Le Schwalbe Romy et quelques subtilités intègrent la nouvelle gamme…

En ce printemps 2026, Schwalbe fait évoluer sa copie sans tout révolutionner. Nouvelle lecture de gamme, carcasses et gommes gravity ajustées, arrivée d’un profil inédit avec le Schwalbe Romy… Derrière ces ajustements, la marque allemande affine sa stratégie. On fait le point, pour comprendre ce qui change vraiment… et ce que ça peut impliquer, concrètement.

Schwalbe rebat les cartes de sa gamme

En ce début d’année 2026, il y a une information à avoir en tête avant même de s’intéresser aux nouveaux pneus Schwalbe : la marque revoit en profondeur l’organisation de sa gamme. Pas de révolution technique à proprement parler – les profils, les gommes et les carcasses que l’on connaît restent globalement au programme – mais une nouvelle manière de les présenter et de les structurer est à l’œuvre. Outre le tableau de correspondance entre ancienne et nouvelle gamme que voici, l’idée ici est des plus simple : comprendre la logique qui guide désormais la lecture de la gamme. Et à l’usage, elle s’avère finalement plus claire qu’il n’y paraît au premier abord.

Premier point rassurant : les noms des profils ne bougent pas. Les Magic Mary, Albert, Tacky Chan, Nobby Nic et consorts sont toujours là, avec les mêmes identités de crampons que l’on connaît. C’est tout ce qui vient après qui évolue, et qui donne désormais la clé de lecture. Désormais, un premier qualificatif vient préciser la pratique visée« Gravity » pour tout ce qui relève de la descente, du bike park, du freeride ou de l’enduro engagé. « Trail » pour les usages plus polyvalents, all-mountain, randonnée ou vélo de montagne. Et « Race » pour les pratiques XC et marathon, notamment en compétition. Une segmentation plus directe, qui parle immédiatement au pilote sur son terrain de jeu.

Concrètement, cela signifie qu’un même profil peut exister en plusieurs déclinaisons. Un Magic Mary Gravity et un Magic Mary Trail peuvent ainsi se retrouver côte à côte en magasin : même dessin de crampons, mais des carcasses différentes. Le premier s’inscrit dans la lignée des anciennes Super Gravity, quand le second reprend l’esprit des Super Trail, avec notamment un renfort Apex dans les flancs. Mais les choses ne s’arrêtent pas là. Chacun de ces pneus peut ou non, avoir mention du complément « Pro » à la suite de son nom. Ceux qui en bénéficient sont les versions haut de gamme, ceux qui n’en bénéficient pas sont les versions entrées de gamme. Sur L’addition, par exemple, un pneu TRAIL peut coûter 44,90€, quand un TRAIL Pro coûte 69,90€. Reste à saisir pourquoi…

Entrée de gamme vs haut de gamme

Pour ce faire, une partie de la réponse se situe dans le détail des carcasses mises en œuvre. Déjà, rappeler qu’elles diffèrent entre Race, Trail et Gravity, avec plus ou moins de renforts. C’est le nombre de pli – les couches de tissus – et leurs répartitions, qui diffèrent :

  • 6 à la bande de roulement, 4 sur les flancs d’un carcasse Gravity
  • 3 sur une carcasse Trail
  • 3 sous la bande de roulement, 2 sur les flancs d’une carcasse Race

Les carcasses d’entrée de gamme se contentent de ça, tandis que les carcasses « Pro » se parent de renforts supplémentaires :

  • Apex au talon du pneu, et snakeskin dans les flancs Gravity Pro
  • Snakeskin de part en part sur les Trail Pro
  • Un pli remplacé par un renfort à la bande de roulement, et flancs différents sur Race Pro

Plus de complexité, plus de renfort, plus de recherche de la performance et de la robustesse sur les carcasses Pro donc, ce qui peut justifier la différence de prix par la fonction, au delà d’une stratégie purement commerciale…

Gravity Pro : une synthèse entre enduro et DH ?

