CDM DH // Loudenvielle 2026 – Le matos du futur aperçu dans les paddocks !

Freins Hope 6 pistons, airbags Alpinestars, prototypes Frameworks 32 pouces, approche “sport prototype” chez Antidote Solution, retour de Nukeproof ou coloris spéciaux… À Loudenvielle, les paddocks de Coupe du Monde DH continue de jouer leur rôle de laboratoire à ciel ouvert. Entre solutions déjà très abouties et pistes encore expérimentales, plusieurs détails techniques aperçus ce week-end racontent les directions que prennent actuellement les marques et les teams pour repousser encore les limites de la discipline, sans pour autant oublier, parfois, ses origines ou de se faire plaisir aussi… 

Hope (re)passe aux 6 pistons en DH ?

Dans les paddocks de Loudenvielle, un détail aperçu sur le Zerode G3 de Tuhoto-Ariki Pene a particulièrement retenu l’attention : Hope roule actuellement avec un nouvel étrier de frein prototype à… six pistons ! Une configuration inédite dans la gamme moderne de la marque britannique, jusqu’ici cantonnée à des modèles 2 et 4 pistons.

Dans le détail, cet étrier “V6 Ti” qui rappelle ce que la marque a pu faire avec piston titane par le passé, utilise deux paires de plaquettes montées côte à côte, dans une architecture qui rappelle aussi certains freins Magura. Plus qu’une simple recherche de puissance brute – déjà largement suffisante sur les freins DH actuels – cette voie pourrait surtout répondre à une autre problématique devenue centrale en Coupe du Monde moderne : la gestion thermique et la constance du freinage sur des pistes toujours plus rapides et défoncées. On sait que ça avait été un sujet l’an passé, ici-même…

Avec ses longues portions à haute vitesse suivies de freinages violents dans la pente et la poussière, Loudenvielle constitue justement un excellent laboratoire à ciel ouvert pour ce type de développement. Cette année en tout cas, MS Racing et ces freins 6 pistons ne font plus partie des équipes qui semblent en délicatesse avec leurs freins…

L’airbag Alpinestars fait du bruit…

Loic Bruni a chuté aux essais à Loudenvielle. À bien des égards, cette chute a fait du bruit… Mais le bruit qui nous intéresse ici est bien particulier. Ceux présents en bord de piste ont d’abord cru à celui de l’impact, certes violent… Mais en réalité, il s’agissait plutôt de celui de l’airbag Alpinestars dont Loïc est équipé, et qui s’est déployé ! Oui, Loïc Bruni et quelques autres pilotes de la marque font usage d’un produit similaire à celui que l’enseigne à l’étoile a lancé il y a quelque temps déjà pour la moto. On entend dire qu’en réalité, ce produit était attendu plus tôt sur le marché, mais que le succès a été tel sur le segment motorisé que la version VTT doit patienter. Elle ne devrait plus tarder.

S’il est décliné dans différents produits à la gamme moto, l’airbag Alpinestars VTT reprend ici la forme d’un plastron avant/arrière dont les épaules se déploient au moment de l’impact. Les leds du module de commande sont parfois visibles sous les vêtements les plus ajourés, tandis qu’il se murmure que le gros du travail de développement porte sur l’algorithme de détection des chutes, différent de celui utilisé en moto – vitesses, accélération et masses étant différentes… Un développement qui intéresse du monde dans les paddocks, au-delà même du cercle des pilotes de la marque. Au final, planqué sous un maillot partenaire, cette protection d’apporter quelque chose de plus, technologiquement parlant. C’est en tout cas le message que font passer ceux qui le portent, et ont déjà le sentiment qu’il a pu leur sauver la saison, à un moment donné…

Un nouvel intégral en vue chez Ekoï ?!

Souvenez-vous : à sa sortie, l’intégral “light” d’Enduro signé Ekoï avait interpellé pour deux raisons : son tarif attractif et sa capacité à cocher pas mal des cases de style du moment. Quelques années plus tard, la marque française poursuit ses efforts et c’est désormais un intégral de Descente qui semble être dans les tuyaux. On l’aperçoit notamment sur la tête de Leo Godin à Loudenvielle. Une coque full carbone qui semble une fois de plus reprendre les codes qui vont bien. Des propos de ceux qui sont concernés par ce casque, il serait question d’un poids contenu et d’un niveau de sécurité ambitieux, dans la lignée de ce qu’une certaine concurrence tente d’imposer actuellement. Chez Ekoï, on fait savoir que le casque est encore en développement et que l’objectif est fixé à une commercialisation à l’automne ou en fin d’année.

