Essai du Orbea Occam LT, une ref’ dans le rang ?!

Neutralité carbone…

Six ans et demi déjà, que le Orbea Occam arbore ce triangle avant si singulier, traversé par son renfort asymétrique… À sa sortie, je le disais volontiers avant-gardiste — un pionnier dans cette quête sans fin du vélo à tout faire, à l’aise partout, tout le temps. Sauf qu’en six ans, le monde du VTT a sacrément bougé : les marques ont aiguisé leurs armes, les gros Enduro se sont affirmés, les cinématiques se sont perfectionnées, les pratiques gravity se sont affranchies… et une nouvelle génération de pilotes a débarqué, bien décidée à repousser les limites du “trail bike”. Le temps passe, les choses évoluent — et l’Occam ? Lui aussi a suivi le mouvement, revu et corrigé en 2023. Mais je n’avais pas encore eu l’occasion de le remettre sérieusement à l’épreuve. Alors, que vaut-il aujourd’hui ? Toujours fringant, ou rattrapé par la meute ? Réponse, terrain à l’appui, dans cet essai complet du Orbea Occam LT, sur FullAttack !

Orbea Occam LT

  • All Mountain
  • 29 pouces
  • 150/160 mm, Fox 36 & DHX2 Fact.
  • Full Carbone
  • Reach 480/5 mm (L) & Offset court
  • Oquo Mountain Contrôle MC32LTD
  • Assegai & Minion DHR II 2.5 carcasses DH
  • Shimano XT 4 pistons, 203/180mm
  • 5 modèles, 4 tailles, 2834 à 8034 € + MyO
  • 14,94 kg, (L, sans pédales, TL + Préventif)
  • Dispo depuis automne 2023
  • Fiche sur orbea.com

Feutré, mais franc du collier

Dès les premiers tours de roues, un truc saute aux yeux – ou plutôt, se ressent dans les jambes : verticalement, le vélo est d’une étonnante complaisance. Et c’est d’autant plus surprenant pour un ensemble tout carbone — cadre, roues, cintre inclus. On retrouve bien la dynamique propre au matériau, ce retour d’énergie franc quand on appuie dans un appui, cette relance qui donne envie de charger. Mais à l’impact, le comportement reste feutré, presque moelleux. Les suspensions suivent avec une fluidité rare, lisant le terrain, effaçant tout ce qui relève de la petite aspérité et ne laissant filtrer que les irrégularités plus marquées.

Cette impression de douceur contrôlée me replonge directement en 2019, à la sortie du premier Occam de cette génération — celui qui m’avait déjà bluffé par cette prestation justement. Mais cette fois, dans cette version “remasterisée”, quelque chose renforce encore cette sensation : le LT semble faire travailler sa fourche plus librement, offrant plus de grip, plus facilement encore, à la roue avant. Résultat, un premier contact placé sous le signe du confort, de la facilité et d’une certaine efficacité tranquille…

Jusqu’à ce que l’envie d’accélérer le mouvement se fasse sentir. Et là, un trait de caractère bien marqué apparaît : la linéarité de la suspension. Elle reste constante tout au long du débattement, sans rupture franche, avant de se verrouiller assez sèchement en fin de course, quand les circonstances dépassent ses capacités. Rien de rédhibitoire, mais on sent bien cette limite, ce moment où la progressivité pourrait en donner un peu plus.

Autre constat, plus géométrique cette fois : ça taille moyen. En position haute, le vélo paraît un peu court de l’avant, comme si la roue méritait d’être un soupçon plus avancée pour offrir davantage de stabilité, et cette sensation d’être “dans” le vélo plutôt que “sur” lui. La position basse rétablit en partie cet équilibre, mais c’est alors le reach qui semble un peu limité. Rien d’anormal pour une taille L, mais pas de miracle non plus : sur le papier, les cotes sont assez modernes, dans la réalité, on sent qu’on est pile à la limite supérieure de la taille. Ça passe, clairement, mais ça donne presque envie d’essayer la taille au-dessus… ou mieux, de pouvoir conserver la position haute avec l’angle de direction de la position basse. Ça, je l’ai expérimenté récemment, sur un autre vélo me donnant des impressions qui s’en rapprochent, et avec lequel je peux mettre à profit cette combine pour vérifier qu’elle fonctionne…

D’où ça vient ?