Pour ceux qui ont déjà lu entre les lignes, on a donc des précisions utiles au sujet des carcasses Gravity qui nous intérèssent sur FullAttack. Mais il faut aller un peu plus loin que la simple lecture des appellations. Car de prime abord, on pourrait tirer une autre conclusion, un peu rapide : les carcasses “DH” auraient disparu chez Schwalbe. En réalité, c’est en regardant la construction de ces nouvelles carcasses “Gravity et gravity Pro” que l’on comprend mieux la logique.

Jusqu’à présent, les carcasses Super Gravity d’Enduro reposaient sur 4 plis de tissus noyés dans la gomme, associés à un renfort Apex dans les flancs. En sus, les carcasses Super Downhill montaient à 6 plis, avec une vocation clairement orientée vers la descente pure et les contraintes les plus élevées. Avec les nouvelles “Gravity Pro”, Schwalbe propose une forme d’hybridation : 6 plis sous la bande de roulement, 4 plis sur les flancs, toujours avec un renfort Apex au talon et Snakeskin dans les flancs. Sur le papier, cela permet de reprendre la robustesse des carcasses DH sur la zone la plus exposée, tout en offrant plus de solidité que les anciennes Super Gravity pour les enduristes engagés…

Reste à voir ce que cela donne sur le terrain. Car en matière de robustesse, de maintien et de comportement, le marché nous a longtemps habitués à une distinction assez nette entre carcasses enduro et carcasses DH. Une frontière qui avait du sens dans bien des cas… et que cette nouvelle approche vient rebattre, pour plus de simplicité.

Côté gomme, la nouvelle Ultra-Soft

Côté gommes, autre évolution notable : la disparition de l’appellation Addix. Pour autant, Schwalbe conserve une logique de lecture assez familière, basée sur un code couleurRouge pour les gommes dures et roulantes (XC), et toujours  bleu pour un compromis intermédiaire, Soft (orange) et Ultra Soft (violet) pour les pratiques les plus engagées.

La véritable nouveauté se situe du côté de la gomme Ultra Soft, annoncée revue. Schwalbe évoque 50 % d’amorti supplémentaire par rapport à la génération précédente, avec une capacité à mieux filtrer le terrain et maximiser l’adhérence dans les conditions les plus exigeantes. C’est notamment cette gomme qui était montée sur le vélo d’Amaury Pierron lors de sa victoire aux Gets en 2024, sous des conditions particulièrement piégeuses.

La marque annonce également des progrès en matière de durabilité, sans avancer de chiffres précis. Un point loin d’être anecdotique, tant l’usure rapide de cette gomme restait jusqu’ici son principal défaut face à la concurrence. De quoi espérer un meilleur compromis… même si, dans les faits, on peut imaginer que beaucoup continueront à privilégier une gomme Soft à l’arrière, au minimum, pour conserver un peu de longévité.

Romy : un nouveau profil…

Dans ce contexte de réorganisation, Schwalbe introduit aussi un nouveau venu : le Schwalbe Romy. Un profil qui n’est pas sans rappeler une autre évolution récente de la marque. On se souvient en effet de l’arrivée des carcasses radiales, accompagnées d’un dessin spécifiquement développé pour en tirer parti : l’Albert. D’une certaine manière, le Romy s’inscrit dans cette continuité. Lui aussi est compatible avec les carcasses radiales, tout en étant également proposé en construction diagonale plus classique.

Ce qui surprend davantage, en revanche, c’est le choix même de ce nouveau profil. Après les Albert et Magic Mary, on pouvait plutôt s’attendre à voir arriver une déclinaison radiale du Tacky Chan. D’ailleurs, les documents reçu le suggèrent : c’est bien au programme, le Tacky Tchan radial débarque, tout comme le Eddy Current. Mais pour l’heure, c’est le Romy qui attire l’attention, avec une proposition visiblement pensée pour occuper un espace encore libre dans la gamme.

