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Kick-back & Anti-squat

Après un article posant les bases de la Cinématique, la rubrique Didactique s’attaque à quelques termes barbares de la suspension VTT.

Kick-back et Anti-squat en font partie. Pourtant, ces termes anglophones, opaques pour certains, sont en lien direct avec un principe mécanique simple : le moment d’une force.

Place donc à une nouvelle publication qui fait la lumière sur des aspects méconnus du fonctionnement de nos chères montures et, pourquoi pas,  mieux en sentir les effets sur le terrain.

 


Temps de lecture estimé : 12 minutes


 

 

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Le moment d’une force

En physique, le moment d’une force caractérise l’aptitude d’un effort à faire tourner un élément autour d’un point. Derrière cette énoncé barbare se cache quelque chose d’élémentaire : ce que l’on utilise chaque jour pour ouvrir et fermer une porte…

Or, il existe un cas particulier où un effort ne génère pas de moment : lorsque sa direction passe par le point de pivot…

 

 

En quoi ça nous concerne ?

Cette règle s’applique à tout élément en liaison pivot avec un autre. On l’a vu dans la publication Didactique au sujet de la Cinématique : l’élément sur lequel est fixé la roue arrière, quel qu’il soit, pivote par rapport au triangle avant.

Quelques subtilités existent parfois pour identifier où se situe le point de pivot de cette liaison. Mais quel qu’il soit, s’il pivote, l’élément support de la roue arrière se plie à cette loi…

Comme sur la porte, les efforts exercés sur le bras arrière peuvent le faire pivoter…

Au delà de ces deux premiers efforts, plusieurs autres agissent sur le bras arrière. Cette fois-ci, ce sont ceux issus de la chaîne qui nous intéressent…

 

 

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Influence du brin tendu…

Le brin supérieur de la chaîne, le brin tendu de la transmission, est en prise directe avec la cassette. Rappelons que cette dernière fait partie de l’ensemble bras arrière isolé précédemment.

Il exerce un effort sur le bras arrière. Et, en la matière, il suffit parfois de quelques millimètres pour que son influence change considérablement…

En fonction de son orientation vis-à-vis du point de pivot, le brin supérieur de la chaîne peut donc tout autant favoriser, ou contrer la manière avec laquelle la suspension se comprime.

 

 

L’Anti-Squat

Étudions le cas où le brin supérieur de la chaîne passe sous le point de pivot. La tension du brin a tendance à contrer la compression de la suspension. Mais à quel point ? Et face à quel effort s’oppose-t-elle ?

et-didactique-kb-as-19Il est intéressant de définir un certain rapport : de combien la tension du brin supérieur s’oppose à la compression générée par l’effort exercé au boitier de pédalier. Quand j’appuis sur le pédalier : la chaîne contre-t-elle suffisamment la compression de la suspension engendrée par mon effort ? Dans le cas de figure où je pédale, l’effet est-il suffisant pour éviter le pompage ?

C’est en estimant le rapport entre ces deux effets que l’on juge de l’Anti-Squat dont dispose un vélo. Anti = contre / Squat = compression / Anti-Squat = contre la compression. On trouve parfois cette valeur exprimée en pourcentage : autour de 100%, les deux effets s’équilibrent.  D’autre fois comme un nombre relatif : le signe indique l’effet qui prend le dessus.

 

 

Le Kick-back ?

Le kick-Back peut être qualifié d’effet indésirable de l’Anti-Squat. Au lieu de se focaliser sur le bras arrière, intéressons-nous au brin supérieur de la chaîne…

Dans ce cas de figure, si la suspension se comprime, le brin supérieur de la chaîne se tend et tire sur ses extrémités. On estime alors le Kick-back….

Certains vélos n’ont pas de Kick-back. D’autre très peu au point qu’il ne se sente pas à l’usage. Mais pour certains, il suffit de passer dans un nid de poule sur le petit plateau et le grand pignon, en pédalant, pour sentir la tension de la chaîne varier, et le pédalier repartir vers l’arrière…

 

 

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Les paramètres qui entrent en jeu

On l’a vu, le Kick-back et l’Anti-squat d’un vélo tiennent à l’alignement, ou non, du brin supérieur de la chaîne avec le point de pivot du bras arrière. Il existe donc plusieurs paramètres qui influent sur ce principe.