Ça tombe plutôt bien : les dernières évolutions de l’Occam confirment en partie ce que mes premières sensations laissaient deviner. Pour 2026, Orbea dote son vélo à tout faire d’un angleset maison, permettant de jouer sur l’angle de direction. De quoi ajuster un peu plus finement le comportement du vélo en fonction du terrain et du pilote. J’aurais aimé que ce dispositif soit rétrocompatible, histoire de pouvoir l’implanter sur cet exemplaire d’essai — comme sur tous ceux déjà vendus sur le marché — en vain. Au moins, cette nouveauté valide l’idée que l’empattement avant un brin contenu n’était pas qu’une lubie : Orbea a visiblement ressenti le même besoin d’en offrir un peu plus.

Quant à la cinématique de suspension et à cette fameuse linéarité évoquée plus haut, le rappel historique s’impose. Lors de la présentation du Occam LT, Orbea n’avait pas caché sa source d’inspiration : le Rallon. Plus précisément, le Rallon R5/R6, ce modèle qui, à sa sortie, avait occupé une place singulière sur le marché — celle du “vélo d’enduro pas trop gros”, accessible, joueur, et bien plus tolérant que les machines d’attaque pure qui commençaient alors à apparaître.

Pour positionner l’Occam LT, Orbea annonçait une courbe de ratio légèrement plus linéaire que celle du Rallon R5/R6 de dernière génération. Et c’est là tout le sens de mes constats : ce caractère constant sur tout le débattement, puis ce verrouillage en fin de course, ce sont précisément les traits du Rallon de cette époque. Le nouvel Occam LT s’inscrit dans cette même logique, héritier direct de cette philosophie. Pas celle, plus progressive et moderne, du tout dernier Rallon R7 découvert sur FullAttack en mai dernier.

Ce constat a toute son importance, puisqu’il participe au début de réponse que l’on peut apporter à ce que le Orbea Occam LT devient sur un marché en constante évolution. Dans la gamme basque, le Rallon R7 a pris du grade – gros Enduro décliné en vélo de Descente – tandis que ce Occam LT reste un ton en dessous du rang occupé jadis par le Rallon R5/6… N’y aurait-il pas là, un espace qui s’ouvre et qu’une prochaine génération pourrait combler ?!

Comment ça se règle ?

D’origine, le Orbea Occam est sain, équilibré, plutôt bien calibré. On sent que le travail conjoint entre Orbea et Fox sur les settings internes n’a pas été laissé au hasard. En position haute, avec 30 % de SAG à l’avant comme à l’arrière, détentes à mi-plage et compressions ouvertes, on obtient déjà un fonctionnement homogène, fluide, cohérent.

Enfin, l’essai en version ressort et version air confirme les différences classiques, mais bien marquées sur l’Occam. Le ressort offre ce début de course “plush”, cette lecture feutrée du terrain et ce maintien mécanique qui limite toute impression de débattement excessif. L’air, lui, rend le vélo plus tonique, un peu plus sec sur l’impact, mais plus réactif à la relance. On gagne un peu de giclette, un peu de réserve de débatteme après le SAG, et la fin de course naturellement plus progressive vient bien suppléer la linéarité dont on a déjà longuement parlé. Le truc, c’est que le choix dépend de ce qu’on veut du vélo, et que l’on n’a pas, ici, le beurre et l’argent du beurre comme c’est désormais parfois le cas chez la concurrence. Une question de choix plus que de compromis.

AvantArrière
SAG30%30%
Détentesmi-plagemi-plage
Compressions1/4 fermées1/4 fermées
Réducteurs de volumesans avec (amortisseur à air)

Pour un gabarit moyen de 75/80kg. Clics de détente et compression comptés depuis la position la plus vissée des molettes. SAG arrière réalisé assis/selle haute – SAG avant réalisé debout/bras en appui sur le cintre / épaules à l’aplomb du guidon. Voir notre vidéo explicative > https://fullattack.cc/comment-faire-les-sag-la-methode-et-les-conseils-fullattack/

Comment ça se pilote ?