Nukeproof relance le développement du Dissent ?

Après plusieurs années compliquées, Nukeproof réapparaît progressivement dans les paddocks de Coupe du Monde. Et à Loudenvielle, le retour de la marque ne passe pas inaperçu : via le team Axess Racing de Joe Breeden, un tout nouveau prototype du Dissent fait son apparition. Signe important : le développement produit semble bel et bien relancé. Ce nouveau Dissent adopte une architecture mid-pivot avec poulie de renvoi, mais le plus intéressant concerne surtout le comportement recherché. Avec un pivot principal très haut et un anti-rise proche des 100 %, le vélo a davantage tendance à s’affaisser au freinage pour stabiliser son assiette dans le défoncé. Un caractère que Joe Breeden semble particulièrement apprécier.

Autre détail révélateur : la gestion très poussée des interactions entre transmission et suspension. Sur le prototype de course utilisé ce week-end : poulie réglable, OChain fortement découplé et moyeu e*thirteen Sidekick sont réunis pour limiter au maximum le kickback et les perturbations liées à la chaîne. Le tout dans une recherche de comportement plus libre… et plus silencieux. Enfin, plusieurs détails montrent que le prototype reste en pleine évolution, notamment autour de la rigidité du train arrière. Une chose paraît déjà claire : chez Nukeproof, le retour en Coupe du Monde ne semble plus seulement symbolique.

Frameworks explore déjà le 32 pouces en DH ?

C’est probablement LE sujet technique qui fait le plus parler dans certains coins du paddock actuellement : le 32 pouces. Longtemps imaginé pour le Cross-country uniquement, le format commence désormais à intriguer du côté gravity. Et forcément, quand il s’agit d’explorer une nouvelle voie en matière de comportement châssis, difficile de trouver profil plus crédible que Neko Mulally. L’ancien pilote de Coupe du Monde, désormais à la tête de Frameworks, profite justement de sa réputation de fin metteur au point pour commencer à explorer le sujet. Il a donc récemment roulé un prototype utilisant une roue avant de… 32 pouces, au sujet duquel on a voulu le faire parler.

Pour y parvenir, Frameworks produit un triangle avant spécifique et adapte une Fox 40 via des jambages rallongés assemblés grâce au savoir-faire Loctite utilisé par la marque. Mais derrière l’effet “OVNI”, le véritable enjeu reste surtout de parvenir à conserver un comportement cohérent malgré les dimensions gigantesques de la roue avant. Car tout change : hauteur du poste de pilotage, déport de fourche, chasse, ergonomie… Frameworks travaille notamment avec des potences plongeantes très basses et plusieurs offset de té différents afin de retrouver une maniabilité proche d’un vélo classique. Sans ça, le vélo devient rapidement “camionnesque”.

Et justement, les premiers retours semblent intéressants. D’après les essais réalisés, le gain le plus marquant concerne la capacité de franchissement : dans les portions défoncées et les freinages successifs, la roue de 32 pouces gomme énormément le terrain et procure une sensation de stabilité impressionnante à l’avant. En revanche, certaines sensations restent encore inhabituelles, notamment en l’air ou dans certains appuis rapides, probablement à cause de l’effet gyroscopique plus important de cette immense roue avant. Reste aussi une limite majeure : l’absence actuelle de pneus réellement conçus pour la DH. Pour l’heure, Neko a pu rouler avec des pneus de Cross Country qui n’auraient pas été satisfaisants en 29 pouces sur un vélo de Descente. Là, il se contente simplement, mais avec l’espoir que ça peut nourrir, de constater que ces pneus, en 32 pouces et en usage DH, n’ont rien fait de mal ou de compromettant… Vivement une paire de Maxxis 32 pouces carcasses DH pour connaître la suite de l’histoire, notamment confirmer si une fois de plus, monter d’un cran dans le diamètre peut encore sécuriser le grip, à la prise d’angle…

Le projet Antidote AS05 et son concept « sport prototype » un cran plus loin ?!

