Komoot & la planification d’itinéraire, bon outil pour baroudeurs ?!

Au printemps dernier, le petit monde des réseaux sociaux sportifs défrayait la chronique : Strava, l’offre dédiée aux athlètes et compétiteurs, revoyait ses orientations. Dans le lot, une fonctionnalité de planification d’itinéraire était avancée, en bonne place, pour justifier et diversifier la prestation…

Mais dans ce cas, remettons un peu d’ordre, et apportons un éclairage sur un autre réseau social et service de planification qui fait de l’itinéraire, sa pierre angulaire, et ce, depuis ses débuts : Komoot. Ici pas de défis, de médailles, de couronnes ou de lauriers, mais quelques fonctionnalités qui peuvent intéresser les Enduristes que nous sommes… 

 


Temps de lecture estimé : 9 minutes – Illustrations : Endurotribe & Komoot


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Komoot, c’est un service de planification d’itinéraire, dans l’esprit de ce que l’on peut trouver pour les itinéraires routiers, mais en mieux, pour nous cyclistes et plus encore, VTTistes/Enduristes. La base de données et les fonds de carte de ce service reposent sur plusieurs sources. Outre les cartes propres à Komoot : Open Street Map, Open Cycle Map et Google. De quoi, notamment, référencer les chemins et sentiers qui nous sont chers !

Sur cette base, Komoot propose quatre activités susceptibles de favoriser son usage. La planification d’itinéraire en amont, mais aussi la navigation visuelle et/ou vocale en temps réel, la possibilité de raconter son périple par la suite, et l’opportunité de trouver l’inspiration pour les prochaines fois. Bref, un réseau social porté sur l’aventure, la découverte, le voyage et l’exploration…

Sur le principe, ce service est gratuit. Le financement se fait via l’option premium qui offre certaines fonctionnalités supplémentaires : prévisions météo, assurance dépannage/rapatriement, planification multi-jours, accès à toutes les zones du globe, fond de carte spécifique par sport. Et pour être tout à fait transparent : cette startup compte à ce jour 65 collaborateurs, dont une toute petite partie à Berlin, les autres en remote à travers le monde.

 

 

Sur le principe…

Komoot permet avant tout de planifier son itinéraire. C’est d’ailleurs là que les fonctionnalités les plus intéressantes se trouvent. Avec les différents fonds de carte disponibles, la plupart des chemins et sentier de randonnée sont disponibles et référencés : leurs revêtements, leur largeur, leur pente…

 

Côté réseau social, une fois le tour planifié, Komoot permet de l’envoyer à ses amis, et d’en discuter. De quoi s’inviter, parler de l’itinéraire, peaufiner la trace, avant le jour J. Sur le terrain, Komoot dispose d’une app sur iPhone et Android. Elle permet donc de s’orienter et se situer. Il est d’ailleurs possible de télécharger le Tour et le fond de carte en local, pour prévenir des situations hors réseau.

Et pour les plus équipés d’entre-nous, Komoot est compatible avec plusieurs marques de GPS et montres connectées, dont Garmin, Lezyne, Wahoo, Sigma, Bryton… Dans ce cas, le GPS en question indique en temps réel, la direction à suivre, la prochaine intersection, où et quand tourner. Si avec ça, certains trouvent encore le moyen de se perdre… Ça leur fera des histoires à raconter, puisqu’une fois le tour effectué, Komoot permet de poster des photos, un récit, voir même de faire des collections de récits pour les utilisateurs premium, à partager avec tout le monde ou à garder pour soi.

 

 

Trucs & astuces

Même si ça parait simple, et que globalement, ça l’est, quelques petites astuces existent pour faciliter l’usage de Komoot, dont la tâche de planification d’itinéraire…

 

[toggler title= »Trouver son rythme » ]

D’abord, trouver à quelle condition physique correspond notre niveau de pratique. Les intitulés – débutant, intermédiaire, sportif, confirmé, pro – sont assez explicites, mais rien ne vaut 2 à 3 sorties d’essai pour confronter la réalité du terrain aux pronostics de Komoot, et se situer de manière fiable. Un préalable utile pour apprendre à se connaitre, avant de se lancer à l’aventure et faire totale confiance à l’outil.

