Après plusieurs sorties avec les nouvelles poignées OneUp Goldstone montées sur mon poste de pilotage, il était temps de faire le point. Pas besoin de tourner autour du pot : ces poignées fonctionnent, et elles le montrent vite. Sur le papier, OneUp promettait une ergonomie plus poussée que la moyenne. Sur le terrain, c’est encore plus flagrant. Fines, techniques et pensées pour le pilotage engagé, les Goldstone ne se contentent pas d’être une nouveauté de plus : elles bousculent clairement les habitudes. Le genre de détail qu’on installe sans trop y penser… et qu’on considère comme un vrai game changer dès qu’on les enlève.
Est-ce pertinent ?
La poignée ONEup Goldstone, on vous l’avait présentée comme une proposition intéressante sur le papier… et forcément, on n’a pas résisté à l’envie d’aller vérifier ça sur le terrain. D’autant qu’on n’a pas reçu que les poignées : le cintre et la potence étaient aussi dans le carton. Le cintre, à lui seul, pourrait mériter une fiche de test, mais quand on met les trois sur la table, ce sont clairement les poignées qui tirent la couverture.
Avant de comprendre ce qu’elles apportent réellement, il faut revenir à ce qu’on attend d’une poignée d’enduro. Cinq critères clés définissent une bonne poignée : Confort, pour survivre aux longues descentes sans crisper. Précision, pour garder un pilotage propre même dans le cassant. Maintien, pour que la main reste parfaitement calée quand il faut tirer, pousser ou engager. Durabilité, parce qu’une poignée qui s’écrase ou se déchire en deux sorties, c’est non. Rapport qualité/prix, parce qu’on parle d’un consommable… mais pas d’un détail.
Et quand on regarde de près, on se rend compte que le modèle Classic de OneUp portait déjà une partie de l’ADN de la Goldstone : un début d’approche ergonomique, quelques choix de forme et de densité qui prenaient déjà leurs distances avec les grips fins “classiques”. Avec la Goldstone, on comprend mieux d’où vient l’idée et comment cette inspiration a été poussée beaucoup plus loin, jusqu’à proposer une poignée pensée pour la performance pure.
Et puis, il y a une question essentielle : pour qui sont faites ces poignées ? À la base, elles ont été développées pour Jackson, avec un objectif clair : la performance pure. Et on sait à quel point les Coupes du monde servent de laboratoire à ciel ouvert pour le vélo moderne. Ce qui fonctionne là‑haut, sous pression, finit souvent par redéfinir nos standards ici‑bas.
Pour répondre à ces exigences, OneUp a construit la Goldstone autour d’une double densité de gomme, mais avant d’aller plus loin, il faut comprendre un point essentiel : la dureté d’une gomme (Shore A) ne dit absolument rien sur l’épaisseur d’une poignée. On peut très bien avoir une poignée fine en gomme dure, ou au contraire une poignée épaisse en gomme tendre. Le Shore A ne mesure qu’une chose : la dureté, pas le volume.
Sur le marché, les poignées oscillent généralement entre 20 et 50 Shore A : – bas = tendre et absorbant, – haut = ferme et précis.
Une gomme tendre absorbe mieux les vibrations, mais peut se tordre et perdre en précision. Une gomme dure soutient mieux la main, mais absorbe moins. Le vrai savoir‑faire, c’est de trouver le bon équilibre, et c’est exactement ce que OneUp a cherché à faire.
La Goldstone combine donc : – 20A sur la partie principale, Le diamètre passe de 29 à 33 mm selon les appuis, pour un diamètre maximal de 38 mm. . On reste donc sur une poignée fine, mais avec une gomme suffisamment tendre pour offrir du confort, de la déformation et un vrai soutien là où la main en a besoin. Ici, ce n’est pas l’épaisseur qui crée le confort, mais la qualité et la dureté de la gomme. – 45A sur la collerette extérieure, plus ferme et inclinée à 45°, pour rester stable, précise et efficace même quand on charge fort dans les appuis.
Cette combinaison n’est pas qu’un choix de fiche technique : c’est ce qui permet à la Goldstone d’être fine, confortable, stable et performante à la fois — un équilibre que peu de poignées fines réussissent à atteindre.