En regardant de plus près, le dessin des crampons donne déjà quelques pistes. La bande centrale alterne des éléments transversaux – que l’on imagine jouer leur rôle au freinage – avec des blocs plus massifs disposés en léger V, suggérant davantage de directivité. Une architecture qui tranche avec celle de l’Albert, où l’alternance 3 blocs / 2 blocs occupe plus de surface au centre. Ici, le Romy paraît plus aéré

Sur les flancs, en revanche, la filiation est plus évidente. Les crampons latéraux et leurs rainures rappellent clairement ceux de l’Albert, que l’on sait faire le job sur carcasse radiale, où la déformation joue beaucoup. Un mélange intéressant, donc, entre une base connue et une interprétation différente sur la bande de roulement.

Côté déclinaisons, le Romy joue la carte de la polyvalence. En carcasse radiale, il est proposé en Gravity, Trail et Race, couvrant ainsi un spectre assez large d’usages. En diagonale, il se limite à une version Trail, plus accessible. À noter enfin l’absence de gomme Ultra Soft sur ce modèle. Un détail qui en dit long sur son programme : ici, l’objectif ne semble pas être la recherche de grip maximal à tout prix, mais plutôt un compromis orienté rendement et durabilité

Autre élément qui plaide dans ce sens : le positionnement en termes de section. Le Romy est proposé en 2.4 pouces, là où les Albert et Shredda montent à 2.5 et 2.6 pouces. Un choix qui va dans le sens d’un pneu plus compact, potentiellement plus incisif, et peut-être aussi un peu plus précis dans certains terrains. Il est en tout cas annoncé comme le pneu qui comble l’écart entre les pneus les plus « gravity » et les All Mountain de la gamme.

Équivalence entre anciens et nouveaux…

On vient de le saisir : le Tacky Tchan Radial et le Romy font donc leur apparition à la gamme Schwalbe… Mais d’autres pneus disparaissent. Un petit point s’impose donc, et là, on peut jouer à la conversion entre ancienne et nouvelle gamme.

  • Le Nobby Nic n’est plus, partiellement remplacé par le Romy
  • Le Hans Dampf n’est plus, pleinement remplacé par le Romy
  • Le Tacky Tchan reste au catalogue, décliné en radiale également
  • Le Big Betty s’arrête, Albert ou Tacky Tchan pour remplacer
  • Magic Mary et Albert continuent leurs vies de best sellers
  • Eddy Current avant s’arrête, Albert ou Magic Mary pour remplacer
  • Eddy Current arrière continue, décliné en radial également
  • Les Shredda continuent

C’est là qu’on continue à dessiner les contours de ce à quoi se destine le Romy : remplaçant des Hans Dampf et Nobby Nic, des pneus plutôt ronds et que l’on montait plus volontiers à l’arrière pour nos pratiques orientées Gravity. Voilà, vous savez tout, ou presque, de ce que l’on peut dire de ces annonces Schwalbe, gammes officilisées au printemps 2026, sur FullAttack.

Rédac'Chef Adjoint
  1. Pas si facile à suivre l’affaire… Quelle est la différence entre un Gravity Line carcasse diagonale et un Gravity Pro Line carcasse diagonale mise à part la possibilité d’avoir une gomme Ultra Soft ?
    Et qu’en est-il du poids d’un Trail Pro Line Radial Ultra Soft (Magic Mary par exemple) annoncé à 1155g, alors que sa version précédente était, de mémoire, annoncée autour des 1250g ? La carcasse porte le même nom qu’auparavant, mais a-t-elle vraiment évolué ? Ou le marketing joue bien son rôle mensonger pour positionner autrement les pneus Schwalbe ?

    1. Bonjour Michel,

      Je comprends la confusion que différents paramètres combinés peut créer, mais rester méthodique permet d’y voir plus clair.