 

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[toggler title= »Raccourcis clavier utiles » ]

À l’origine, Komoot est un service qui s’adresse à un très large public, notamment débutant qui ne sait pour ainsi dire que d’où il part, où il veut arriver, et le niveau de difficulté qu’il veut rencontrer. C’est pour ça qu’automatiquement, Komoot incite à renseigner un point d’arrivée juste après avoir renseigné le point de départ…

Or il arrive que l’on veuille plutôt planifier son tour en indiquant son point de départ, puis différents points de passage successifs, avant de boucler la boucle. Dans ce cas, il suffit de savoir que Komoot le permet, en maintenant la touche Alt au moment de cliquer pour positionner un point de passage, puis un autre, puis un autre…

Raccourci aussi utile à connaitre, la touche du clavier, qui permet de masquer temporairement la trace que l’on est en train de concocter. Ça permet de mieux voir la nature du chemin ou la photo satellite à l’endroit où l’on envisage de passer !

 

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[toggler title= »Fonds de carte » ]

Pour tirer pleinement parti de Komoot, il ne faut pas hésiter à faire usage de différents fonds de carte. Notamment parce que certaines informations sont disséminées sur différentes cartes. Dans la version gratuite, la carte Komoot référence la plupart des chemins, mais parfois, certains sont seulement référencés sur Open Street Map, ou inversement. Dans tous les cas, la vue satellite Google permet momentanément de voir si l’on sera en sous-bois, à découvert…

Tandis que la carte Komoot à nouveau, référence les points d’intérêts et les segments ! Ici, pas de chrono, mais des portions de chemin, remarquables, référencés par les utilisateurs comme des endroits sympa à rouler. Et sur les fonds de carte premium spécifiques à chaque sport, la cotation des sentier permet de se faire une idée de la difficulté technique et d’une certaine manière, du potentiel des lieux…

 

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[toggler title= »Revenir en arrière et peaufiner » ]

Dans tous les cas, le premier jet n’est pas toujours le bon. Trop long, trop de route, une autre idée qui vient en tête en regardant à nouveau la carte… plusieurs dispositifs existent pour modifier son itinéraire Komoot. Tout d’abord, ne pas avoir peur de se servir des touches précédentes et suivantes de son navigateur. Komoot créé une URL par point ajouté. On ne perdra donc rien, ou presque à en jouer. Ensuite, il suffit de survoler l’itinéraire avec la souris, cliquer quand le point bleu apparait, et glisser déposer pour créer un nouveau point de passage ou un détour… Komoot calcule le reste. Bref, il y a de quoi jouer ! 

 

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[toggler title= »Les passages non-référencés » ]

Il arrive néanmoins que certaines des traces les plus à propos pour notre pratique Enduro ne soient pas sur la carte. Vous savez, ces traces de chèvres ou de sangliers, les secrets spots, les spéciales secrètes shapées au fond des bois… Mais c’est pas parce qu’elle ne sont pas référencées, qu’on ne peut pas planifier sur Komoot. Il suffit, momentanément, de désactiver suivre les voies pour être libre de tracer hors réseau.

Ces passages s’affichent alors en pointillés, et le profil de la sortie les indique en rose. C’est d’ailleurs ce qui risque de se passer si on souhaite importer une trace GPX plutôt que de tout (re)tracer. Komoot le permet. Et il arrive qu’au moment de l’import, Komoot détecte des passages hors réseau.

Quid alors de la confidentialité, si l’on souhaite garder le secret ? Le fond de carte Komoot est participatif. On peut volontairement indiquer aux développeurs une erreur ou un manque (un chemin non référencé mais qui existe, ou l’inverse), tout comme on peut ne pas le faire, et tirer droit hors réseau sur la carte pour garder une portion secrète.

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L’intérêt en Enduro ?

