Le nouveau Canyon Torque, plus que jamais dans les pas du Spectral !

C’était déjà le cas lors de l’apparition des précédentes génération de Canyon Torque et Spectral, mais ça l’est de manière plus évidente encore à l’aube de la saison 2022 : les deux modèles qui prennent le Strive en sandwich sont plus que jamais proches en matière de conception ! Tailles des roues, lignes du cadre, matériaux, composition de la gamme… Le nouveau Canyon Torque reprend la plupart des points sur lesquels le Spectral s’est récemment repositionné. Voyons ça plus en détail !

Certes, dernièrement, le Canyon Spectral s’est renouvelé sans clamer qu’il s’agissait d’une nouvelle version du best seller de la marque allemande. Et pour cause. En soit, le cadre du Spectral n’évolue guère. Ce sont plusieurs bonnes astuces qui permettent de mettre l’offre au goût du jour. Mais le Canyon Torque, lui, peut se targuer de constituer une nouveauté plus consistante. Le cadre désormais utilisé se voit, à plusieurs égards, profiter d’évolutions inspirées… Du Spectral ! Si bien que dans les lignes, il faut avoir l’oeil fin, connaisseur, pour distinguer les deux. De loin, le Torque ressemble désormais à un gros Spectral, au point de semer le trouble sur ce qu’a réellement utilisé Dimitri Tordo cette saison…

En matière de design donc, le dernier Canyon Torque se distingue de l’ancien par son triangle arrière, dont la matière – désormais en carbone sur les modèles CF – et le montage d’amortisseur évoluent – exit le pied, biellette re-visitée, amortisseur à même les haubans. Dans les chiffres, ces initiatives réservent quelques évolutions en matière de courbe de ratio et d’Anti-Squat. Un ratio légèrement plus élevé en début de course – sensibilité – et une courbe légèrement plus creusée/progressive, sur la fin de course – meilleur résistance au talonnage. Un Anti-Squat plus élevé au SAG – valeur intéressant, proches des 100% plébiscités actuellement, pour mieux pédaler – mais qui diminue davantage ensuite, dans le débattement – pour éviter une suspension inconfortable et qui amortit peu.

Ces initiatives sont communes aux deux versions du nouveau Canyon Torque. Comme avec le Spectral évoqué il y a peu, la marque de Coblence revendique d’avoir travaillé spécifiquement les version carbone et aluminium de ce vélo. En ligne de mire : les même objectifs de rigidité et solidité. Et puisque les deux matériaux n’ont pas les mêmes caractéristiques, ce sont ensuite des lignes et initiatives spécifiques que chacun emprunte. Raison pour laquelle les versions en aluminium font appel à des tubes plus ronds, et plus droits, que les lignes organiques des modèles en carbone.

En plus de la cinématique, ce sont les géométries et montages de roues que le nouveau Canyon Torque partage d’un matériau à l’autre. La première fait évoluer l’angle de direction – désormais à 63,5/64° – le reach – 490 mm en L – la hauteur de boitier – drop de 30 mm en 29 – et l’angle de selle – 78° en moyenne – par rapport au précédent modèle. Des évolutions dans l’air du temps qui, sur ce Torque, visent à lui procurer un brin plus d’efficacité quand les navettes ou remontées sont inaccessibles… Quand aux formats de roues, la gamme Torque 2022 vise bien plus large désormais, que le format 27,5 pouces auquel sa version précédente se cantonnait : full 27.5 pouces – 180 mm av/175 mm arr, full 29 pouces – 170 mm av/arr, et Mullet – 170 mm av/175 mm arr – au programme !

Ici aussi, l’astuce consiste à utiliser un triangle arrière de 27,5 pouces sur un triangle avant de 29 pour composer la version Mullet. Aucune chance donc de convertir l’un en l’autre puisqu’ici aussi, les triangles n’ont pas vocation à être vendus au détail. Qu’importe, en attendant, cet élargissement des gammes Spectral – 150/160 mm – et Torque -170/180 mm – à la gamme Canyon soulèvent une autre question : quelle place reste-il au Strive, encore champion du monde d’Enduro aux mains de Jack Moir ?! D’autant qu’à en croire les images transmises par Canyon, le champion EWS 2021 a bien mis la main sur un exemplaire du Torque… Affaire à suivre donc, puisque désormais, l’espace laissé au Strive est plus étroit que jamais. Entre fin compromis et radicalité, ce que la géo, la cinématique et la présence ou non du ShapeShifter peuvent permettre… Wait and see !

Canyon Troque 2022 > 2699 à 5799€ / Full 27.5, Full 29 ou Mullet / Aluminium ou carbone / 4 tailles / Dispo à partir de décembre 2021.

Rédac'Chef Adjoint
  1. Salut FullAttack,
    J’vous contacte car je suis face à un questionnement existentiel ? J’ai lu avec assiduité durant les derniers mois tous vos didacticiels qui m’ont ouverts les yeux (qui étaient jusqu’alors bien clos ?) sur un nombre incroyables de connaissances et de compréhensions du comportement de nos montures et ce qui les influence ?
    Pour en venir à ma question, ma pratique initiale c’est la DH (sur un bon vieux Demo 8 ?) et je vais passer sur un enduro pour la saison prochaine mais avec toujours la volonté en plus des sorties à la pédale et courses enduro, de continuer à poncer les pistes des stations (7 Laux etc.)
    Je m’oriente vers, probablement, un Canyon Torque (modèle 2022) ou un Commencal Clash (modèle 2022), dans les 2 cas en Alu & 27.5″. Le problème c’est que, comme ces 2 modèles sont récents ou même pas encore vraiment sortis, il est difficile, voir impossible, de trouver des tests expliquant le comportement de chacun. En terme de géométrie j’ai pu voir qu’ils sont très proches (angles, reach, stack…) et qu’en terme de cinématique le Clash a un point de pivot fixe alors que le Canyon un virtuel (merci pour vos explications ?).
    Je vous écris donc pour solliciter vos lumières sur les différences de comportements attendues ou réelles entre ces 2 modèles. J’ai bien conscience que vous aviez écris que l’analyse d’une cinématique et de ses courbes ne fait pas tout le comportement d’un vélo, mais ne trouvant pas de tests complets ni d’avis fournis, je suis obligé de choisir sur une base théorique ?
    Je vous remercie énormément et vous souhaite une excellente journée ???????
    Nico