Vous l’aurez peut-être senti dans ce début d’article : le Orbea Occam s’avère assez neutre dans son tempérament. Je parle de taille, de comportement de suspension, de comrpomis/choix à faire… Pas nécessairement d’un trait de caractère très affirmé, atypique ou évident. Il m’aura même fallu un moment pour trouver le mode d’emploi du Orbea Occam LT qui m’a longtemps paru neutre avant toute chose… Mais voix, au final, comment tirer son épingle du jeu de différentes circonstances qui méritent d’être précisées!


À la pédale

L’un des traits distinctifs du Orbea Occam, depuis sa création, c’est son anti-squat assez élevé. Une valeur que la marque a d’ailleurs fait évoluer à la baisse au fil des générations, suivant la tendance actuelle du marché. Sur le terrain, ça se traduit par un comportement très lisible : tant que la chaîne reste détendue, la suspension arrière vit, respire, travaille. Elle avale les petites aspérités sans retenue et trace un chemin confortable pour le pilote. Mais quand la chaîne se tend, la roue arrière se plaque au sol. Pas de blocage brutal, non – juste une accroche ferme, qui transforme le coup de pédale en motricité directe.

C’est un équilibre subtil : le vélo se joue de l’effet de chaîne, mais il faut savoir composer avec. Pour profiter pleinement du confort de la suspension, il faut savoir lever le pied, laisser filer un peu, laisser vivre la cinématique. À l’inverse, quand la traction devient prioritaire – dans les montées techniques ou les relances en sortie de virage – il faut pédaler franchement. Ce n’est pas un vélo pour grimper “en force” dans le cassant : à cadence égale, d’autres tractent davantage. L’Occam préfère qu’on anticipe, qu’on garde un peu d’élan et qu’on laisse le châssis faire son travail en pouvant lever le pied le moment venu, plutôt que de subir les trous ou les nids-de-poule en pleine phase de pédalage.

La position, elle, ne souffre d’aucune critique. Orbea fut parmi les pionniers du tube de selle redressé, et la géométrie du Occam LT en porte toujours la signature. C’est d’ailleurs écrit dessus – Steep ‘n Deep, littéralement. En pratique, on est bien centré sur le vélo, efficace à la montée, sans avoir à se battre pour garder l’avant collé au sol. Ce qui, à l’époque, faisait figure d’avant-garde est aujourd’hui devenu la norme. Mais la philosophie reste intacte : une position efficace et dynamique, qui permet de profiter de la giclette du cadre et de la légèreté du vélo à chaque coup de pédale. C’est simplement, là aussi, rentré dans le rang.

En courbe…

Avec le Orbea Occam LT, quand on est un peu à l’étroit sur la taille choisie, ou qu’on roule en position haute, il faut forcément s’asseoir un peu plus sur l’arrière, déplacer son poids derrière la selle pour retrouver l’angle et la couverture nécessaires derrière le guidon. Rien d’anormal, c’est la logique même d’un vélo au poste avant plutôt compact : on ajuste son placement pour redonner du dégagement et sentir le vélo respirer dans les virages.

Hormis ce détail, l’adhérence de l’avant inspire confiance. À moins d’évoluer sur un sol vraiment précaire, la roue avant reste bien ancrée, docile et prévisible. Si tel n’est pas le cas, c’est le SAG ou la pression du pneu avant qui est à revoir. Mis à part ça, on sent que c’est un vélo qui fait travailler sa fourche. Elle permet de charger franchement sans arrière-pensée.

C’est là tout l’intérêt d’un vélo qui ne taille pas trop grand. L’Occam LT garde cette réputation de maniabilité qu’on leur prête : il tourne court, sans forcer, se place d’un mouvement de hanche, et enchaîne les virages serrés comme s’il connaissait la trajectoire à l’avance. Un comportement sain, précis, et toujours plaisant quand le terrain sort les aiguilles à tricotter.

En l’air…

Avec son triangle arrière compact, le Orbea Occam LT donne immédiatement le ton : lever la roue avant est un jeu d’enfant, tenir un manual s’y prête. Ce caractère vif et bien recentré sur l’arrière facilite les mouvements de cabrage, les changements d’assiette et toutes les petites relances de terrain. C’est déjà un bon signe : un vélo qui se place bien en wheeling, c’est souvent un vélo qui se décolle du sol sans appréhension.