Au premier rang desquels la position du point de pivot principal. Voilà pourquoi, la première publication Didactique, intitulée Cinématique, avait pour objectif de permettre à chacun d’identifier où se situe le point de pivot principal d’une suspension.

La position de ce point, et à fortiori son déplacement lorsqu’il s’agit d’un point de pivot virtuel, est un des paramètres clés dont disposent les concepteurs au moment de concevoir leurs vélos. Ils peuvent, en choisissant qu’il se situe au dessus, au dessus ou sur l’axe du brin supérieur de la chaîne, décider que leur monture soit plus ou moins sujette au Kick-back et à l’Anti-squat.

Au delà de ça, puisque l’on parle de chaîne, certains paramètres de la transmission entrent forcément en jeu quand il faut définir l’orientation du brin supérieur…

 

 

 

Anti-squat permanent ?

Puisque l’on parle de chaîne, de pédalier, de transmission… On pourrait penser que le le Kick-back et l’Anti-squat n’entrent en jeu qu’au pédalage. Ne nous y trompons pas ! Certes, ils sont maximaux lorsque le brin supérieur est le plus tendu, au coup de pédale… Mais ils peuvent aussi être actifs le reste du temps, dans certains cas de figure qui dépendent : de la nature du choc, du comportement de la suspension vis-à-vis de lui, de la vitesse à laquelle la roue arrière tourne, du rapport de transmission et de la vitesse du brin supérieur de la chaine.

Ce cas de figure peut donc se présenter et influer dans différentes situations de pilotage :

– En courbe, lorsque l’on souhaite pousser sur le pédalier pour marquer un appui. Certains vélos s’affaissent, d’autres non.

– Sur les mouvements de terrain verticaux qui poussent la suspension à se comprimer. Certains vélos s’affaissent et sont patauds, d’autres réagissent comme sur une pump-track.

– Lorsque la suspension traite une succession d’obstacles. Certaines suspensions “entrent” dans le débattement et fonctionnent “dans le débattement” autour d’une certaine zone d’équilibre. D’autres rechignent à prendre la course.

Dans ces trois cas, Le Kick-back et l’Anti-squat peuvent en partie expliquer le comportement du vélo, mais ne peuvent pas être tenus pour seuls responsables. D’autres caractéristiques de la suspension entrent en jeu.

Sur le terrain, pour faire la part des choses, une méthode simple : un run avec, puis un run sans chaine. Les différences de comportement de la suspension sont à attribuer à l’Anti-Squat.

 

 

 

Anti-Squat : bon ou mauvais ?

Il n’existe pas de réponse absolue à cette question. Ceux qui s’expriment de manière catégorique à ce sujet défendent une conviction. Par expérience, et pour avoir l’occasion d’échanger régulièrement avec différents concepteurs, de différentes marques et horizons : chacun à sa propre vision des choses.

et-didactique-kb-as-22Certains prônent des systèmes de suspension qui isolent le bras arrière de l’influence de la transmission en dirigeant le brin supérieur sur le point de pivot . D’autres cherchent à en générer, et en maîtriser l’intensité, à différents stade du débattement, pour confier au vélo un comportement particulier. Il arrive même parfois qu’au sein d’une même marque, des modèles usent de principes différents pour, au final, maîtriser ce même concept à des degrés différents, suivant la pratique.

Dans tous les cas, l’important n’est pas sur cette question. Elle fera toujours débat. C’est davantage sur le fait qu’à l’usage, le résultat soit cohérent. Que l’influence de l’Anti-Squat dans le fonctionnement et la dynamique du vélo soit cohérent. 

C’est la raison pour laquelle on ne va pas ici, se lancer dans une liste sans fin cherchant à catégoriser quel vélo en fait usage, et quel vélo n’en fait pas.

C’est l’objet des essais Endurotribe, fournis de précision et d’analyse. D’autant que si l’Anti-Squat a une influence sur le comportement d’un vélo, il n’est pas le seul responsable du caractère d’une monture et forme un tout, avec d’autres paramètres dont il faut tenir compte pour juger du rendu final, cohérent ou non.

 

 

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Qu’en conclure ? 

En premier lieu, qu’un kick-back trop prononcé n’est pas une bonne chose. Nous y faisons allusion dans nos essais quand le cas de figure se présente, et veillons forcément à vérifier qu’une solution existe. Si tel est le cas, aucune raison de s’alarmer. L’essai du Santa Cruz Hightower est intéressante à ce sujet.

