Nouveauté – La RockShox ZEB !

Sans même connaitre le produit, son nom fait des ravages, c’est sûr ! ZEB, chez nous, les francophones : ça cause, ça fait sourire, ça fait rire… Mais elle, la nouvelle fourche RockShox ZEB, n’est pas là pour ça, à l’origine. Aussi tendancieux que cela puisse paraître, elle tient son nom, comme la Pike, du mythique sommet Pikes Peak. Découvert par Zebulon Montgomery Pike, cette montagne a d’abord inspiré RockShox pour la Pike et continue pour cette nouvelle ZEB…ulon ! Le siège de la marque y est aussi niché au pied, à Colorado Springs.

Pour l’instant nous n’en sommes pas à se la mesurer. Notamment face à sa potentielle concurrente, la Fox 38, avec qui la ZEB constitue une nouvelle génération de fourche encore incomprise, ou du moins, pas tout à fait cernée… Ça viendra, mais parlons plutôt d’elle, de son histoire, de sa conception et de sa raison d’être au sein de la gamme RockShox ! Allez, je vous vois venir, impatient comme vous êtes : Bon ça vient ou bien !? Tu nous la montres ta ZEB ? Allez, feu !

 


Temps de lecture estimé : 6 minutes


 

 

L’historique RockShox…

Depuis quelques temps, les Lyrik ne cessent d’évoluer. D’abord avec l’arrivée du DebonAir, de ses évolutions, puis de son dernier upgrade sorti récemmentMais alors pourquoi parler de Lyrik lorsqu’il s’agit de présenter la ZEB ?

Justement, comprendre cet historique pourrait certainement nous permettre de comprendre la raison d’être de cette nouvelle RockShox ZEB. En effet on relève une certaine logique entre les différentes générations de Lyrik. Pour saisir, il faut en disséquer les courbes de force et de raideur dont on explique toute l’utilité dans un chapitre des Didactiques Endurotribe. En 3 fourches, en jouant des volumes des chambres positive/négative et de l’équilibrage entre elles, une tendance claire se dégage :

Ce qui nous amène donc, après cette analyse, à se poser une question : la RockShox ZEB suit-elle la même logique, la même tendance ? Emboite-t-elle le pas aux Lyrik ? Et si oui, comment s’y prend-elle ? C’est ce que nous allons aborder après avoir découvert quelques détails de conception…

 

 

[divider]RockShox ZEB[/divider]

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  • Destiné à l’Enduro
  • Pour roues de 27,5 et 29 pouces
  • Débattement 160 à 190mm
  • Plongeurs Ø38mm
  • Offset 38mm (27,5″), 44mm (27,5″ et 29″)
  • Axe Boost 110×15

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[column size=one_half position=last ]

  • 587mm (29″, 170mm), +5mm VS Lyrik
  • Ultimate, Select+, Select, R & Dual
  • Dispo juillet 2020, de 869€ à 1089€
  • Pesée à 2,23kg (29″, 170mm, pivot 17cm)
  • Fiche produit sur www.rockshox.com

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La nouvelle ZEB

Le diable est dans les détails ! Au premier coup d’oeil et selon les rumeurs, cette nouvelle RockShox ZEB évolue un peu comme sa concurrente de chez Fox, la 38… mais pas que :

 

[toggler title= »Casting : té, plongeurs et fourreaux » ]

Ici, la RockShox ZEB s’affiche plus massive qu’une Lyrik :

 

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[toggler title= »DebonAir et volume des chambres » ]

Avec ses plongueurs de 38mm, La RockShox ZEB conserve un piston DebonAir qui coulisse directement à l’intérieur du plongeur, mais cette fois, d’un diamètre plus important. Ainsi, le volume des chambres, positives et négatives, augmente. De quoi offrir un comportement différent dans le débattement…

 

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[toggler title= »Cartouche, axe, fixation de frein, de durite… » ]

Quelques petites optimisations font leur apparition quand d’autres détails restent inchangés :

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Donc, à première vue, le peu d’évolutions porte à croire qu’il est surtout question de rigidité du châssis. Qu’on tient déjà la raison d’être de cette nouvelle ZEB. Mais il suffit, encore une fois, de plonger le nez dans les courbes pour s’apercevoir que sa raison d’être n’est peut-être pas seulement celle que l’on pense au premier coup d’oeil…

 

 

 

À quoi bon ?