Dans les appels, en revanche, il faut apprendre à composer avec la cinématique et la linéarité de ses suspensions. Le Occam LT aime la finesse : arriver trop fort ou trop charger dans la compression revient à le tasser, voire à toucher le fond si la réception est appuyée. Il ne punit pas, mais il le fait sentir. À l’inverse, un appui doux, précis, bien dosé permet de profiter de tout le soutien disponible sans brutaliser le cadre ni écraser l’amortisseur.

C’est un vélo qui récompense la délicatesse : trop timide, on ne décolle pas franchement ; trop agressif, on traverse la course d’un bloc. Il faut trouver ce juste milieu entre légèreté et engagement, ce point de pression où le vélo répond sans se figer. Une fois ce rythme trouvé, l’Occam LT décolle droit, se cale naturellement, et revient au sol avec cette impression de contrôle typique des châssis bien équilibrés.

Quand ça brasse ?!

On l’a déjà évoqué : c’est dans le défoncé que le Orbea Occam LT peut atteindre ses limites. Pas une fatalité, mais un terrain où il faut savoir composer avec son tempérament. La première astuce tient au freinage. Sur ce vélo, le frein arrière influe sur le fonctionnement de la suspension. Point de pivot bases/haubans concentrique à la roue arrière ou pas, plus on tire fort sur le levier, plus la roue se fige, et tape dans le sol. À l’inverse, en dosant finement, en ne mettant qu’une légère pression — une lichette, la fameuse — on laisse la suspension travailler et on retrouve du grip. Il faut donc apprendre à relâcher un peu le frein, à le moduler plutôt que le bloquer, surtout dans les enchaînements de cailloux ou de racines.

L’autre paramètre à garder en tête, c’est la linéarité du système. Elle fait merveille sur les impacts “normaux”, dans la plage de travail idéale, mais dès qu’un choc demande plus de débattement qu’il n’en reste vraiment, la réaction devient sèche. On le sent dans les jambes, le vélo met un tir alors que ce n’était pas le cas précédement. Dans ces moments-là, inutile d’espérer que la suspension rattrape tout toute seule : mieux vaut accompagneralléger, retrouver ce petit réflexe “old school” qu’on avait avant que les vélos modernes ne fassent tout à notre place.

C’est un vélo qui demande un peu de doigté, un vrai pilotage actif, mais il récompense ceux qui le comprennent. En restant souple sur les jambes, en laissant filer le frein arrière et en gardant le regard loin devant, le Occam LT garde son cap et conserve ce toucher de terrain feutré qu’on apprécie sur le reste de la course. Ce n’est pas un bulldozer, mais un châssis équilibré qui aime qu’on roule avec lui, pas contre lui.

Pour qui ? Pour quoi faire ?

La Concurrence ?

Commençal Meta V5
Canyon Spectral
Specialized Stumpjumper 15
Le reste de la concurrence

Avant-gardiste à ses débuts, le Orbea Occam LT incarne aujourd’hui le neutre : ce point d’équilibre qu’une part marché vise, consciemment ou non. Ni trop radical, ni trop timide, simplement à sa place, là où le pilotage reste naturel et où l’on prend de bonnes habitudes. Certains vélos font mieux, plus vite ou plus fort ; d’autres peinent déjà à suivre. Le Occam, lui, trace la ligne médiane, celle sur laquelle s’appuie tout ce qui se compare. Et c’est peut-être là, finalement, la plus belle reconnaissance pour ce vélo : rester une référence, à sa manière.

