Certains en ont déjà probablement entendu parlé, notamment via les réseaux sociaux, mais c’est désormais officiel : une nouvelle marque voit le jour. C’est Prime qui fait son arrivée dans le monde du VTT, et ce, sans demi-mesure…
Ses origines, son géniteur, les codes esthétiques, les choix techniques, les modèles, la gamme… pleins de domaines derrière lesquels se cachent des données qui laissent penser que ça part du bon pied ! Pour s’en convaincre, on jette un oeil acéré à tous ces détails ensemble…
Aux origines…
Au commencement, il y a un homme ! De ceux que l’on considère de l’ombre, mais qui oeuvre depuis déjà bien longtemps dans le milieu. C’est Peter Siulczynski, celui qui a créé, détenait et gérait le team de DH Gravity Group dans les années 2000. Pendant 2 ans, il était donc le chef d’orchestre pour Sam Blenkinsop, Filip Polc, Lorenzo Suding et Leiv-Ove Nordmark avant que l’aventure ne s’arrête suite à la crise financière de 2008… Déjà, jusque là, ce n’est pas rien !
Depuis, il a refait surface en 2014 avec la ferme envie de créer ses propres cadres, de DH puis d’Enduro. Ceux-là même qui lui ont fait défaut par le passé, autour de 2010, lorsqu’il a fallut convaincre des marques pour relancer une équipe en compétition. Sans même le savoir, c’était certainement les premières heures de Prime, cette nouvelle marque polonaise qui est aujourd’hui au coeur de cette présentation !
Des collaborations de choix
Mais pour en arriver là, il y a eu du chemin de fait ! Un choix qui s’est d’abord porté sur le 27,5, avant que la tendance ne bascule vers le 29 pouces. Un moment charnière, où les premières idées ont du rester en suspens, le temps que tout le monde s’accorde. Et surtout, pour l’anecdote, que la Fox 40 soit dévoilée en 29 pouces. À ce moment là, elle était la clé de voûte du premier vélo Prime, le DH.
Aussi, c’est un parcours ponctué par le travail d’autres figures bien connues du milieu. Notamment lorsqu’il est question de poser tout ça sur le papier. Après s’être associé à Mondraker, Intense, UNNO et bien d’autres, c’est Cero Design qui est chargé de la conception pour Prime. De cette collaboration naissent 2 prototypes, un Enduro et un DH, aux multiples réglages – offset, angleset et points d’ancrage – pour faire varier et choisir la géométrie / cinématique finale :
Après de longs essais terrain et la validation des différents paramètres, c’est VIP Composites qui est en charge de leur fabrication et de leur production tout en carbone. Encore une fois, on retrouve un acteur majeur du milieu, en Chine, qui travaille étroitement avec bon nombre de fabricants de cadres en carbone.
Les bases sont posées ! Prime est transparent sur ses origines et ses sous-traitants. Ça ne sort pas du cadre commun et habituel et Prime n’innove pas forcément jusque là mais ça inspire forcément confiance, par habitude. Ça part donc d’un bon pied, pour présenter d’un coup 2 vélos…
Prime Thunderflash
- Vélo d’Enduro
- 29 pouces
- 170/165 mm AV/AR
- Cadre Full carbon
- Cinématique point de pivot virtuel
- Reach 480 mm (taille L) & offset 44 mm
- 5 modèles, 2 coloris, 3 tailles (M, L et XL) + kit cadre
- de 4 999 à 8 999 €
- Garantie à vie + Crash remplacement
- Disponibilité mai 2021, kit cadre en 2022
- Fiche technique sur primebicycles.com/
Prime Thunderflash, l’Enduro
Le premier que l’on présente aujourd’hui, leur Enduro : le Prime Thunderflash. Il instaure les codes esthétiques de Prime, mais pas que :
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Entre rondeur et lignes plus anguleuses, ça colle à ce que beaucoup de marques font ces derniers temps : c’est dans l’air du temps ! La section des tubes aussi : presque carrée et massif pour le downtube et plat et plus affiné pour le toptube. Là aussi c’est tendance. Puis c’est homogène, dans le prolongement, dans la continuité… Les lignes du triangle avant correspondent au triangle arrière : le hauban est dans l’alignement du toptube. C’est fluide ! À première vue, l’esthétique compte chez Prime. C’est visuellement soigné et travaillé… Même si le tube de selle nous rappelle fortement celui d’un Canyon Sender, et la biellette, celle des anciens Spectral… Justement, cette biellette n’est pas la seule… On en retrouve une seconde qui traverse le triangle avant pour s’ancrer sur le point de fixation bas de l’amortisseur. Les 2 sont en carbone et se fixe au triangle arrière, indépendant. Le Prime Thunderflash fait donc usage d’une cinématique à point de pivot virtuel. Avec un ratio et une progressivité communs : un ratio à peine au dessus des 3 au départ, et à 2,3 en fin de course, soit 26% de progressivité. Ça reste dans ce que l’on a l’habitude de voir ailleurs. Coté antisquat aussi : au dessus des 140% en début de course – comme un Orbea Rallon -, jusqu’au SAG, pour diminuer dans le débattement pour limiter le kickback. Puis, pour parachever sa modernité, le Prime Thunderflash affiche une géométrie clairement dans l’air du temps… En taille L : reach à 480 mm, un angle de direction à 64°, d’assise à plus de 77°, un offset de fourche court… En somme ce que l’on retrouve dernièrement sur les modèles d’Enduro !
