son intérêt : celui de garantir que les settings internes choisis par la marque fonctionnent de manière équivalente, quel que soit le choix du pilote. 

Dernier mot, enfin, en matière de cinématique, pour parler Anti-rise – comportement au freinage. Là cette fois, pour mettre en évidence que le Lapierre Spicy peut profiter de l’avantage connu du point de pivot haut, en phase de freinage. Le vélo s’assoit et contre davantage le transfert de masse et le mouvement de châssis qui accompagne. Tandis qu’en position basse, la valeur est plus faible, la suspension plus libre et le confort un petit peu plus important…

Rigidité/raideur

On l’a dit en introduction, le Lapierre Spicy nouvelle génération vise clairement une pratique plus engagée de l’Enduro – que ce soit en compétition ou en station/Bike Park. Dans les deux cas, la marque a bien saisi que sur la fin, la rigidité et la robustesse du triangle arrière des précédents Spicy, n’étaient plus en phase avec les besoins et les attentes.

Cette nouvelle version du Spicy s’adresse directement à ça sur deux points. En premier lieu, le triangle arrière. Comme sur le Zesty récemment dévoilé, on note des lignes et des profils plus massifs. Et on note l’apparition – là aussi – d’un pontet qui relie les deux haubans pour assurer une meilleure répartition des contraintes. 

Le triangle avant, lui, n’est pas en reste. Il aurait même été trop rigide à ses débuts, lors des premières versions de développement. Le résultat est désormais plus cohérent, mais dans l’ensemble, le nouveau Lapierre Spicy propose des valeurs de rigidité en hausse par rapport au précédent modèle. Avec – en comparaison toujours – des valeurs qui progressent plus sur le train arrière, que le triangle avant.

Parmi les 600 éléments de carbone qui composent le châssis de ce nouveau Lapierre Spicy, une attention particulière est portée sur ce qui compose la zone du boîtier de pédalier et des bases, renforcée pour dynamiser l’ensemble… Tandis qu’au global, le cadre du nouveau Lapierre Spicy est désormais conçu de catégorie 5, donc la norme de robustesse la plus élevée, et commune aux vélos de Descente. 

Géométrie

On l’a aussi dit en introduction, la géométrie du précédent modèle, avait pris un coup de vieux. Celle du nouveau Lapierre Spicy s’attelle donc à corriger la donne. À ce sujet, les intentions de la marque sont plutôt claires… D’abord, pour noter que ce sont cinq tailles, et non plus quatre, qui prennent place au catalogue. La taille XS, développée à la base pour Isabeau Courdurier, vise aussi à offrir un vélo compétitif et engagé, aux plus jeunes qui en ont les moyens. 

Dans les détails, ensuite, c’est le tube de selle, qui est particulièrement visé sur toutes les tailles. Tant mieux, sa hauteur importante et son angle bien trop couché étaient au cœur de ce qui freinait l’évolution du précédent Spicy. Plus court de 3 à 4cm suivant les tailles, ses valeurs reviennent dans la norme du moment. L’angle vient en accompagnement du tout. S’il existe toujours un léger décalage avec un angle effectif et réel, l’écart semble moindre et au global, l’angle effectif visé atteint les 78°. Pour accompagner cette évolution du tube de selle, garantir le bon centrage des masses, et garder de l’appui sur l’avant, le reach évolue lui aussi, vers quelque chose d’un peu plus long. Pour parfaire le tout, et s’accorder au débattement avant – fourche en 180mm – l’angle de direction se couche à 63,5°. Ici aussi, l’idée étant de gagner en stabilité et précision pour engager le vélo dans les courbes et sections rapides. Enfin, la hauteur de boîtier reste au cœur des attentions du Lapierre Spicy. Trois petits millimètres plus haut que la précédente génération, qui se compensent au SAG, une fois le débattement arrière légèrement plus important, mis en charge… 

Détails et finitions

Pour conclure le tour du propriétaire, les finitions du Lapierre Spicy…

La gamme…

On l’a dit, 4 configurations existent à l’usage, avec le Lapierre Spicy. La marque, elle, a choisi son camp en proposant de série, l’ensemble des modèles de la marque, d’origine, en Mullet et point de pivot haut. C’est comme ça que le potentiel du Lapierre Spicy s’assume le plus. Les vélos sont néanmoins livrés avec le kit nécessaire à passer en pivot bas, se faire une expérience comparative, et opter pour ce choix-là, si jamais le point de pivot haut s’avère être trop intimidant… Pour ce lancement, 4 modèles et un kit cadre, tout en carbone.