Rédac'Chef Adjoint
  1. Bonjour Antoine, tu n’a pas comparé cet Occam avec le dernier Hightower V4, tu les trouvés si éloigné en terme de pratique et de fonctionnement ?
    Merci

    1. Bonjour Clément, bien vu ! D’autant que j’ai eu les deux vélos à l’essai en même temps au tout début. Et oui, cette expérience a participé à cette impression d’un Occam LT qui rentre dans le rang, ou bien d’une concurrence qui hausse le ton/sort les muscles. Le Hightower a son exigence, mais effectivement, sur le terrain, il est plus Enduriste dans l’âme que le Occam LT plus All Mountain au final 😉

  2. Toujours aussi chouette cet Occam, et très belle config MyO !
    Je garde d’excellents souvenirs de mon Occam 2019 en 150/140, à une époque où il n’y avait pas les déclinaisons SL/LT. Un monstre de polyvalence, qui n’avait pas grand chose à envier aux « grandes » marques (si ce n’est le badge sur la douille de direction, mais on s’en fout un peu, enfin moi en tout cas).
    Je trouve que le vélo s’est quand même pas mal alourdi depuis (le mien faisait 13,6-13,7kgs avec la Fox 36). Je trouve désormais la déclinaison SL pas si légère (difficile de descendre en dessous de 12,7-12,8kgs) et la déclinaison LT présentée ici, un peu lourde (presque 15kgs, ça calme). Ceci étant, j’ai l’impression que c’est le cas de presque tous les vélos de cette catégorie, qui ont pris 10/20mm de débattement en 5/6 ans et 1-1,5kgs au passage…
    Je suis aujourd’hui passé sur une autre marque en musculaire, mais je roule toujours chez Orbea en élec (Wild M). Depuis 6/7 ans ils ont quand même une gamme géniale à tous les étages : Oiz, Occam, Rallon Enduro/DH, Wild…et c’est hyper cohérent. Bravo les gars !

    1. Salut Olivier, merci pour ce témoignage 😉 Par curiosité : quelle carcasses de pneu sur ton Occam à l’époque ? Quoi qu’il en soit, ça ne fera pas récupérer les 1,5kg dont tu parles, mais il faut bien préciser que les 14,94kg mesurés ici sont avec les pneus en carcasse DH choisi spécifiquement. En fonction des terrains/pratiques, Exo, Exo+ ça peut vite faire gagner un demi-kilo, et un demi-kilo qui se ressent à l’usage 😉

      1. J’étais en exo+ en effet. De mémoire je roulais un DHF 2,5 à l’avant et un DHR2 2,4 à l’arrière. Effectivement ça peut vite faire une différence de 500/600g sur la paire de roues, plus l’amorto (ici un coil dhx2 contre un petit dpx2 à l’époque).

  3. Hello Antoine

    1ère fois que je vois te vois en pédales auto !

    Tu tests ou tu roules régulièrement les flat et auto ?

    1. Hello 😉

      Bonne question ! J’ai commencé en pédales plates fin des années 90, mais je suis très vite passé aux automatiques. J’ai ensuite fais toute ma carrière en compétition en automatiques (une dizaine d’année) avec, parfois, des hivers à rouler en semi-rigide et pédales plates pendant 2/3mois, pour changer. Après ça, j’ai longtemps mené mes essais en automatiques, par préférence/facilité, roulant à l’occasion, en plates. Et puis, il y a 3/4 ans, j’ai eu des pédales plates à l’essai et j’ai voulu pousser plus à proprement parler l’expérience. J’ai constaté qu’il y a des choses que je ne savais faire qu’en automatiques. Donc j’ai roulé en pédales plates dans l’idée de progresser. J’ai presque exclusivement roulé en plates pendant près d’une année, jusqu’à trouver une aisance naturelle, y compris dans la pente (c’est là que j’ai le plus eu de difficultés). Maintenant, je passe de l’un à l’autre sans temps d’adaptation, de manière transparente, tout en parvenant à mettre en œuvre les deux style de pilotage différents. Une expérience personnelle enrichissante mais qui n’est pas forcément mise en évidence de manière fidèle dans les essais : pour illustrer les essais vélos par exemple, je choisi en général le type et le format des pédales pour appuyer l’usage que je trouve pertinent du vélo. Exemple : ici, le Occam que je qualifie de All Mountain, je l’ai photographié avec des pédales automatiques à plateforme compactes, c’est, je penses, celles qui vont le mieux… Alors que le Santa Cruz Bronson dont j’ai écrit qu’il se prête naturellement à rouler en plate, méritait ce type de pédale sur ses photos d’illustration 😉

      1. Hello et merci pour ton retour

        Moi aussi j’alternais avant entre plates et auto tous les 6 mois environs.

        Depuis 2/3 ans je roules qu’en plates, surtout depuis que je roule sur un vae light (Levo SL2).

