Troy Lee Designs remet un jet protecteur dans la course. Après des années à occuper le terrain avec ses jet confortables et son Stage intégral light, la marque ressort un format qu’on n’avait plus vu chez elle depuis longtemps. Et là, clairement, le radar FullAttack vient de faire bip : le Stage Stunt débarque avec une promesse nette, celle d’offrir un open face moderne, inspiré du Stage, taillé pour l’enduro d’aujourd’hui et l’essor du e‑bike. Bref, un 3/4 avec le design Troy Lee ? Bien sûr on prend !
Troy Lee Designs : une histoire de style, de terrain et d’expérimentation
Derrière Troy Lee Designs, il y a d’abord Troy Lee, peintre californien passionné de motocross qui, dès les années 80, personnalise des casques dans son garage avant de devenir une référence mondiale du design dans les sports gravity. La marque s’est construite sur un mélange assez unique : une culture artistique très forte, une obsession du détail, et une proximité constante avec les pilotes — moto, BMX, DH, enduro.
Au fil des décennies, TLD a façonné une identité reconnaissable entre mille : des produits visuellement marqués, souvent en avance sur leur temps au point de poser les codes et pensés pour les pratiques engagées.
Dans cette lignée, le retour d’un casque 3/4 chez Troy Lee Designs n’a rien d’anodin.Dans la tendance du moment qui remet le 3/4 à la mode, on pouvait l’attendre et l’espérer, c’est chose faite ! Avec un modèle qui s’inscrit dans son histoire tout en parlant à la nouvelle génération de pilotes enduro et e‑bike.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que TLD explore ce format : à la fin des années 2000, le D2 3/4 avait déjà tenté d’offrir une protection plus enveloppante que les jets classiques, en reprenant le moule du D2 intégral… mais sans mentonnière. Un casque typé freeride/dirt, assez lourd et peu ventilé selon les standards actuels, mais qui avait ouvert la voie en proposant une couverture inédite pour l’époque.Le Stage Stunt 3/4 reprend cette idée, mais dans une version totalement modernisée. Il s’inspire directement du Stage intégral, devenu une référence pour son poids plume et son approche contemporaine de la protection, tout en l’adaptant à un format plus ouvert, plus ventilé et plus polyvalent. Une manière, pour TLD, de renouer avec un concept ancien tout en répondant aux usages d’aujourd’hui.
Ce que le Stage Stunt embarque vraiment
Sur le papier, Troy Lee Designs semble avoir voulu doter le Stage Stunt d’un ensemble de caractéristiques cohérentes avec ce que l’on attend aujourd’hui d’un casque ouvert destiné à l’enduro moderne et au e-bike. Rien d’extravagant, mais un ensemble de choix techniques qui laissent entrevoir une volonté d’équilibrer protection, ventilation et ajustement, sans perdre l’ADN TLD. Avec 550g sur la balance, c’est l’un des casques du marché qui permet de saisir ce que l’on s’évite de transporter dans cette version sans mentonnière.
La coque et la visière sont annoncées en polycarbonate haute résistance, un matériau largement éprouvé dans le milieu, ici associé à une doublure EPS à double densité censée mieux gérer les impacts à différentes vitesses. La présence du Mips Integra Fuse va dans le même sens : une protection rotationnelle intégrée, compacte, qui s’inscrit dans les standards actuels sans alourdir l’ensemble. Bien que sa fiche technique soit solide, on aurait aimé voir ce casque figurer au classement de Virginia Tech afin de se faire une idée encore plus précise du niveau de protection qu’il procure sur le terrain.
Côté ventilation, TLD annonce 9 prises d’air et 13 orifices d’échappement, un schéma qui, sur le papier, veut favoriser les échanges thermiques lors des longues montées ou des spéciales qui s’enchaînent. L’ajustement repose sur une boucle magnétique Fidlock, désormais incontournable sur les casques haut de gamme, et sur un ensemble de mousses modulables :
– 2 tampons Dri-Lex (15 mm et 25 mm)
– 2 rouleaux de cou Dri-Lex, réglables en hauteur sur 3 positions
Un système qui semble vouloir compenser l’absence d’un réglage occipital classique, en misant sur un ajustement par cales, plus proche de ce que l’on trouve sur certains casques orientés gravity.
La visière réglable en 3 positions, avec espace prévu pour ranger lunettes ou masque, fait partie des détails pratiques que TLD maîtrise depuis longtemps. On note aussi la présence de plaques de rivetage et rondelles anodisées, d’un jeu de vis de rechange, d’un kit d’autocollants et d’une housse de casque — des attentions qui rappellent le soin habituel de la marque pour les finitions.Côté normes, le Stage Stunt coche les certifications CPSC 1203, CE EN1078, AS/NZS 2063 et surtout NTA8776, indispensable pour un usage e-bike et qui place le TLD Stage Stunt dans le bon lot des casques VTT. Les tailles proposées vont du XS/S au XL/XXL, et le tarif annoncé est de 295 €, ce qui le place dans la tranche haute du segment open face moderne.
Un segment qui s’étoffe… et où le Stage Stunt doit trouver sa place
Quand on élargit le regard, on se rend compte que le Stage Stunt arrive dans un segment qui n’a jamais été aussi dense. Aux côtés des références déjà bien installées — Fox, Bell, Giro, Bluegrass, Urge — viennent s’ajouter des marques comme Kenny, Rudy project ou O’Neal, qui proposent elles aussi des casques ouverts plus protecteurs, pensés pour l’enduro moderne, le e-bike ou les pratiques engagées.
La liste commence à être longue, et chaque marque y va de sa philosophie : plus de couverture, plus de ventilation, plus de style, plus de certifications… ou un mélange de tout ça.
Dans ce paysage, le Stage Stunt semble vouloir se positionner comme un open face moderne, plus protecteur qu’un casque trail classique, mais plus léger et plus ventilé qu’un 3/4 très enveloppant. Une approche qui le place quelque part entre un Fox Dropframe Pro, un Bell Super Air en version ouverte, un Bluegrass Jetro ou un Kenny Enduro, tout en conservant cette signature TLD : un design marqué, un soin particulier apporté aux finitions, et une construction qui reprend certains codes du Stage intégral.
Reste à voir ce que ça donne pour de vrai, à l’usage, pour mieux cerner comment ces choix se concrétisent et lui confère ses avantages, et/ou inconvénients. Sur le papier, ses choix techniques — double densité EPS, Mips Integra Fuse, ventilation généreuse, ajustement par mousses modulables, certification NTA8776 — laissent en tout cas penser qu’il a des arguments pour trouver sa place dans ce segment très concurrentiel. Chez FullAttack en tout cas, on le place sur la liste des prétendants…
Pour en savoir plus : troyleedesigns.com