Sur le papier, les détails du Prime Thunderflash respectent les coutumes des bons cadres en carbone du moment :
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Déjà, le passage interne des câbles et durites est entièrement guidé ! Les platines d’entrée sont intégrées au « bumper » qui est sous le tube-diagonal et sont interchangeables pour adapter à la configuration des câbles. Les protections sont aussi nombreuses : sous le tube diagonal assez droit pour éviter l’impact du té de fourche, au boitier, sur le hauban… … et probablement la plus indispensable : la protection des bases ,à coussinets, comme c’est à la mode ces derniers temps. On retrouve aussi un garde boue intégré. Moins visible, les roulements sont doublés côté transmission pour diviser les efforts et optimiser leur durée de vie. Prime va même jusqu’à mettre des joints sous les têtes des vis de serrage pour étanchéifier un petit peu plus les articulations. Comme Canyon, ou Specialized le font… Et bien sûr, l’incontournable espace pour laisser place à un porte bidon et son bidon !
Ce premier coup d’oeil au Prime Thunderflash nous montre que pour une arrivée en tant que nouvelle marque, Prime n’y va pas de main morte. Jusque là, le Thunderflash a de quoi interpeller. Notamment, avec un degré de finition qu’on retrouve habituellement chez les grands noms comme Canyon, Specialized, Santa Cruz, Trek… Et la gamme du Thunderflash pourrait nous en convaincre un petit peu plus…
La gamme
Cette première gamme du Prime Thunderflash est déjà bien étoffée avec 5 modèles, tous disponibles en 2 coloris. Mais il suffit de jeter un oeil aux specs – SRAM XX1 AXS, Enve M730, Fox Factory… – pour s’apercevoir que les 3 modèles les plus hauts de gamme paraissent presque superflus tant le montage des 2 autres semblent largement suffisant, surtout compte tenu des prix :
Prime Rocket
- Vélo de Descente
- 29 pouces
- 200/195 mm AV/AR
- Cadre Full carbon
- Cinématique point de pivot virtuel
- Reach 475 mm (taille L) & offset 52 mm
- 4 modèles, 2 coloris, 3 tailles (M, L et XL) + kit cadre
- de 5 299 à 8 499 €
- Garantie à vie + Crash remplacement
- Disponibilité mai 2021, kit cadre en 2022
- Fiche technique sur primebicycles.com/
Prime Rocket, le DH
Le second, c’est leur modèle de DH : le Prime Rocket. Et il est de la même trempe que son homologue d’Enduro :
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Les lignes du Rocket sont proches de celles du Thunderflash… au point qu’on pourrait même croire que c’est le même cadre. Mais non ! La finition « éclaboussures » aussi. La section des tubes, le boitier au pied de l’amortisseur, la biellette et la forme du tube de selle aussi. Le système de suspension est identique… …seulement adapté pour la DH : avec un ratio de départ plus haut, de ce qui se fait de plus élevé en la matière, ou presque, soit autour de 3,5 pour fortement chuter dans le débattement ensuite, jusqu’à 2,1. La progressivité est de 40%. En terme de géométrie, le Prime Rocket est dans l’air du temps. Avec des dimensions qu’on prête aux vélos de Descente modernes : reach à 475 mm, bases de 450 mm, angle de direction de 63,5°, un boitier perché à 350 mm… Par contre il n’offre pas d’ajustement : aucun offset, aucun angleset ! Et enfin, les détails sont similaires au Thunderflash : passage interne guidé, protection du cadre, roulements doublés, joints d’étanchéité, etc. Si le Rocket reprend le Thunderflash sous bien des angles, il s’en distingue. Notamment par cette tige de selle. Elle est estampillée Prime. Comme le font pas mal de grandes marques en produisant sous leur propre nom certains composants. En plus, celle-ci est spécifique au Rocket et est garantie à vie !
Ce Prime Rocket enfonce donc le clou ! Déjà, et c’est un très bon point de départ : Rocket et Thunderflash se ressemblent, au point de pouvoir les confondre. Ils respectent les mêmes codes esthétiques et dévoilent ainsi l’identité de Prime. Puis, sur le papier et sur tous les plans, le Rocket flirte lui aussi avec le haut du panier et sa gamme continue de le confirmer, à l’image de son petit frère…
La gamme
Là aussi, la gamme du Prime Rocket est déjà large avec 4 modèles et 2 coloris, surtout pour une gamme de vélo de Descente, souvent plus rétrécie que celles des vélos d’Enduro. Et cette fois encore, les 2 premiers niveaux de gamme pourraient suffire tant les montages sont cohérents et satisfaisants :
Qu’en penser !?
Finalement, Prime met les pieds dans le plat ! Première apparition et déjà 2 modèles alléchants au catalogue, sous des airs modernes en plus, qu’on ne retrouve habituellement que chez les grands noms du milieu… Comme si Prime voulait, à son tour, faire sa place dans la cour des grands ! Et, sous bien des angles, cette petite nouvelle met tout de son côté pour réussir : identité de marque affirmée, large étendue de la gamme, placement prix judicieux, choix de sous-traitants réputés, détails techniques épurés et haut de gamme… Jusque là tout joue en sa faveur !
Reste que, de notre côté, on est curieux et on a hâte de voir ce que ça vaut sur le terrain, autant pour le Rocket que le Thunderflash : comportement, rigidité, raideur, dynamisme, confort, suspensions, stabilité… Et aussi, de voir si Prime va réussir son entrée en scène, surtout dans cette période de crise que connait le milieu du VTT. Ce qui ne fait d’ailleurs que renforcer l’idée que Prime voit grand et aurait les épaules et les ambitions pour faire sa place malgré le contexte…