        J’ai voulu réessayer mes auto (SPD Shimano XTR) à 2 reprises sur 2 mois environ et impossible de m’y faire, pas assez d’appuis, j’ai l’impression de rouler trop sur l’arrière et je n’arrive donc pas à tourner comme je veux. Impression également de rouler sur la pointe des pieds alors que j’avais mis pourtant les cales le plus en arrière.

        A l’occasion j’essayerai les Crankbrothers Mallet DH, paraît qu’elles se rapprochent le plus des plates en terme d’appuis.

        1. Possible. Je sais aussi que du côté des chaussures, Crankbrother communique sur le fait d’avoir produit des rainures de fixation des cales plus proches du milieu du pied. Ils ont markété ça sous le nom de « race zone » je crois. Tout ça pour dire que ça peut aussi aller dans le sens de diminuer la sensation de rouler sur la pointe des pieds. Ça sollicite moins les mollets à touché de terrain un peu moins fin, détente un peu limitée – mais ça permet d’appuyer ses prises d’appui par les segments les plus puissants des jambes : les cuisses – sans sur-solliciter les chevilles qui sont moins en porte-à-faux…

  4. J’ai le occam Sl M30 2024 que j ai choisi pour son blocage au guidon, et que je voulais transformer en Lt en suivant pour avoir ce fameux blocage…j ai fait préparer les suspensions en fonction et j ai demandé que l amortisseur pompe s actionne très légèrement en mode blocage quand je suis en monté..
    Assez content du résultat,car il faut pas se leurrer l occam si tu ne bloques pas la suspension arrière, c est très désagréable…le pompage est omniprésent en montée.
    Pour la descente RAS…perso je le place plus en vélo de montagne avec ma configuration..Le placer en all mountain est le sous évaluer…Cela reste qu une impression personnelle et je le roule depuis 2 ans quasiment

    1. Salut Christophe, peux-tu préciser quel amortisseur, et quel réglages de suspension tu utilises ? (notamment le SAG) Ça m’intéresse pour mieux saisir ce que tu attends du vélo et de son comportement 😉 Je te rejoins sur l’usage vélo de montagne. J’ai d’ailleurs mis une note favorable à ça dans le tableau des usages en fin d’article. Mais je n’ai pas axé sur ce propos pour deux raisons. La première, que le terme vélo de montagne reste assez écléctique parmi nous. On a beau avoir tenté de catégoriser/préciser ça sur FullAttack, la montagne chacun la pratique un peu à sa manière. C’est un peu là, face à ce que le terrain dicte de lui-même, que les frontières entre gravity et Endurance s’effacent le plus 😉 Ensuite, je sors justement d’un essai où le vélo en question a trouvé son prime en montagne – le Scott Ransom. Et quand je me projetais à l’idée de catégorier aussi le Occam LT de la même manière, ça me paraissait à la fois redondant et inexacte : les deux vélos ne donnent pas du tout le même rendu ! Et puisque le Ransom offre cette marge supplémentaire quand tu t’engouffre dans un sentier étriqué, technique et engagé, c’est lui qui a clairement pris le pas dans mon esprit 😉

  5. Bonjour, 2 petites questions :
    Et face au Zesty, qu’est ce dit cet Occam ?

    Est ce que ce serait un bon « vélo de montagne » ?
    Merci

    1. Merci pour la question. J’ai moins roulé le nouveau Zesty que le Occam, je ne serait donc pas complet ou catégorique dans ma réponse. Néanmoins, le parallèle est intéressant. Sur le papier, les deux vélos partagent des géométries très proches, donc dans la moyenne du marché, sans excès. Après, j’ai le sentiment qu’en matière de suspensions et rigidité/raideur, le Zesty fait les progrès qui lui permettent de se situer dans la lignée des all mountain modernes, ces vélos qui ont les caractéristiques des vélos d’enduro d’il y a 5/6ans. La suspension qui allie sensibilité de début de course puis maintien au SAG, alors que le Occam est bien plus « linéaire », manque un peu de ce maintien pour moins « consommer » sa course par moment. La rigidité du cadre qui permet d’engager/marquer les appuis sans sentir une partie ou l’autre du châssis finir par vriller et devenir le facteur limitant. C’est intéressant parce que le nouveau Zesty est sorti au même moment que le Spicy – gros Enduro – aux côtés duquel il a fallu se placer. Le Occam LT lui, est sorti avant le Rallon R7 aux côtés duquel il faut qu’il continue son bonhomme de chemin.Merci pour la question, le parallèle permet de mieux saisir ce que j’entends par le besoin du Occam de se maintenir et d’évoluer dans la logique de gamme Orbea. Quelque part, ce que j’évoque pour l’avenir du Occam LT, c’est ce que le Zesty a en parti accompli 😉