Dans les paddocks de Loudenvielle, certains vélos attirent l’attention par un composant particulier. Le nouvel Antidote AS05, lui, intrigue surtout par l’approche globale qu’il semble incarner. Car derrière ce projet développé dans les Pyrénées par Antidote Solutions, il ne s’agit visiblement pas seulement de produire un nouveau vélo de DH. L’idée ressemble davantage à une véritable démarche de “sport prototype”, où le vélo devient un élément parmi tout un écosystème dédié à la performance.

Dans le détail, l’AS05 multiplie les solutions techniques originales. Triangle avant hybride carbone/aluminium collé, triangle arrière aluminium, rigidité réglable via différents bridges démontables, compatibilité 27,5 ou 29 pouces à l’arrière sans modifier la géométrie, ajustements de différents paramètres de cinématique et de suspension de manières indépendantes… Tout semble pensé pour permettre des ajustements extrêmement rapides et indépendants les uns des autres. Exemple des capacités de ce vélo : en modifier la géométrie pour influer son comportement, sans modifier la position du pilote… Antidote annonce d’ailleurs plus de 1000 combinaisons de réglages possibles, avec un objectif clair : qu’aucune opération mécanique ou modification de setup ne dépasse cinq minutes dans les paddocks.

Mais ce qui interpelle probablement le plus, c’est tout ce qui accompagne le vélo lui-même. Car le projet AS05 s’appuie également sur ses propres outils d’acquisition de données, développés en interne, ainsi qu’une véritable “control room” dédiée à l’analyse des performances. Clairement, le projet semble chercher à rapprocher encore davantage la DH moderne des logiques issues du sport automobile ou du Moto GP. Un membre du staff en bas de piste pour collecter les datas et les envoyer à la control room, des outils d’analyse qui recoupent avec les impressions pilote… Et le temps qu’il soit remonté en haut, le mécanicien qui l’attend est en mesure d’appliquer les modifications de setup pour le run suivant. Quand on sait qu’à peine 5h d’entraînement sont allouées aux meilleurs mondiaux avant d’aborder la Q1, le process a du sens. Tout comme le fait que la control room n’ait pas absolument besoin d’être présente dans le paddock, mais puisse tout aussi bien être tenue à distance – comme en F1, où le muret des stands est en relation constante avec l’usine à des milliers de kilomètres de là…

Quoi qu’il en soit, certains développements encore en cours donnent une idée de l’ambition du projet. Antidote travaille notamment sur une boîte de vitesses automatique destinée à optimiser les phases de pédalage et les départs sous charge, tout en augmentant la garde au sol. Mais c’est surtout l’avenir d’un tel projet qui retient l’attention. À Loudenvielle, Antidote Solution est présent pour montrer son savoir-faire – un « one shot » – et apporter une démonstration de faisabilité. Reste maintenant à attirer l’attention de ceux qu’un tel dispositif de développement, d’exploitation et de développement de la performance peut intéresser pour se faire une place plus durable dans les paddocks d’une Coupe du Monde qui se veut monter en gamme d’année en année vers un sport toujours plus élitiste.

Un V10 Peaty réplica…

Ce vélo ne verra peut-être jamais la ligne de départ d’une manche de Coupe du Monde, mais qu’importe… Souvenez-vous : en 2006, il y a vingt ans tout juste, Steve Peat rejoignait le Santa Cruz Syndicate. La même année, il remportait le général de la Coupe du Monde avant de finalement décrocher le titre mondial après lequel il courait depuis si longtemps.

Santa Cruz et plusieurs partenaires profitent aujourd’hui de cet anniversaire symbolique pour célébrer ces vingt années de collaboration avec la légende britannique toujours impliquée dans la vie de l’équipe.

Coloris personnalisés pour le Specialized Demo 11

Il est sorti officiellement il y a peu : le Specialized Demo 11 s’offre désormais des coloris personnalisés pour chacun des pilotes du team Specialized Gravity. Une manière habile de prolonger la hype autour de ce vélo aperçu jusqu’ici dans des coloris sombres voire bruts depuis ses premières apparitions dans les paddocks. Cette fois, Loïc Bruni, Finn Iles, Jordan Williams et Rosa Marie Jensendisposent chacun d’une décoration propre, inspirée de leurs univers respectifs. On vous laisse le privilège de ressentir par vous-même ce à quoi tout cela peut faire référence…