Premières impressions

Non content de pouvoir vous présenter en détail la conception du nouveau Lapierre Spicy, c’est surtout pour vous livrer mes premières impressions à son guidon, que profite de cet article. Vous reconnaitrez l’endroit aux quelques images qui viennent illustrer mon propos : ces premiers ressentis proviennent entre autres, d’une journée d’essai sur les pistes de l’EVO Bike Park, à Digne les Bains, en compagnie du staff Lapierre, dont Nicolas Vouilloz, spécifiquement présent pour échanger comme il aime le faire au pied des pistes, avec les pilotes qui roulent ses produits… 

Pour ceux qui connaissent les lieux, c’est principalement, et une fois de plus, la Slate Line qui sert de point de référence. Avec, une fois des réglages affinés, le Jungle Trail et la Savage et un passage par la Wip It, pour préciser certaines choses, en fonction des impressions et question encore en suspend… Lesquelles ?! On va voir ça. Dernière petite précision : l’idée étant ici de comparer point de pivot bas et point de pivot haut avec une demi-journée sur chaque configuration, j’ai incorporé les comparatifs Mullet/Full29 par la suite, à domicile, pour compléter mon propos…

À l’atelier, et sur le parking…

Quelques mots déjà concernant la manip utile à changer de point de pivot. Pour préciser en quoi ça consiste à l’atelier. La marque propose une vidéo tutorielle pour en détailler les actions, et l’ordre dans lequel procéder. Quoi qu’il en soit, il s’agit d’être attentif à la présence de chaque entretoises et rondelle pour s’assurer du bon assemblage final. Tout comme il s’agit de bien respecter les couples de serrages notés sur la plupart des vis manipulées. Néanmoins, la clé dynamométrique est le seul outil spécifique nécessaire à cette opération. J’entends par là qu’il s’agit simplement d’une manœuvre de démontage et d’assemblage. Pas de réglage, d’ajustement ou de doigté très particulier, nécessaire. Simplement, de l’application. Comptez une heure, pour prendre le temps de bien faire les choses, de tout observer, de tout comprendre, voire de déterminer l’ordre le plus judicieux pour faire les choses, la première fois. 20 minutes suffisent, à terme, quand le coup de main est pris.

À noter, notamment, que le passage d’un point de pivot à l’autre implique l’usage d’une autre chaîne, non comprise dans le kit livré avec le vélo. C’est la solution la plus sage, si l’on compte changer régulièrement de configuration. Et tant qu’on parle de chaîne, j’en rassure – ou effraie ? – Certains : il n’est matériellement pas possible de rouler le vélo en point de pivot haut, sans le galet de renvoi… Enfin, si vous l’oubliez, c’est à vos risques et périls. À moins de rouler un énorme plateau, la chaîne frotte sur les bases, et va tout bouffer. Si l’un de nous ose solliciter le SAV Lapierre pour ça, je ne pourrai pas cautionner !

Le vélo monté, prêt à rouler, j’en profite pour rester au rayon des fausses bonnes idées. Concernant le Flip-chip et ses trois positions. J’en connais, moi le premier, qui se poseront forcément la question de savoir si quand même, on ne pourrait pas en jouer pour avoir différentes géométries. Gardez bien en tête que ça modifie la cinématique du vélo, et que ça a son effet. Je l’ai constaté, par inadvertance, en partant rouler point de pivot bas, mullet, flip chip au milieu, ayant oublié que je devais le passer en position avant. Il m’a fallu un trottoir monté et descendu, pour constater la mauvaise prestation à l’impact, et faire demi-tour. Je n’ai, pour l’heure, pas expérimenté toutes les autres solutions, pour vérifier, mais en l’état actuel de mes connaissances à propos de ce nouveau Lapierre Spicy, ça conforte l’idée de respecter, avant toute chose, le tableau des préconisations. 

position

Quoi qu’il en soit, voilà qui simplifie un tout petit peu cette prise en main : quelle que soit la configuration, la géométrie et donc la position sur le Lapierre Spicy ne changent pas. C’est d’abord ce que j’ai pu vérifier en passant de l’une à l’autre. Et en l’occurrence, constater que la position procurée par le niveau tube de selle est particulièrement évidente. C’est bien simple, à mon sens, c’est parmi les plus avancées/recentrées du marché. Je ne dis pas là qu’on est sur ce qu’un Geometron sur mesure pourrait procurer, mais tout de même. C’est sensible. L’effet pédalo, assi, les reins cassés, sur la roue arrière, est bien loin. 