Quoi qu’il en soit, le service a beau être simple et astucieux sur le papier, encore faut-il qu’il soit adapté aux spécificités de notre pratique Enduro… À savoir, faire du dénivelé certes, mais à condition que les chemins y soient beaux, et techniques comme on les aime ! Pour me faire une idée, j’ai donc mis Komoot à profit durant l’été, à différentes occasions, et en montagne. Pourquoi ? Parce qu’ici plus qu’ailleurs, une sortie doit être bien préparée pour éviter les mauvaises surprises.

Tout d’abord, pour explorer le massif des Monges, peu connu mais ô combien magnifique entre Digne les Bains, Sisteron et Seynes les Alpes. Puis, à l’occasion du Grand Rallye Transverdon, notre évènement itinérant sur 5 jours, ici aussi faisant la part belle à la montagne. Dans tous les cas, je retiens deux fonctionnalités essentielles qui justifient l’usage de Komoot : l’estimation du temps, et l’analyse des portions de liaison.

Que l’on connaisse le terrain ou pas : tracer un tour que l’on a jamais fait, et obtenir une estimation du temps que ça va prendre a du bon. Surtout que si l’on se connait, les informations de distance et de déniveler permettent de recouper et confirmer. Pour les utilisateurs premium, les prévisions météos et éphémérides permettent alors, aussi, de vérifier si ça passe ou pas vis-à-vis de la pluie, de l’orage, de la nuit, du vent, du froid..!

Ensuite, je dois saluer l’utilité des indications en matière de risque de portage/poussage. Quand Komoot dit qu’il va falloir mettre pied à terre, il se trompe rarement. Il faut simplement être un peu plus prudent que lui : ne pas réduire aux portions rouges foncées sur la carte. Dès que ça tire vers le orange sanguin, il y a un risque, et ça, le profil de la sortie le montre clairement. Utile pour choisir ses chaussures, gérer son effort et savoir à quoi s’en tenir.

 

 

La suite…

Oui mais alors, qu’en est-il de la qualité des spéciales sur lesquels Komoot m’a permis de rouler ? Et bien c’est là que paradoxalement, l’incertitude ou la magie, c’est selon, continue d’opérer. Par endroit, j’ai découvert quelques belles pépites référencées sur la carte Komoot. À d’autres, j’aurai pu tomber des nues.

En matière de segments, notamment qui correspondent à des spéciales d’Enduro, la carte Komoot est inégalement pourvue. Certains endroits très réputés et fréquentés ne sont pas référencés, tandis que des segments existent parfois dans des endroits perdus. Les seules informations fournies par Komoot sont insuffisantes pour être certain de se régaler.

« Komoot, à lui seul, ne suffit pas, mais c’est un bon outil de plus, auquel donner sa chance… »

On touche là, à la fois, à tout le potentiel et à toutes les limites du concept de réseau social participatif. La richesse de ce qui s’y trouve repose sur l’engagement de ses utilisateurs. Ici comme ailleurs, les algorithmes font une part du job, puisqu’ils font usage du principe de heatmap : ils scrutent les endroits les plus fréquentés et appréciés des utilisateurs, pour faire des suggestions aux autres, en vue des prochains week-end.

Pour l’heure, ça veut simplement dire ce que ça veut dire : comme souvent, un outil seul ne fait pas le chantier. C’est la manière de se servir du bon et d’alterner, qui fait avancer. Ici, la clé d’une bonne sortie, ça reste l’enquête, et le recoupement des infos. Pour l’heure, Komoot ne dispense donc pas de s’évader en dépliant une TOP 25, en fouinant sur les forums, les réseaux sociaux, le bouche à oreille, les banques de traces GPX, Trailfork, Strava & Co… Il est simplement un bon outil de plus, auquel donner sa chance en l’insérant dans la boucle de ses habitudes !  