Par ailleurs, l’Anti-squat n’est pas un défaut. Au contraire, un paramètre que les concepteurs prennent en compte au moment de la conception du vélo. Sa maîtrise peut influer sur l’impression de hauteur du boitier de pédalier et de fonctionnement de la suspension . La prise en main exclusive du Commençal Meta AM V4.2, successeur du Meta AM V4, s’y rapporte.

“Le choix de la transmission peut avoir une influence sur le comportement de la suspension…”

Enfin, on comprend ici que le choix de la transmission peut avoir une influence sur le comportement de sa suspension ! Un lien qui ne parait pas évident de prime abord. Pourtant, changer de denture de plateau peut avoir certaines conséquences.

Avant de prendre une quelconque initiative en la matière, il est donc important de se poser une question : mon vélo est-il très sensible, ou non, à un tel changement ? La réponse n’est pas évidente, mais les éléments apportés dans cette publication Didactique peuvent apporter un bon élément de réponse.

C’est pourquoi aussi, il arrive que l’on parle du choix de denture et/ou que l’on change de plateau lors de nos essais Endurotribe. Une attention présente dans la plupart de nos publications Dans les tuyaux et Verdict. Lorsque l’on parvient à identifier qu’un vélo y est sensible, l’information est transmise.

C’est en tout cas un objectif que l’on se fixe, afin, comme avec cette rubrique Didactique Endurotribe, de continuer à partager les infos les plus pertinentes possibles 😉 À très vite !

 

Rédac'Chef Adjoint
  1. Chapeau !!! Très bel article, méthodique et clair.
    Peut-être y aurait-il quand même besoin d’un peu plus d’explications dans les différentes situations de pilotage de “L’antisquat est permanent” et rappeler qu’en français il y le terme anti-pompage !

    1. @J07 > merci ! Plus d’explications dans le sens où ce qui est écrit n’est pas assez explicite ? ou parce qu’il y a des cas de figures qui ne sont pas abordés ? Effectivement, le terme existe en français. Je me suis laissé entrainer par les échanges et contacts que je peux avoir à ce sujet, qui utilisent majoritairement l’appellation anglaise 😉

  2. “– En courbe, lorsque l’on souhaite pousser sur le pédalier pour marquer un appui. Certains vélos s’affaissent, d’autres non.

    – Sur les mouvements de terrain verticaux qui poussent la suspension à se comprimer. Certains vélos s’affaissent et son pataud, d’autres réagissent comme sur une pump-track.

    – Lorsque la suspension traite une succession d’obstacles. Certaines suspensions « entrent » dans le débattement et fonctionnent « dans le débattement » autour d’une certaine zone d’équilibre. D’autres rechignent à prendre le débattement”

    Tout simplement pourquoi et surtout quel rapport avec l’antisquat selon toi car tout ce qui est écrit ici peut autant venir de la simple cinématique
    “trajectoire de roue + progressivité + fonctionnement de l’amortisseur”.

    PS C’est surtout pour la compréhension car je connais assez bien la question.

  3. Bonjour
    Plus d’info technique sur et pour notre passion le VTT que du bonheur, un GRAND merci.

    Petite question: sur les turbo Levo le pédalier est désolidarisé de la rotation de la chaîne sur le pédalage en rotation inversé (je ne suis pas sur d’être très clair !!!) donc je suppose que certains des effets sont annulés par rapport & un VTT classique ?

  4. @Lionel: la plupart des moteurs de VAE nécessite une roue libre dans le pédalier pour ne pas entrainer le moteur dans l’autre sens il me semble. Pour l’explication des effets, hxr a fait une vidéo de son système de pédalier avec roue libre. Mais Antoine viendra surement sur ce cas particulier, non?

    1. Merci @J07, @Lionel 35 et @ksiop > grâce à vos remarques, je réalise que j’ai oublié l’essentiel : pour déterminer si un trait de comportement (hors pédalage) est dû à l’Anti-squat, il suffit de faire un run sans chaine ! Puisque le brin supérieur est responsable du phénomène, sans elle, point d’effet. Comparer avec et sans permet donc d’identifier ce dont l’Anti-Squat est responsable. J’ai modifié l’article en ce sens 😉

      Au delà, je n’ai pas la prétention d’être suffisamment fin pour, au premier run, pouvoir dire si un trait de comportement est dû à l’Anti-Squat ou à la cinématique. Il me faut le run sans chaine ou un autre plateau pour confirmer. Je connais certains concepteurs, plus au fait de leur propres choix et plus focalisés sur leurs propres créations, qui sont capables de plus de finesse à ce sujet en cours de développement.