C’est avec ces cinq critères en tête que j’ai roulé les Goldstone. Et surtout, c’est en les enlevant qu’on comprend vraiment ce qu’elles apportent. On remet une paire “classique”, on repart rouler, et là… tout paraît plus sec, moins filtré, moins naturel. Le maintien devient approximatif, le confort recule, la précision se dilue. Le contraste est immédiat, presque brutal.
C’est exactement à ce moment‑là qu’on réalise que les Goldstone ne sont pas juste “intéressantes” : elles changent la donne. Un vrai game changer dans le poste de pilotage, du genre qu’on ne remarque pas tant qu’on les a… mais qu’on regrette dès qu’on les enlève.
Est-ce pratique ?!
Quand on se penche sur ce que OneUp raconte autour des Goldstone, on comprend vite que la marque n’a pas cherché à réinventer la poignée : elle a simplement pris tout ce qu’elle savait déjà faire… et poussé chaque qualité un cran plus loin pour répondre aux besoins d’un pilotage engagé. C’est du OneUp pur jus : pas de révolution tapageuse, mais une optimisation méthodique, pensée pour les riders qui roulent vite, fort et longtemps.
Dès le déballage, on voit que chaque côté est identifié gauche/droite. Simple, mais efficace : ça évite les erreurs de montage et ça confirme que la poignée n’est pas symétrique, donc pas anodine. Cela répond d’ailleurs à la question qu’on se posait en les découvrant : elles ne sont pas interchangeables, mais bien pensées pour un sens précis. En revanche, trouver la bonne inclinaison demande quelques essais. Les Goldstone manquent de repères visuels. Sur un cintre moderne où l’on règle tout au degré près, un marquage poignée/cintre ferait gagner du temps et éviterait les micro‑ajustements à répétition.
Pour le montage, il ne faut pas hésiter à sortir le maillet. Leur structure interne fortement conique est conçue pour limiter toute torsion une fois en place. Résultat : elles ne glissent pas, ne tournent pas, ne bougent pas… mais il faut les pousser franchement pour qu’elles viennent parfaitement en butée contre l’extrémité du cintre. Autre point important : par endroits, ce n’est pas le socle plastique mais directement la gomme qui vient en contact avec le cintre, ce qui renforce encore l’accroche et la stabilité une fois montées. C’est un montage un peu plus physique que la moyenne, mais qui garantit une tenue irréprochable.
Une fois en place, tout devient intuitif. Le renflement extérieur se trouve naturellement, sans chercher. Les lamelles tombent sous les doigts comme si elles avaient été moulées autour de la main. Le coussinet de paume ne demande aucune adaptation : on pose la main, et ça fonctionne immédiatement. Pas de période d’apprivoisement, pas de sensation bizarre, pas de “faut s’y faire”. On roule, et ça tombe juste.
Est-ce utile ?!
Revenir d’une fracture du scaphoïde, avec un poignet encore fragile mais toujours la même envie de rouler vite, ça change la manière d’aborder le poste de pilotage. Dans mon cas, les Goldstone ont clairement aidé à retrouver du confort et du contrôle. Mais attention : ce n’est pas une poignée “spéciale poignet fragile”. C’est même tout l’inverse. Cette période m’a surtout permis de comprendre à quel point leurs bénéfices parlent à tout le monde : au rider 100 % valide, au compétiteur qui cherche de la précision, comme à celui qui roule juste pour le plaisir. Plus de confort, plus de stabilité, plus de maintien… ce sont des gains universels.
Sous la paume : le coussinet qui change tout
Au premier roulage, je ne craignais pas la finesse en soi — j’aime les poignées fines — mais plutôt le manque de matière que cela implique souvent : moins de gomme, moins d’amorti, donc moins de confort sur la durée. À l’usage, les Goldstone montrent justement qu’on peut garder un diamètre fin tout en offrant un vrai soutien. Le coussinet sous la paume comble parfaitement le creux de la main, au point qu’on oublie complètement qu’on roule sur une poignée fine. La main se pose, se cale, et reste stable sans devoir serrer. Le filtrage des vibrations est réel, et sur les runs longs ou les terrains cassants, la différence est flagrante.
