Lorsqu’un vélo s’impose comme une référence — mieux, comme une anomalie capable de redéfinir les contours d’un segment — chaque évolution mérite qu’on s’y attarde. Le Transition Spur n’en est qu’à sa deuxième version, mais forcément, on se doit d’y jeter un œil…. La question n’est pas tant de savoir si cela vaut le détour… Mais ce que cette nouvelle itération raconte de l’époque et de l’usage qu’elle vise désormais.
Dans l’ère du « down country »
Depuis quelques saisons, un terme s’est installé dans le paysage : down country. Une étiquette née pour désigner ces vélos issus du XC, mais affranchis de ses carcans les plus stricts. Plus de débattement, des angles couchés, une position moins radicale à la montée, pour l’être davantage en descente… et surtout, l’ambition d’ajouter au rendement une vraie dose de plaisir de pilotage. Pas seulement survivre quand ça plonge, mais s’y exprimer.
Dans ce contexte, difficile de ne pas penser à Transition. Le fun, la sensation, l’engagement assumé : voilà des valeurs qui collent à l’ADN de la marque depuis ses débuts. Même ses vélos à faible débattement ont toujours porté cette empreinte “gravity” en filigrane. Alors lorsque le créneau du down country a émergé, Transition ne s’est pas contenté de suivre le mouvement. On pourrait même dire que la marque faisait déjà partie de ceux qui en dessinaient les contours.
C’est le Spur V1 qui a incarné cette vision. Rapidement, il s’est forgé une réputation solide, brouillant les frontières entre XC et trail avec une aisance presque déconcertante. Certains l’ont surnommé “All-Country” tant il semblait défier les catégories établies – un vrai VTT quoi ! Léger, précis, chirurgical dans ses réactions, il offrait cette sensation rare de connexion totale au sentier — comme si chaque appui, chaque micro-variation de terrain pouvait procurer sa propre dose de plaisir.
Certains l’ont parfois qualifié de “meilleur vélo de down country”. Une fusée en montée, capable d’enchaîner les longues journées exigeantes sans épuiser son pilote, tout en restant étonnamment à l’aise lorsque la pente s’inverse. Parmi les 120 mm les plus capables du marché, assurément. Et c’est sans doute là que résidait sa force : cette capacité à rendre cohérente une équation qui, sur le papier, semblait presque n’avoir aucun sens. C’est dans ce sillage que s’inscrit aujourd’hui le Spur V2.
Le Spur V2, évolution ciblée
Quand une recette fonctionne, l’erreur serait de la bouleverser. C’est en tout cas le crédo choisi par Transition. Avec le Spur V2, il ne s’agit pas de renier l’esprit originel, mais de le mettre au goût du jour. Profiter des évolutions matérielles, affiner certains curseurs, et maintenir le vélo aux avant-postes d’un segment devenu beaucoup plus dense qu’à l’époque du premier opus. L’ambition est claire : capitaliser sur sa réputation, en augmentant ses capacités, sans sacrifier l’efficacité qui a fait sa renommée.
Plus de capacité… sans dérive pondérale
Premier signal fort : le passage à 130 mm à l’avant, via une Fox 34 Float SL pour les modèles complets composés par la marque. Sur le papier, dix millimètres supplémentaires peuvent sembler anecdotiques. Dans les faits, ils traduisent surtout l’évolution des “petites” fourches modernes. Plus rigides, mieux tenues hydrauliquement, capables d’encaisser davantage sans exploser la balance en prenant de la hauteur utile en matière de géométrie… Transition en profite pour offrir un peu plus de marge quand le terrain se dégrade, plus de confiance à l’entrée des sections engagées, sans trahir la philosophie légère du Spur.
Préserver l’ADN, affiner les réglages
Pour le reste, le cœur du concept demeure intact. Le cadre conserve le système Flex Stay, qui repose sur la flexibilité contrôlée des haubans carbone pour assurer l’articulation des 120 mm arrière. Une solution reconnue pour son côté vif, réactif, presque nerveux – la tendance XC du moment. La courbe de ratio reste franchement progressive, offrant ce fameux sentiment de “débattement infini” lorsqu’on pousse le vélo dans ses retranchements, avec un soutien marqué quand le pilotage se fait plus appuyé. Là-dessus, Transition ne touche pas à une formule qui a fait ses preuves.
En revanche, la V2 introduit une dose de modularité. Le système de geo-adjust, via un support réversible au niveau de l’ancrage inférieur d’amortisseur, permet de faire varier l’angle de direction de 0,5° et la hauteur de boîtier de 7 mm. Deux vélos en un, en somme. En position “boîtier haut”, on retrouve la géométrie du V1. En configuration basse et angles plus couchés, le Spur V2 devient plus offensif.
Autre évolution notable : la longueur des bases qui varie désormais selon les tailles. Une manière plus fine d’équilibrer les masses et d’adapter le comportement du vélo au gabarit du pilote. Le tube de selle, lui, se raccourcit nettement, ouvrant la porte aux tiges télescopiques à fort débattement — un détail qui en dit forcément sur les intentions du modèle.
Finition et intégration modernisées
Dans les détails, la V2 gagne aussi en maturité. L’axe d’articulation haubans/basculeur disparaît côté extérieur pour se cacher sur la face interne. Le tube diagonal accueille désormais l’espace de rangement B.O.O.M Box. Les protections à l’articulation des bases et du triangle avant s’étendent. Les passages de gaines et durites sont entièrement guidés, avec une nouvelle sortie au niveau de la douille de direction pour un ensemble plus propre et plus fonctionnel. Rien de spectaculaire pris isolément. Mais un faisceau d’ajustements cohérents qui traduisent une volonté claire : faire évoluer le Spur avec son temps, sans en diluer la personnalité.
Transition Spur V2 > Full 29 pouces / 120-130mm de débattement / Amortisseur Trunnion 190x45mm / Pour fourche de 541mm de hauteur & 44mm d’offset / Ligne de chaîne 55mm / Patte UDH / 4 tailles / 2 coloris / 3399€ le kit cadre / Dispo à préciser.