      Pour le reste, au pédalage, que le plateau soit monté sur roue libre ou non ne change rien. En prise, la (ou les) roue-libre(s) est(sont) bloquée(s). Le brin supérieur est tendu. Kick-back et anti-squat entrent en jeu en VAE comme en vélo traditionnel, avec ou sans HXR.
      L’effet de l’Anti-squat hors pédalage dépend par contre : de la nature du choc, du comportement de la suspension vis-à-vis de lui, de la vitesse à laquelle la roue arrière tourne, du rapport de transmission et de la vitesse du brin supérieur de la chaine. Les cas de figures sont donc différents entre VAE et HXR. Dans le premier cas le brin supérieur peut avoir une vitesse initiale nulle, alors qu’il est systématiquement en mouvement dans le second cas. Je pense, mais c’est à confirmer, que dans ce cas, l’anti-squat est plus présent sur les VAE qu’avec le HXR… mais la réponse mérite une démonstration que je n’ai pas menée pour l’heure. À méditer 😉

  5. Est-ce que sur un cadre avec beaucoup de kick back, avoir un moyeu AR avec peu de points d’engagements ne serait pas un avantage ? Je me suis toujours posé cette question. Ça peut sûrement jouer.

    1. @Xavier > dans l’absolu, ça peut, si réduire les points d’engagement augmente significativement l’angle à parcourir pour bloquer la roue libre. Sauf que dans ce cas, le désagrément sera au pédalage, en augmentant la phase à vide avant d’être en prise efficacement. Il y a certainement plus à perdre qu’à gagner en la matière.

  6. Merci Antoine pour ces explications techniques; ça change des essais basés uniquement sur les ressentis….relatifs à chaque essayeur.

    est-ce qu’il y a néanmoins des familles de suspensions qu’on peut cibler ?
    ex: suspensions à amortisseurs verticaux, “horizontaux”, biellette de renvoi haute ou basse, bras articulés ou non articulés…..etc ?

    faire la relation entre ton article technique et les choix technologique de chaque marque, je pense que tu y as pensé…..mais peut-être est-ce déplacé ? prématuré ? ……

    merci encore

    Chris

    1. @chris > j’aurais plutôt tendance à différencier les suspensions en fonction de la position et parfois, du déplacement du point de pivot. Tu peux lire cet article à ce sujet, si ce n’est pas déjà fait : https://fullattack.cc/2016/12/didactique-suspension-la-cinematique/.
      C’est effectivement un peu prématuré, mais j’y reviendrai bientôt : la position du point de pivot influe sur le comportement du vélo. S’il est loin devant et se rapproche du boitier quand la suspensions s’enfonce n’est pas pareil que s’il fait le chemin inverse. De même, le rendu n’est pas pareil s’il reste proche du boitier de pédalier, ou s’il parcours énormément de chemin et s’en éloigne.
      On peut consacrer à ça deux formes de publications : des articles didactiques, sensibilisant sur certaines notions, et chaque essai vélo, ou la théorie et les ressentis doivent nécessairement se recouper pour être crédibles. On va donc continuer à faire les deux, pour être les plus précis et exhaustifs possibles 😉

  7. Bonjour Antoine et merci pour tes articles de qualité.
    J’aurais une question plus personnelle quant à mon cannondale Jekyll carbon 2 (2016).
    J’ai encore un doute, bien qu’ayant lu ton article dédié aux cinématiques, sur celle à laquelle on peut associer le Jekyll : monopivot avec biellette ou four bar?
    En tout état de cause je remarque qu’après avoir changé mon plateau de 30 contre un de 28, je ne retrouve pas le bénéfice attendu en théorie.
    Cela semble aller dans le sens de ton article, un changement de plateau doit être considéré dans son ensemble et testé avant d’être validé…

    1. @David > sur le Cannondale Jekyll, la roue est fixée aux bases. Le point de pivot principal est fixe : il s’agit de l’articulation bases/triangle avant, située juste au dessus du boitier de pédalier.
      En 30 dents, le brin supérieur est quasi aligné avec le point de pivot. Son influence est donc limitée. à 28 dents, il se peut qu’il passe sous le point de pivot. Reste que sur un point de pivot fixe, cette différence est sensée rester minime, et ne pas influer autant qu’elle peut l’être avec certains points de pivot virtuels.
      > Quel bénéfice attendais-tu plus précisément ?