RockShox arrivait à un point où en terme de conception les ingénieurs devaient composer dans un espace trop réduit, celui de la Lyrik. Ils plafonnaient, ils arrivaient au bout, à la fin d’une époque, d’un cycle, d’un concept…

Et cet upsizing permet de repartir dans une nouvelle phase de développement, s’ouvrir un nouveau champs des possibles… L’augmentation du volume des chambres pneumatiques permet ainsi de faire évoluer les courbes de force et de raideur de la ZEB vis-à-vis des Lyrik, dont on parlait en préambule :

En fait, cette conception ne vise pas uniquement à rigidifier un châssis pour gagner en précision mais aussi à libérer la conception en matière de volume pour continuer à faire progresser le fonctionnement : à gagner en linéarité. Sa raison d’être est alors double ! Du coup, comment peut-on la considérer sur le terrain ? Qu’apporte-t-elle vraiment de plus ?…

La RockShox ZEB s’affiche donc dans la continuité de ce que RockShox a initié avec les différentes versions de Lyrik, même si elles joueront désormais dans des cours différentes… En effet, maintenant Pike, Lyrik et ZEB se partagent les débattements allant de 130 à 190mm, l’organisation de la gamme est revue et laisse entrevoir un découpage différent selon les usages :

  • Pike : 130 & 140mm
  • Lyrik : 150 & 160mm
  • ZEB : 160 à 190mm

 

 

Qu’en penser !?

Même si à première vue, les dimensions de la ZEB et de la 38 portent à croire qu’elles se rejoignent, leurs évolutions intrinsèques les éloignent plus qu’autre chose… Déjà visuellement, les rondeurs de la 38 s’opposent aux angles plus affirmés de la ZEB, à croire que la tendance s’est inversée depuis le duel Lyrik/36… Puis aussi sous un angle plus technique : quand Fox diminue le volume de la chambre positive, RockShox l’augmente, l’axe Fox progresse, le Maxle reste, le pivot elliptique de la Fox s’oppose au plus classique de la ZEB…

Bref ! Deux approches qui, à cet instant, paraissent différentes sur le papier… mais qui pourraient, finalement, après un historique d’évolutions probablement antinomique, se rapprocherFox 38 et RockShox ZEB, seraient-elles comparables ? Ça reste à confirmer !

Pour le moment, les premiers roulages confirment un gain de rigidité perceptible et un fonctionnement qui évolue encore sensiblement par rapport à la Lyrik et la mise à jour DebonAir du printemps. Ça s’avère d’ailleurs : parfois contraignant, parfois intéressant… L’essai comparatif s’impose donc, et des questions méritent réponse : qu’en est-il vraiment de ce gain de rigidité ? A-t-il véritablement du sens ? Retrouve-t-on sur le terrain ce que les courbes promettent ? Est-ce sensible ? Et si oui, à qui s’adresse finalement cette nouvelle génération de fourche ?! Tout ça, c’est pour bientôt, dans nos colonnes… 😉

 

 

La gamme de RockShox ZEB 2021

Rédacteur Testeur
  1. Lol<pendant des années les constructeurs nous ont bassiné avec la progressivité et les tokens, et maintenant on en revient à la linéarité que ce soit pour l’arrière avec les amorto à ressort métal et pour l'avant aussi semble t'il.

    1. Effectivement, mais attention à ne pas aller trop vite en besogne > Pouvoir jouer des token pour ajuster son matériel à son vélo, son style, son état de forme et/ou le terrain est a un intérêt en soit et a constitué un progrès. Il est toujours valable. Ça ne doit pas pour autant empêcher les marques de continuer à faire progresser leur matos, y compris les effets secondaires indésirables de ce concept. (fort rebond des anciennes Lyrik quand on prend beaucoup de débattement)
      Pour info, les courbes données ici sont pour 0 token, mais on peut toujours en mettre plusieurs. Dans tous les cas, même blindée de Token, la ZEB reste globalement moins violente en fin de course que les anciennes Lyrik. On décale donc simplement le spectre, et c’est une nouvelle fois permis par les volumes différents des plongueurs !