Il me reste, néanmoins, à faire quelques essais au sujet de l’insertion de selle, et du débattement de tige maximal admissible. Vous l’aurez remarqué sur les différentes photos de cet article, ça dépasse de beaucoup entre le collier de serrage du tube, et le collier de la tige. Pour l’heure, on a joué des cales de débattement pour que j’obtienne la hauteur de pédalage habituelle, mais je ne dispose pas d’assez d’éléments pour être plus catégorique. Ça me rappelle simplement qu’un travail de mesure et de compatibilité mérite d’être fait pour que chacun sache précisément ce qu’il est en droit d’attendre avec ce Lapierre Spicy. Scott, au lancement du nouveau Ransom, s’était justement prêté au jeu…

Dans l’esprit…

Place désormais à l’action proprement dite. D’abord, pour répondre à une question qui me parait évidente, puisque j’ai eu de belles opportunités de rouler la génération précédente. Souvenez-vous, un des traits de caractère principal des Zesty et Spicy : cette dynamique au boîtier de pédalier, qui en faisait parmi les vélos les plus à même de sortir de n’importe quel virage en wheeling ou en manual, en tirant sur le guidon pour tout cabrer. Je l’ai constaté, elle est toujours présente, en bonne partie, sur le nouveau Zesty. Qu’en est-il sur le Spicy ? 

Eh bien c’est là qu’on mesure le chemin parcouru, le progrès. Quand on sollicite le Lapierre Spicy de la sorte, qu’on tasse son boîtier dans les appuis, il offre toujours une réaction. Une réaction évidente même. La dynamique est toujours là. Elle a simplement un peu changé de nature. Sur les passages où on le veut le plus, il est toujours possible de lever la roue avant du sol. Mais versus son prédécesseur, le Lapierre Spicy converti bien davantage la manœuvre en vitesse vers l’avant. En d’autres termes, le nouveau venu a bien plus de jus ! 

Et ce jus, pour vous donner une idée de son caractère intrinsèque au Lapierre Spicy, il est présent dans toutes les configurations, Mullet ou 29, point de pivot bas ou haut. À ce stade, ça peut vouloir dire plusieurs choses. Que les efforts de la marque pour assurer une cinématique cohérente quelle que soit la configuration retenue fonctionnent. Et/ou bien que ce jus provient aussi des efforts faits sur la rigidité plus homogène du vélo, qui saucissonne moins sous charge, et va donc de l’avant.

Haut vs Bas ?! 

Mais alors, que donne le Lapierre Spicy nouvelle génération, dans ces différentes configurations ? Eh bien pour ce qui est du Mullet vs Full 29, je ne vais pas m’y attarder. Tout bonnement parce que c’est en tout point fidèle à ce que l’on en sait, et qu’on a déjà largement parlé de ça, sur FullAttack. Je vous renvoie donc, d’une certaine manière, à la lecture du dossier complet consacré à ça, et qui portait justement sur l’expérience menée avec le précédent Spicy. Tout juste, je me contenterai de préciser que la stabilité d’assiette nouvelle du Lapierre Spicy, fait ressortir un trait, légèrement plus qu’un autre, me semble-t-il. Le fait qu’en Mullet, on perçoive que le vélo a du rake, le fait que l’axe de roue arrière soit plus bas qu’en Full 29. Dans cette idée de cabrer le vélo à la manière de ce que la précédente génération permettait, le montage mullet favorise un peu la donne, et ça se démarque légèrement plus que l’aisance à prendre de l’angle en courbe, à première vue.

Par contre, c’est bien le passage d’un point de pivot à l’autre, qui marque une différence. Pour preuve, ça m’a incité à partir dans des directions différentes, en matière d’ajustement des réglages de suspension. Je m’explique… En point de pivot bas, le jus du Lapierre Spicy est exacerbé. C’est clairement là qu’il est le plus évident, le plus présent. Il est tel, que la moindre pression sur le boîtier génère de la vitesse. C’en est grisant quand le terrain est joueur. La dernière partie du Jungle Trail passe à mille à l’heure, avec de beaux transferts dans le lot. Mais l’effet collatéral de ce comportement se situe sur le train avant. Ça peut avoir tendance à rendre la roue avant un peu folle, un peu légère, à rebondir dans tous les sens. Si bien qu’en débutant cet essai à mi-plage de détente HV/BV, j’ai dû freiner de 2/3 clics de BV à l’avant, pour stabiliser l’ensemble… J’en fais de même à l’arrière, pour équilibrer le vélo, et ne pas nuire à son excellente assiette. 

Retour à mi-plage, SAG identique, même format de roue – Mullet – mais cette fois en point de pivot haut. L’effet est immédiat. Le jus est toujours là, moins brutal certes, mais sur tous les mouvements de terrain, sur tous les appels, sur toutes les sollicitations à la roue arrière, la même évidence : à situation équivalente, l’impact est moins marqué. Bien plus contenu. Sur boucle test, c’est bien simple, je ne tape pas avec la jante, les pierres heurtées de manière évidente et récurrente, en point de pivot bas. Au freinage aussi, l’effet est sensible. Le transfert de masse est moindre. On perçoit cette idée que le vélo s’assoit, se tasse de l’arrière. J’exagère certainement le propos vs la réalité, mais c’est pour dire à quel point c’est marquant. Ça, plus le kick back légèrement moins présent, et le Lapierre Spicy s’avère plus sain, plus posé, tout en gardant une bonne part de son jus, en point de pivot haut. L’effet de roue avant un peu folle disparaît de lui-même, et je peux rester à mi-plage en détente, voire accélérer un peu, et ajouter de la compression, à souhait. Deux approches différentes… 

La suite ?! 