Sous les doigts : les lamelles qui verrouillent la position
Les lamelles d’accroche remplissent exactement la fonction annoncée : accroche, poigne, maintien. Elles guident la main, stabilisent les doigts, et donnent un contrôle immédiat quand il faut tirer sur le guidon ou verrouiller la position. Oui, la sensation est un peu étrange au début parce qu’elles sont nettement marquées… mais le gain est réel : moins de déplacements de main, plus de stabilité, et cette impression que les doigts tombent exactement là où ils doivent être.
Sous le pouce : la zone souple qui absorbe les contraintes
OneUp a carrément supprimé une partie de plastique sous le pouce. Résultat : plus de caoutchouc en contact direct avec le cintre, ce qui permet une déformation ciblée et contrôlée exactement là où la main encaisse le plus de contraintes. Cette zone plus souple offre un amorti supérieur, sans affaissement ni perte de précision. Ce n’est pas forcément évident au premier contact, mais dès qu’on repasse sur une poignée classique, on mesure immédiatement le bénéfice. Cette déformation intelligente soulage la zone, que l’on ait un poignet fragilisé… ou simplement une pratique engagée.
La collerette extérieure : un vrai outil de pilotage
Je doutais de son utilité, mais elle s’est révélée déterminante. La collerette offre un appui directionnel clair, sert de point d’ancrage dans les courbes et les compressions, et crée une barrière physique qui empêche la main de sortir du grip quand ça secoue. On peut même s’en servir pour relancer en s’appuyant dessus. Ce n’est pas un gadget : c’est un élément de pilotage à part entière.
Le grip global : accroche douce mais constante
Le relief légèrement molletonné, truffé de petites pointes en diamant, apporte un grip constant qui rassure sans jamais devenir agressif. On garde de la douceur dans la main, mais avec une accroche qui ne faiblit pas, même quand ça tape.
En revanche, pour les pilotes qui roulent sans gants, ce n’est clairement pas la configuration idéale. Lors de mes sorties, j’ai constaté que je transpirais rapidement au pédalage, et si on enchaîne directement avec la descente, cette humidité ne s’évacue pas aussi vite que sur d’autres poignées. Résultat : le grip devient moins homogène, au point que j’ai dû ressortir de vieilles techniques d’escalade — frotter les mains au sol pour les sécher, façon “talk naturel” — pour retrouver une accroche cohérente. Pour ceux qui aiment rouler à mains nues, ce n’est donc pas la meilleure solution.
Avec des gants, en revanche, les Goldstone révèlent tout leur potentiel : maintien parfait, accroche constante, et aucune gêne liée à l’humidité. C’est clairement dans cette configuration qu’elles donnent le meilleur d’elles‑mêmes.
Au final, chaque élément des Goldstone a une utilité concrète. Rien de théorique, rien de marketing : ça marche en roulant. Elles m’ont aidé à retrouver du confort et de la précision à un moment où mon poignet n’était pas au mieux… mais leur intérêt dépasse largement ce cas particulier.
Quelle durée de vie ?
Après un mois à les rouler quatre fois par semaine, avec en plus plusieurs sessions en bike‑park, les Goldstone commencent à montrer quelques signes d’usure sur les zones d’appui. Rien d’anormal, et surtout rien de rédhibitoire : c’est une usure logique, comparable à ce qu’on observe sur une poignée fine utilisée intensivement. Et surtout, on reste très loin de certaines poignées concurrentes qui, après une seule journée de bike‑park, affichent déjà des marques nettes, des lamelles arrachées ou un lustrage prononcé.
Le design global tient bien : les lamelles restent suffisamment épaisses, le coussinet de paume ne s’écrase pas et ne se déchire pas, et la structure générale ne montre aucune faiblesse particulière.
Le seul point sensible reste la version blanche, qui marque plus vite et demande un entretien plus régulier. Rien de surprenant : le blanc est toujours plus difficile à garder propre, et les traces reviennent plus facilement. À noter que les Goldstone sont disponibles en cinq couleurs — vert foncé, marron, bordeaux, noir et blanc — et que ce comportement plus salissant concerne uniquement cette dernière.
Au final, la Goldstone est une poignée qui s’use normalement, ni plus ni moins. Pas d’usure prématurée, pas de mauvaise surprise, et une tenue largement satisfaisante pour une poignée fine orientée performance. Il faudra évidemment plus de temps, de boue et de lavages pour juger de la longévité totale, mais pour l’instant, tout est dans la norme — voire mieux que la moyenne.