  2. C’était pas mal pourtant la Pike en 160mm, efficace et léger.
    Le poids n’est plus du tout dans le cahier des charges ! Influence du VAE ?

    1. Si on échafaude l’idée qu’avec des VTT traditionnels plus lourd, on a de moins en moins de bonne raison de ne pas acheter de VAE, pourquoi pas… Mais c’est ignorer un pan entier de la réalité du terrain > le niveau de performance qui continue de grimper. Les vélos actuels sont effectivement plus lourds, mais ils fonctionnent aussi de mieux en mieux, sans ressembler en quoi que ce soit à des VAE.
      D’un autre côté, on a toujours en tête les poids des vélos d’il y a 2, 3, 4, 5 ans… Mais n’oublions pas qu’à cette époque, on se plaignait facilement : des pneus de première monte à changer d’office, des freins qui chauffaient, des roues qu’on détruisaient facilement, des transmissions qui manquaient de rapports, et de suspensions qui saturaient. Ça a quand même bien progressé depuis, et il n’y a pas de miracle : ça se fait d’abord en utilisant intelligemment un peu plus de matière. C’est une étape qui permet de valider des acquis avant de travailler à nouveau à conserver tout ça en baissant le poids.

      1. Oui et non, mon RubixKub Stereo 150 29P fait 3 kilos de moins que la moyennes des vélos enduro de mes pôtes, et je n’ai pas encore réussi à le fragmenter, (c’est pas faute d’essayer). Et c’est un vélo de 2019…
        Le gain de poids m’a fait progresser et m’economiser, je m’amuse autant en enduro pur (voir en station) que sur du All Mountain engagé et un peu long à la Tito. Bref, ou est le progrès ? On criait au Loup il y a 3 ou 4 ans si le vélo dépassait les 14kg, et maintenant on n’a rien sous les 16kg.

        1. Rien du tout ? Sous les 16 kg ? Le Transition sentinel que je viens de finir d’essayer pèse 14,3kg en taille L, tout équipé. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Il ne faut pas généraliser à ce point 😉

  3. Montée sur vttae d’enduro avec 160/170 de débattement, un gros disque de 220 et des gros pneus en 2,6 , elles feront bien mieux le job .

  4. Salut la Team et les internautes !
    Il fallait s’y attendre et on l’attendait!
    Une bonne grosse fourche d’enduro pour des sports de bâtards, une bonne grosse fourche pour le freeride, le bike park, le vttae aussi… a chaque fourche son utilisation, rien de choquant.
    Rockshox a encore une longueur d’avance en rapport qualité prix face à son principal concurrent.
    Il faut juste trouver chaussure à son pied.
    Bon Ride !

  5. Perso je suis pleinement satisfait (grip, confort) de ma 36 RC2 de 2018 sur mon 29. En aucun cas je ne ressens un manque de rigidité, autant sur mon ancien velo avec une pike en 160 sur un 27.5 sur les gros freinage je sentais la fourche se tordre de rire.
    Bref je ne me sens pas trop concerné par l’arrivée de ces nouvelles fourches en 38.
    A voir…

  6. Pour mon vttae, le gros avantage de la Zerb par rapport à la Fox 38, c’est qu’elle existe en « dual position » (150mm pour limiter le cabrage en montée et 180mm en descente)…et aussi qu’elle coûte 2 fois moins chère (800€ au lieu de 1600…)!
    Donc je l’ai commandée 🙂