Rédac'Chef Adjoint
  1. Bon résumé de komoot ! Je le trouve pratique pour tracer des traces gpx facilement, rajouter des points de passage, ajuster finement la trace est facile sur un smartphone. Et en vacances, un smartphone et un gps suffisent pour tracer des itineraires au fin fond de la campagne et les suivre (bon faut du reseau). Les estimations de temps sont bonnes et en effet quand il dit qu’une cote va etre dure il se trompe pas (pour les descentes il est plus prudent qu’un enduriste lambda j’ai l’impression)
    J’aime bien aussi l’analyse par revetement qui permet de voir rapidement les endroits de bitumes et d’adapter pour les eviter. Reste qu’en effet c’est en route/gravel, où les itineraires sont plus long/moins directement connus que je le trouve le plus efficace et pertinent dans ses choix d’itinéraires car tu vas rarement faire du gros mode sanglier dans les sous bois. Mais j’ai aussi envie de dire que ca fait partie du charme, en enduro tu regardes l’ign, avec un peu d’habitude tu arrives assez vite a voir les chemins qui seront sympas, tu regardes les itineraires existants etc et tu mixe tout ca sur komootpour faire ta trace. Pour l’avoir utiliser tout l’été dans le massif central et les alpes, je me suis jamais retrouvé plant? (ce qui en montagne est un gros plus), et j’arrivais a correctement à mixer montées efficaces et descentes sympas. Et si tu restes plusieurs jours tu t’adaptes au fur et a mesure. Bref c’est un bon outil d’exploration pour des itineraires decouvertes !

    1. Salut Basile,

      super ! merci pour ce témoignage qui conforte dans l’impression au sujet de Komoot. Bien vu pour l’usage de l’app. C’est vrai que perso, j’ai plutôt tendance à faire usage de l’ordinateur, et du grand écran, pour voir plus large, au moment de préparer les itinéraires 😉 D’ailleurs c’est aussi pour ça que pour rien au monde non plus, je n’abandonnerait le « charme » de déplier la carte IGN comme tu dis. Là on voit large, on peut s’y plonger 😉

  2. Il y a aussi visugpx.com sur lequel on peut avoir les cartes IGN pour 10 euro.
    Pour le VTT ou le trail, c’est mon préféré depuis environ 10ans…

    1. Effectivement, mais l’outil de planification accessible gratuitement sur visugpx est plus rudimentaire d’accès 😉

  3. Openrunner est mieux je trouve, quoiqu’un peu technique. Il y a aussi Outdooractive qui
    est simple et intuitif.

    1. Oui, Open Runner est intéressant. Chez nous, en interne, les traceurs de nos évènements l’utilisent. Ça permet notamment d’ajouter des infos, positionner des ravitos, marshalls, points de secours… Il faut maitriser un peu l’outil pour en tirer pleinement parti, l’usage n’est pas tout à fait le même. Merci pour Outdooractive, je ne connaissait pas. C’est effectivement proche, mais il faut vite créer un compte, et les infos sont un peu plus rudimentaires visiblement 😉

  4. Cela fait maintenant +/- un an que je l’utilise. Avant j’avais l’habitude de planifier sur Basecamp, mais c’était un peu fastidieux et il faut dire aussi que ce logiciel Garmin a pris un sacré coup de vieux quand on voit Komoot par exemple ou probablement d’autres dont vous parlez.
    Je le trouve très agréable d’utilisation et on peut aussi se baser sur des parcours d’autres personnes déjà réalisés tout en ayant la possibilité de les modifier.
    Je planifie généralement sur ordinateur, car + agréable de travailler sur un grand écran que sur un petit; il m’est aussi arrivé de le faire directement sur l’Ap iPhone, mais je trouve cela un peu « galère », mais c’est possible quand on a rien d’autre!
    Ce qui est aussi sympa, c’est qu’on peut envoyer par mail le tour qu’on a planifié aux autres participants sans que eux-mêmes ne soient abonnés à Komoot; ils verront le circuit et ses particularités sans aucun souci.
    Ensuite, on peut également se faire des collections et donc facilement avoir un accès à tous ses parcours, même s’ils ne sont pas directement enregistrés sur le GPS. Par contre, quand j’en ai la possibilité je préfère toujours envoyer la trace GPX directement à mon Garmin sans passer par l’Ap Komoot du GPS.

    1. Bonjour Eric, merci pour ce témoignage. Visiblement, on est fait pour s’entendre, on se rejoint sur l’emsemble des précisions apportées 😉

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