      Pour ce qui est de la pratique en montage, Je pense qu’il s’y prête. Après, comme je l’ai écrit il y a peu dans un autre commentaire, ça peut dépendre de la pratique que l’on a de la montagne. Mais globalement, pour moi, c’est typiquement le vélo qui coche une bonne partie des cases. Le débattement et la prestation en suspension nécessaire aux terrains parfois exigeant. Le ratio confort/précision qui doit aller avec. Le format « ni tri jeu/ni trop petit » pour faire face à la grande vérité de situation que ce terrain peut proposer…

  6. Marrant, j’ai un rallon R6 depuis septembre et j’ai eu la même problématique de pied d’amortisseur (à vu de nez la biellette est la même) qui se dévisse. Un point de vigilance donc et sans doute un petit manque de frein de filet.

    Un autre truc rencontré et commun à l’occam : le multi-outil intégré. C’est sympa mais hier l’aimant qui le maintien en place s’est décollé. J’ai retrouvé l’outils sur le sol (un coup de chance) et l’aimant est au fond de son logement.

    En tout cas la différence d’utilisation entre l’occam LT et le rallon R6 n’était pas si énorme. ce n’est plus le cas avec le nouveau mais leur politique marketing des 10 dernières années est amusante

    1. Salut Jérome, merci pour ces précisions ! Je n’avais pas encore entendu parlé de ce phénomène sur le R6. As-tu eu l’occasion de rouler le Occam LT et le R6 ? À mon sens, leur politique des dix dernières années consiste à devenir une marque Gravity alors qu’elle était principalement orientée XC il y a 15 ans (Absalon, JO…) Ils y vont pas à pas, une étape après l’autre, tout en devant à chaque fois entretenir/faire évoluer les segments « acquis » précédement. Tout ça, dans un contexte de pratiques/marché qui évolue, et sur la base d’une culture d’entreprise qui compte d’abord sur ses acquis/appuis pour aller chercher l’étape suivante. Orbea fait plutôt de l’escalade (une prise après l’autre, avoir une prise ferme pour envisager la suivante) plutôt que du Poker (on mise, on prend des risques et on avise). Sauf qu’ici, une prise qui paraissait bonne au moment de la saisir, peut évoluer une fois en main…

      1. Non je n’ai pas fait comparaison sur le terrain. J’avais même en tête de chercher un occam lt mais une bonne occase m’a fait pencher vers le rallon (et j’en suis content).
        Par contre en lisant l’article je retrouve des traits assez proches avec le R6.
        Mais oui je te rejoins sur leur arrivé dans le secteur Gravity, ils se donnent les moyens de leur ambition.

  7. Hello Antoine

    Encore une fois bravo pour ce test bien detaillé
    Concernant la concurence évoqué, elle a l’air plus endurisé que le occam LT

    1. hello Pat, merci 😉 Je partage ton impression. Pour plusieurs raisons : c’est ce vers quoi tend le segment des vélos All Mountain modernes ces 2/3 dernières années, et sur le terrain, c’est ce qui m’interpelle. Au final, c’est donc vers ce panel que je me tourne. Et je constate dans les commentaires qu’on vient en ajouter que j’aurai pû insérer dans le propos. Tiens, en écrivant ce commentaire me vient à l’esprit que le Cube Stereo ONE55 peut s’ajouter au panel…

  8. Bonjour Antoine, merci pour tout ces articles très intéressants. Comment siturais tu les Foxy rr et Foxy XR (ils sont quasiment absents de tout les comparatifs) par rapport rapport au Occam Lt et Rallon r5/r6 ?