Quelque part, c’est prometteur. Sur cette première impression, vous l’aurez saisi, c’est la configuration point de pivot haut qui a ma préférence. Elle n’annule pas le dynamisme du Lapierre Spicy, elle lui offre simplement ce qu’il faut de stabilité et de tranquillité dans le maintien de cap, et au freinage, pour en tirer parti sans avoir à sortir le bagage technique du fin pilote. Mais cette première impression peut encore changer. Pour l’heure, j’ai effectué quelques kilomètres, avec succès, en pédalant avec ce galet de renvoi du point de pivot haut. Jusqu’ici, on note un petit bruit sur le plus haut pignon, sans être handicapante. C’est à peine moins bien, mais ça me fait penser au Trek Slash, très bon dans ce domaine. C’est en tout cas mieux que le Jekyll, ou le Norco Shore, en la matière. Dans tous les cas, ça mérite, a minima, de l’emmener sur plusieurs heures, pour s’en faire une idée plus précise. C’est ce à quoi je m’attèle au moment où ces lignes sont publiées. Le Lapierre Spicy participe au Grand Rallye VTT Trasverdon que l’on organise. L’occasion ainsi, de préciser encore le caractère du Lapierre Spicy, préciser comment il se pilote, à quoi il se destine, et le placer versus la concurrence du moment, dans un verdict d’essai complet, à paraître, sur FullAttack !

Rédac'Chef Adjoint
    1. Et quand on sait les problème de fiabilité qu’a connu la génération précédente, problèmes qui n’ont jamais été solutionnés en plusieurs années, qui va risquer d’acheter qqchose d’aussi cher à la réputation catastrophique ?

  1. Vélo hyper intéressant
    Mais comme dit au dessus les tarifs sont …!
    Un prix peut toujours se justifier, je me demande juste si les marques arrivent tout simplement a vendre des vélos?
    Il n’y a qu’à voir l’état du marché de l’occasion qui est saturé de bonnes affaires.
    J’ai l’impression qu’il y a de la vente seulement dans les éléc?
    Peut être un sujet autour de ces questions ?

    Pour en revenir au bike, ils ont le mérite de moins point de vue de proposer un design assez « différent »
    Ça change

    1. Tout à fait d’accord. Le marché de l’occase est saturé pour ne pas dire carrément mort. Pas possible de s’offrir de nouveaux bike surtout à ce prix si on ne peut même pas revendre les anciens…

  2. Merci pour ce très bon test. Il est vrai qu’on attend de savoir comment il pédale en montée ! Une remarque qui devient une tendance générale, plus aucune mention du poids n’est retrouvée dans aucun des tests ou comparatifs, serait-il possible de le préciser dans le futur article ?
    C’est toujours un plaisir de lire vos tests.

    1. CF Team – 10 000€ / 15.8 KG
      CF 8.9 – 6 999€ / 16.0 KG
      CF 7.9 – 6 499€ / 16,1 KG
      CF 6.9 – 5 499€ / 16.5 KG
      Kit Cadre CF Team – 3699€ / 3.2 KG

    2. C’est prévu pour le verdict d’essai à paraitre sur le Spicy. On dispose d’un Spicy CF 8.9 taille L que l’on peut peser précisément. En attendant, j’ajoute à la gallerie de présentation de la gamme, les poids annoncés par lapierre. De 15,8 à 16,5kg selon le modèle…

    1. Il semble qu’Adrien Dailly a roulé en pivot bas sur les deux premières manches des EDR, puis en pivot haut à Léogang (sur enduro-mtb.com).
      Isabeau Courdurier a roulé en pivot bas et en mulet jusqu’ici (voir son instagram).

      1. À priori, c’est pas forcément figé, ça peut varier d’une course à l’autre, en fonction du terrain et de l’état d’esprit/forme du moment. C’est en tout cas la conclusion que je tire du Grand Rallye au guidon du SPicy !

  3. Quand on voit les prix des autres marques, ça reste correct. Le problème c’est plutôt l’augmentation globale des prix des bikes, j’ai fait un tour sur le site Cube il y a peu, il y 4ans le plus haut des gamme des enduro était à 5800 environ maintenant c’est 7800…

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