      1/ D’abord la carcasse : que l’on choisi en fonction de la pratique et du budget. Entre Gravity Line et Gravity Pro Line, les renforts utilisés > Apex au talon et Snakeskin dans les flancs. A-t-on déjà fait usage de la Gravity Line ou équivalent sans besoin de renfort ? la réponse et le pouvoir d’achat orientent le choix.

      2/ Ensuite viennent profils et gommes.

      Nous n’avons pas reçu d’éléments indiquants une quelconque évolution de la carcasse entre SuperTrail et Trail Pro Line, et les détails de conception que l’on est en mesure de rassembler laissent à croire qu’il s’agit de la même carcasse : 3 plis de part en part, renfort Snakeskin et Apex. Peut-être y’a-t-il une erreur de poids dans les raisonnements. De mon côté, je trouve 1155g annoncés pour un MM SuperTrail Ultra Soft en 2.4, ce qui est identique (à la marge de tolérance près) que les 1150g annoncés pour un Trail Pro Line Ultra Soft équivalent.

  2. Salut!
    Malgré les explications claires a chaque présentation de nouveautés, j’ai du mal a savoir ce qui me conviendrait au final…
    Je roule actuellement un rallon r6 roues alu ex1501, avec un dd maxxterra dissector derrière, un assegai exo+ maxxterra devant. Le combo me convient pour ma pratique: randuro, sortie de 2h, comme des journées entière en montagne, tout a la pédale dans les différents spots pyrénéens de part et d’autre de la frontière.
    J’aimerais changer de monte, de marque, pour plus de grip a l’avant (j’aurais peut être du essayer le maxxgrip), et avoir un pneu plus durable que le dissector a l’arrière (sa robustesse me va, mais il s’abime trop vite) et qui « glisse » moins (je trouve qu’il se met vite en dérapage même si j’ai appris a faire avec…)
    Je lorgne du coté de continental, schwalbe ou michelin… autres??
    Que peux tu me conseiller ?
    Merci

    1. Salut Martin,

      Si tu envisage de changer de marque, ça peut être l’occasion de réfléchir d’abord à ce niveau. Voici les caractéristiques majeures de chacunes actuellement :

      – Continental > Une gomme super tendre inusable sur des profils « passe-partout » et des carcasses au rendez-vous.
      – Michelin > Profils simples à choisir, carcasses qui se tiennent, choix entre 2 gommes
      – Schwalbe > Carcasse radiale qui apporte un tout autre ratio confort/adhérence

      C’est trois directions bien différentes, mais peut-être ressens-tu ici une approche plutôt qu’une autre, qui te parle ?

      Dis-moi celle qui t’inspire, ou dans quel ordre de préférence les classerais-tu. Je te dirais comment naviguer ensuite pour trouver la paire qui fasse concurrence à la tienne 😉

      1. C’est peut etre le ratio confort/adherence des schwalbe qui m’attire le plus.
        Ensuite l’aspect passe partout et durable des Conti.
        Enfin Michelin, mais le wild rear me laisse perplexe..?
        Mais le point important c’est de conserver le bon rendement et la robustesse de mon montage actuel…
        Merci 🙏

        1. Merci pour ces précisions. En partant sur des carcasses radiales Schwalbe, il faut viser les Gravity Pro pour avoir l’équivalent des DoubleDown en matière de robustesse.
          À l’avant, tu as le choix entre Magic Mary très polyvalent/passe partout, à mon sens idéal pour les Pyrénées/la montagne ou ça peut passer du tout au tout en matière de conditions/terrain. Ou Albert plus proche de l’Assegai que tu as, mais moins à l’aise sur l’angle, ça dépend si tu veux te sentir très en sécurité sur ce point. À l’arrière, dans tous les cas, le Albert, polyvalent, aussi roulant que le Dissctor mais un peu plus de grip général.
          Gomme Ultra Soft devant (violette) et gomme Soft (orange) à l’arrière – surtout pas la violette derrière qui s’use beaucoup trop vite, plus encore que ton dissector !

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