  8. Merci Antoine pour ta réponse.
    La cinématique du Jekyll est donc de type monopivot avec biellette.
    j’ai effectué mon changement de plateau pour plus de polyvalence dans mon utilisation.
    Mais je m’attendais à obtenir plus de bénéfices dans le raide que ce qu’il en est réellement. En particulier dans des montées techniques où le vélo me parait moins vif et semble plus buter sur les obstacles. J’ai le sentiment de devoir plus m’employer…

  9. Bonjour Antoine,
    merci pour cette belle série d’articles didactique.
    j’ai vu qu’en descente, suite aux exploits de Neko Mulali et Aron Gwin(4° et vainqueur de coupe du monde sans chaine) on développe un système de débrayage de la roue libre avec une commande au guidon ceci va bien dans le sens de ton article .
    Pense tu que l’on puisse voire ce système arriver sur nos vélos d’enduro déjà bardé de manettes!?!

  10. Bonjour,
    Merci pour cet article très intéressant. Il y a cependant un point que je ne comprends pas très bien concernant l’anti-pompage.
    De mes souvenirs (lointains) de physique j’avais retenu que:
    La force (produite par le pédalage), s’exerce sur les structures (triangle arrière d’un côté, triangle avant de l’autre) via leurs points d’ancrages respectifs (axe K7 d’un côté, axe pédalier de l’autre). Dans cette hypothèse, l’effet anti-squat devrait tenir compte de l’axe K7-pédalier et non du brin > de la chaîne. toujours dans cette hypothèse, l’anti-squat est indépendant de la taille du plateau et la suspension la plus neutre vis à vis du pédalage (mais pas des mouvements du pilote) est un monobras avec pivot autour du boitier de pédalier…

  11. Bonsoir,

    Le principe de l’article est intéressant mais le contenu sur l’anti-squat et l’effet de chaîne n’est pas correcte.
    L’anti-squat est la capacité d’une suspension arrière de châssis à ne pas s’affaisser (ou se détendre) sous l’effet d’une accélération motrice. Par définition elle se définit systématiquement en %.

    Sous l’effet de l’accélération, une suspension à tendance à s’affaisser, intervient la notion de transfert de masse. L’effet de chaîne n’est que secondaire (il n’y en a pas sur les voitures, sur certains vélos non plus (ex : Cavalerie Anakin, mono-pivot avec pivot et pédalier concentrique, dont parle Frédo ci-dessus).

    Vos schémas sur l’effet du brin tendu ne sont pas correctes, entre autres parce que vous faites l’hypothèse que le bras oscillant et la cassette forment un seul sous-ensemble cinématique alors que ce n’est pas vrai : la cassette appartient à la roue qui est en liaison pivot par rapport au bras oscillant. La remarque de Frédo ci-dessus est juste également.

    A votre dispo pour en discuter 😉

  12. Petite précision sur ce que j’ai dit : Sur la plupart des vélos, l’effet de chaîne impacte biensur la valeur d’anti-squat mais je voulais souligner que à la base le principe d’anti-squat ne repose pas sur l’effet de chaine.

  13. @Frédo : en réalité, si vous isolez le bras oscillant, les efforts dû à l’effet de chaine s’appliqueront bien sur les axes K7 et axe pivot mais ces efforts auront la direction de la ligne de chaine. Donc dépend du diamètre des plateau/pignon. ça c’est quand on isole chaque sous-ensemble pour essayer de s’imaginer par où passent les efforts.