    1. Bonjour Jean-François,

      merci pour la question ! Tu fais bien de demander, les Mondraker on un petit effet wahouh/magique qui les différencient du reste du marché : ils ont toujours tendance à être capables de plus que ce pourquoi ils semblent destinés à la base. Pour FullAttack, j’ai pu rouler les Foxy (au lancement, il y a un petit moment) et Raze. Eh bien même si sur le papier, le Raze pourrait paraître être un plus petit vélo, pour moi c’est lui qui se positionne le plus en concurrence du Occam LT. La capacité de sa suspension, sa géométrie généreuse chez Mondraker, le rendu caractéristique du châssis/carbone chez Mondraker… Ça fait plus longtemps que je n’ai pas roulé le Foxy. Rouler de nouveau dessus, pour voir comme il se positionne encore sur le marché – comme je viens de le faire pour le Occam LT – fait justement partie des intentions que je peux avoir. Pour l’heure, je le place volontiers plus en face des Rallon R6 que du Occam LT, mais c’est à confirmer 😉

  9. Bonjour à tout le monde.
    J’utilise un occam Lt depuis 2 ans en montagne ( Pyrénées) et mon retour c’est qu’il fait être très actif dessus et qu’il le rend bien. Si tu es fans un mauvais jour, ça peut être rude.
    Dans le défoncé il tappe un peu et touche sa limite.
    Merci pour cet article.
    Fred

    1. Bonjour Fred, merci pour ton commentaire. Ça complète bien le propos. Je te rejoins dans l’impression, et c’est ce qui me fait dire « oui, il peut s’y prêter » mais « c’est pas forcément sa pratique de prédilection non plus », il peut parfois s’avérer un peu exigeant dans ces cas de figures particuliers que peu réserver la montagne et notre manière de la vivre 😉

  10. Bonjour, c’est marrant de retrouver les mêmes ressenti que toi avec le Rise LT! Bien que le poids du mien soit à 22kg (aluminium, batterie 420wh), je dois avoir sûrement plus de stabilité mais la maniabilité est là! Venant du Meta AM 29, je ne suis pas perdu bien le Commencal peut bien plus encaisser dans le défoncé (on est bien sûr un programme All Mountain avec le Rise/Occam).
    Même constat pour le desserrage des vis, j’ai pas vue de frein filet… et je n’arrive pas à passer ma clé dynamométrique pour les deux vis en question, donc c’est serrage au couple « à la main »…
    Merci pour ce test. Bonne continuation!

    1. Merci Arnaud. Intéressant ! Le poids peut effectivement apporter/jouer, mais ton propos démontre que ça ne fait pas tout 😉 Je n’ai pas roulé le Rise, mais il partait logique de faire le rapprochement. Même marque, même bureau d’étude, même génération, même concept. Donc ça peut se recouper en matière de comportement… Et de suivi/réglage/entretien. J’attends forcément qu’on puisse mieux gérer l’usage d’un clé dynamo pour ces articulations sur une prochaine version…

  11. Bonjour Antoine.
    Article intéressant.
    Que penses tu de l’ajout d’un dispositif type  » Ochain » pour améliorer le comportement du vélo dans le d-? Cela peut il lui apporter ce côté « enduro »?

    1. Bonjour Jean-Marie, merci pour la question. Je ne pense pas que cette solution soit celle nécessaire. Pour l’avoir déjà plusieurs fois expérimentée, elle apporte ce que le Occam LT a déjà, qui plus est avec cet amortisseur à ressort hélicoïdale. Le touché, la sensibilité, le confort en début de course sont déjà remarquables. Passé le SAG, la limitation que j’évoque se produit assez loin. Et ce n’est pas juste un retour dans les pieds. Le vélo se met en travers et/ou se met à bouger verticalement. Si loin dans la course, et vu la courbe de kick-back du vélo, même avec le degré de liberté maximal d’un oChain, on est en butée. Pour avoir essayé sans chaine, ça confirme. On est plutôt sur une limitation de débattement/une linéarité de la courbe de ratio. L’usage d’un dispositif comme le OChain peut grossir le trait d’un début de course déjà bon si on est avec un ressort, ou bien en rapprocher le vélo si on a un maortisseur à air, tout bonnement.

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