    1. Sallut Nicolas,

      merci pour tes retours positifs, et pour le partage de ton questionnement intéressant. En lisant ton passé de Descendeur, et avant d’aller plus loin dans ton commentaire, je me suis dit que c’est le segment des « gros Enduro » qui se développent en ce moment qui t’intérèsserait : 170mm de débattement, géométrie généreuse et suspensions peorfmantes, mais capables de bien pédaler. Ces derniers temps, j’ai roulé le Transition Spire, le Scor LT, le Jekyll notamment. Les deux premiers cités pédalent sacrément bien quand on voit leur capacités en descente. On peut ajouter le Specialized Enduro dans la liste, et chez Commençal, le Meta AM qui, dans les faits, même si ça ne se voit pas forcément, a des traits communs avec le Supreme DH. Je sais que c’est plus large que les deux modèles que tu suggère, mais c’est pour définir un peu ce qu’on entend par « gros Enduro » du moment, et tracer une frontière. Je n’inclu par exemple pas le Norco Shore (aussi passé à l’essai) et le Commençal Clash, qui sont clairement plus dédiés aux parks et collés à la pédale. Un peu comme le Jekyll qui demande à pédaler rond et tranquille, très tranquille. Je n’ai pas roulé le Torque, mais effectivement, j’aurai plutôt tendance à le mettre aux cotés des gros enduro qui pédalent bien. Pour avoir roulé les autres modèles de la gamme, qui l’entourent, et sa version précédente, je conçois mal qu’il en soit autrement.
      À propos des points de pivot, le fixe a l’intérêt d’être toujours logé sous le pilote, et d’offrir un comportement qui est plus facile à prévoir, et à « lire ». Globalement, ça donne des vélos plutôt facile à lever verticalement, faciles à tirer pour sauter, bunny-upper. Les points de pivot virtuels ont la caractéristique de se déplacer. Ça peut faciliter comme compliquer la donne. la compliquer parce que le comportement du vélo peut être moins constant, dépendre de la position dans le débattement où l’on se trouve à un instant T. parfois certains vélos demandent alors à être réglés pour rester « haut dans le débattement », d’autres demandent justement à se situer « plus loin »… Ça peut au contraire, parfois, faciliter la donne quand le point de pivot aide le geste. Exemple sur les Canyon et les Lapierre notamment, le point de pivot se rapproche beaucoup du boitier quand on tasse la suspension. Ça aide à tirer les bunny-up…

      > est-ce que ces précisions te permettent de progresser dans ta réflexion ?

      1. Salut Antoine,

        Whaooo c’est super, merci beaucoup pour ta réponse super complète comme d’hab’ 😀
        J’ai regardé les modèles « gros enduro » dont tu parlais, un peu plus en détail. Mais directement j’ai vu qu’ils sont tous en 29″. Hors, peut-être que je me trompe, mais je ne suis vraiment pas dans cette vague de la recherche aux roues toujours plus grandes. Je cherche un vélo joueur, pour se faire plaisir et surtout pas pour faire du chrono. Pour dire, je roule encore un Demo8 en 26″ 😛
        Il est bien vrai que le Clash semble être un bon freeride plus qu’un « gros enduro » mais comme sa géométrie (assurément pas sa cinématique par contre) était bien proche du Torque je me suis dit qu’il monterai sans doute aussi… du coup peut-être pas d’après ce que tu dis.
        Concernant toujours ces fameuses tailles de roues, les fameux mullets te semblent être une bonne option de « gros enduro » aussi, ou bien un gadget ? Je pense notamment au nouveau Meta SX.
        Concernant le point de pivot virtuel ça m’a l’air toujours bien complexe effectivement. Difficile d’imaginer le comportement du vélo à l’avance donc difficile de se faire une idée. Merci pour la clarification du point de pivot fixe, j’avais, à tord, le sentiment que c’était plutôt un « inconvénient ».

        En tout cas, merci énormément une fois de plus pour ton temps et la pertinence de tes réponses 😉
        Nico

        1. Avec plaisir Nico, ça fait parti du job 😉 Intéressant que tu parles du Mullet, parce que c’est tout de suite ce qui m’est venu à l’esprit quand tu as parlé de la taille des roues/des vélos en 29. parmi les vélos évoqués, certains sont compatibles mullet, et ça a du sens pour eux. Sur un Spire par exemple, ça renforce le côté joeur et compact de l’arrière vélo, un must ! Bref, peut-être qu’en recoupant la liste des vélos évoqués avec celle des compatibles mullet, tu n’est pas loin du compte ! Je n’ai pas eu l’occasion de le rouler, mais connaissant les TR et AM (conçus sur la même base) je vois mal comment le SX s’en éloignerait. Il y a effectivement de grande chance pour que ça le fasse 😉 Au plaisir !

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