    Pour calculer véritablement l’anti-squat, il suffit de faire un PFS du système vélo+pilote entier (3 efforts considérés : effort dynamique horizontal / réaction de la roue AV / droite d’action sol sur roue AR)=> on obtient la ligne d’action sol/roue AR. Ensuite on se contente de faire un PFS de la roue AR (3 efforts : tension de chaine / effort bras oscillant sur roue AR / droite d’action sol sur roue AR). Dans ce calcul, la position recherchée est la position 100% anti-squat soit la position pour laquelle on n’aura aucun affaissement de suspension (=aucun pompage dans le cas particulier du vélo), donc dans cette position l’amortisseur ne transmets aucun effort au bras oscillant, donc le bras oscillant n’est sollicité que pas 2 efforts qui sont systématiquement alignés au bras. Ainsi le calcul de l’anti-squat est indépendant des valeurs des efforts et donc du couple de pédalage (juste pour info).

    On a donc 2 droites d’actions sol / roue AR, issues de nos 2 PFS. Le % d’anti-squat est le rapport de la tangente des 2 angles de ces droites d’actions.

    Quand les 2 droites sont alignées, il y a équilibre simultané du système vélo+pilote et de la roue AR => c’est théoriquement l’idéal (100% Anti-squat)

    1. Pas de soucis @Simon, on est d’accord sur les détails apportés, notamment en tenant compte de la seconde intervention ” Sur la plupart des vélos, l’effet de chaîne impacte bien s^r la valeur d’anti-squat…” D’ailleurs, la précision sur ce qu’est l’anti-squat au sens propre permet de mieux préciser ce qui le différencie du Kick-back.

      Reste que pour produire cette rubrique, nous devons tenir compte de certaines contraintes qui ne font pas bon ménage avec la très grande rigueur scientifique. Espace disponible, temps et coût de production, niveau d’accessibilité du contenu… Le web n’est pas l’eldorado que l’on peut imaginer en la matière. Il a aussi ses contraintes. On se prête donc à certaines simplifications qui n’auraient pas leur place dans un livre plus complet, par exemple.

      Je pense notamment à celle soulignée au sujet de l’intégration de la K7 dans le sous ensemble cinématique isolé pour l’étude. Une racourci qui a un certain sens puisqu’au final, on revient à la même conclusion : les efforts appliqués sur le bras par l’effet de chaine ont la direction du brin supérieur. J’utilise ici un cas particulier, certes pas le plus fréquent, de l’usage du frein pour rendre la K7 solidaire du bras, mais il me permet de créer une situation plus favorable à la compréhension de l’effet de chaine dans l’esprit du lecteur. Imaginez expliquer l’effet de chaine avec une maquette comme j’ai déjà pu m’y prêter. Il sera plus facile de bloquer la cassette pour rendre l’effet plus palpable.

      On fait ici face à une problématique d’enseignement classique : à quel niveau s’adresse le cours ? Et donc, jusqu’où pousse-t-on le niveau de démonstration. On a tous, pendant de notre scolarité, vécus plusieurs cours sur le même sujet à propos desquels les professeurs débutaient par “Vous vous souvenez l’an passé, quand on vous disait ça ?! En fait, on faisait un raccourci pour vous amener à l’essentiel, mais si on se penche dans les détails comme on va le faire cette année, c’est un peu plus compliqué !”

      Ici, on tente de satisfaire le plus grand nombre mais la rubrique s’adresse surtout à cette grande partie des pratiquants qui ne soupçonnent pas l’existence de certains phénomènes alors qu’ils sont régulièrement confronté à leur effets. La démarche peut donc effectivement être frustrante pour les plus précis dans le domaine, moi le premier qui suis de nature curieuse et exigeante. Je dois sans cesse me positionner entre une extrême volonté de rigueur d’une part, et un nécessaire effort de vulgarisation de l’autre 😉

      Ce qui me permet d’adresser une précision à @Frédo > la dernière réponse de Simon est peut-être très (trop?) complète mais deux choses importantes à retenir :

      – PFS = Principe fondamental de la statique > https://fr.wikipedia.org/wiki/Principe_fondamental_de_la_statique. Pour qu’un raisonnement soit juste, il est impératif de le respecter. Notamment sur le fait que l’on isole un solide, ou un ensemble de solide cohérent. Sans quoi le raisonnement n’est pas valable. C’est ce qui manque à celui exposé pour raisonner convenablement. Il faut isoler le bras arrière en premier lieu pour étudier son comportement.

      – le résultantes des efforts dû à l’effet de chaine s’appliqueront effectivement suivant la direction de la chaine, et non pas de l’axe de la roue vers le boitier et vice-versa. Ce qui doit modifier quelque peut la perception du problème, et l’issue du raisonnement 😉

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