Ce qui peut progresser ?
Le principal manque, c’est l’absence de repères de position. Pour une poignée aussi sensible au réglage, c’est vraiment dommage. Un simple marquage poignée/cintre faciliterait grandement l’installation, surtout lors des premiers roulages, quand on teste différentes orientations, ou lorsqu’on change de cintre : retrouver le bon angle serait bien plus rapide. Idéalement, il faudrait même un double marquage — sur la poignée et sur le cintre — pour garantir un alignement précis. Mais on imagine bien la difficulté, pour les industriels, de proposer des repères ultra fiables et parfaitement cohérents d’une série à l’autre. Faute de mieux, j’ai ressorti la méthode classique : règle + marqueur blanc, histoire de créer mes propres repères et d’éviter les micro‑ajustements interminables.
On pourrait aussi imaginer, à terme, plusieurs épaisseurs de coussinet de paume, puisque ce renfort joue un rôle clé dans le confort sans augmenter le diamètre. Une version plus épaisse, ou au contraire plus ferme, permettrait d’affiner encore l’adaptation au style de pilotage de chacun.
De la même manière, on pourrait envisager de petites lamelles verticales entre les lamelles horizontales, pour offrir un repère encore plus franc sous les doigts et renforcer l’ancrage dans les sections rapides ou défoncées.
D’ailleurs, OneUp m’a confirmé que plusieurs designs et densités de gomme ont été étudiés durant le développement. Mais la décision finale est revenue à Jackson, qui a validé la version actuelle. Et honnêtement… difficile de contredire un champion du monde quand il s’agit de feeling au guidon.
Vis-à-vis de la concurrence ?
Face aux poignées fines classiques — RENTHAL, BURGTEC, Ergon, ou même les anciens modèles OneUp — les Goldstone se distinguent par une approche ergonomique clairement orientée racing. Là où la plupart des concurrentes misent sur la simplicité (diamètre fin, gomme dense, relief discret), OneUp propose un ensemble beaucoup plus abouti : renflement extérieur + coussinet de paume + lamelles marquées. Ce trio n’a pas vraiment d’équivalent direct sur le marché.
Les autres poignées fines cherchent surtout à rester compactes et légères, mais elles filtrent moins, soutiennent moins, et demandent souvent plus de tension dans la main. Les Goldstone, elles, parviennent à réduire la fatigue, stabiliser la main et améliorer le contrôle, sans passer par un diamètre plus généreux ni par une plateforme ergonomique imposante.
Face à la concurrence directe, les Goldstone sont déjà bien positionnées. Mais il y a un autre match : celui des poignées ergonomiques. Et là, la comparaison tourne vite à l’avantage de OneUp. La plupart des modèles du marché reposent encore sur des formes coniques ou des plateformes un peu datées. À côté des coussins de paume, collerettes travaillées et autres éléments clés des Goldstone, beaucoup paraissent tout simplement ringardisées. La Goldstone apporte une telle débauche de bonnes idées qu’elle redéfinit presque ce qu’on attend d’une poignée fine orientée performance.
Est-ce que ça les vaut ?
Et ce qui surprend, c’est le prix. Quand on regarde le marché : – Ergon : 49,95 € – Renthal : 27,90 € – Burgtec : ~24 € – OneUp Goldstone : 29,99 €
Les Goldstone se placent donc en plein dans la moyenne, voire en dessous de certaines références premium. Et à ce tarif, on n’a pas l’impression de se faire essorer pour payer les royalties de Jackson Goldstone — ce qui, ailleurs, arrive parfois dès qu’un nom prestigieux est associé à un produit. Ici, le prix reste cohérent, presque surprenant, au vu du niveau de conception, du travail sur les densités de gomme et de l’approche ergonomique.
Pour les pratiquants qui veulent un grip fin mais réellement performant, sans sacrifier le confort, l’investissement est clairement justifié. Bien pensée, bien finie, et vraiment efficace sur le terrain, la Goldstone a toute sa place sur un cockpit moderne.
Et puis, soyons honnêtes : rouler avec ces poignées, c’est aussi avoir un petit morceau du setup de Jackson. Ce clin d’œil “champion du monde” fait sourire… et encore plus quand on réalise que, même pour nous, riders du dimanche, ça fonctionne vraiment.