  7. Une fois de plus article bien étayé, par contre plusieurs points m’intrigue.
    Les courbes !!! Elles ne vont pas plus loin que 160 mm, hors la ZEB va jusqu’à 190 mm
    donc quel est l’intérêt de nous léser du reste de la courbe?
    Ok on peut comparer la courbe avec celle de la LYRIK qui va s’arrêter à 160 mais c’est la ZEB qui nous intéresse, la LYRIK nous importe peu.
    Que se passe t’il sur la ZEB après 160 mm et jusqu’à 190 mm?
    En plus les courbes d’après les propos sont avec 0 token et c’est bien dommage car on sait bien ( pas forcément tous) qu’en rajoutant des token on creuse la courbe à mi course et adieux la linéarité … donc il manque des données …
    D’ailleurs j’ai vu plusieurs fois que le terme linéarité était utilisé pour le plus de cette ZEB mais moi au vu des courbes je vois plus qu’elle rampe moins en pression se qui n’est pas la même chose.
    Enfin elle rampe autant que la LYRIK et son upgrade MY21 qui d’ailleurs n’est pas terrible car d’après des retours de rider ( et le mien) et bien la fourche ne reste haute que sur le plat et avec sa chambre négative plus petite la sensibilité sur les petits chocs est en retrait par rapport au millésime précédent.
    D’ailleurs la courbe le montre, ça rampe, LYRIK et ZEB et après on a presque l’électro cardiogramme d’un DEAD.
    La courbe de la ZEB suit celle de LYRIK upgrade MY21 donc loin d’être top.
    Parce que honnêtement sur une des courbes et jusqu’à 160 mm il n’y a pas grosse différence entre la LYRIK upgrade DEBONAIR MY21 et la ZEB , bon ok sur la fin la LYRIK rampe plus mais ça c’est des chiffres et ça ne nous dit pas le ressenti terrain.
    Donc nous dire que l’on est arrivé au bout avec la LYRIK et bien j’ai un doute puisque que l’on arrivait à faire presque se que fait la ZEB jusqu’à 160.

    1. J’essaye de te répondre, si je t’ai bien suivi…
      En effet, toutes les courbes s’arrêtent à 160mm pour comparer du comparable. Une ZEB 190mm garde la même allure de courbe sur son débattement puisque le piston (donc le volume des chambres) évolue en conséquence 😉
      Pour la même raison, les courbes sont montrées sans token. Libre à chacun d’en jouer ensuite pour les faire évoluer comme on le souhaite, mais sachant qu’ils sont identiques entre une ZEB et une Lyrik, cela permet une base de comparaison saine et fiable.
      Reste que le comportement est tout de même différent d’une Lyrik puisque les courbes ne sont pas strictement identiques et le terrain le confirme… mais ça c’est pour plus tard 😉

      1. Merci pour ton retour.
        Comparer du comparable ok mais justement depuis quand la LYRIK s’arrêtait à 160 mm?
        Il y avait moyen de montrer l »évolution sur les deux fourches jusqu’à 180 mm donc je ne comprend toujours pas le truc des 160 mm.
        Quitte à montrer des courbes autant aller jusqu’au bout, moi je ne comprend pas le principe …
        D’ailleurs qui est à l’origine de ces courbes?
        Pareil pour les token, ok chacun fait ce qu’il lui plait mais justement techniquement il y a pour moi un intérêt à savoir si il faut plus de pression et une hydraulique light ou bien du token pour modifier la progressivité sans trop pourrir la linéarité.
        Encore une fois le marketing passe avant la technique, qu’on nous dise alors: c’est mieux qu’avant et puis basta pas de courbe…
        Perso ainsi que d’autres rider la LYRIK ou YARI avec upgrade MY21 et donc également la ZEB ( courbe idem) c’est bof bof quand tu es dans la pente et que tu reprend une forte compression , le maintien est trop light
        Au vu de ton commentaire j’en déduis qu’un article LYRIK VS ZEB est à venir…

        1. Justement que ce soit en 160 ou en 180mm c’est pareil : l’allure des courbes restent la même puisque les volumes des chambres évoluent en conséquence 😉
          L’ajout de token fait varier les 2 derniers tiers de la courbe. Comme il faut une base de comparaison, nous avons décidé de le faire sans token, mais la comparaison aurait aussi été possible avec 1, 2 ou 3 tokens du moment qu’on en met le même nombre dans chaque fourches affichées.
          Ces courbes sont là à titre de comparaison entre Lyrik et ZEB : effectivement, elles peuvent aussi servir à connaitre l’influence des réglages, mais elles n’ont pas cette vocation dans cet article 😉

  8. j’aimerai savoir quelles sont les differences entre les degres de finition car comme d’habitude sur le site de la marque il n’y a pas d’info.

    1. C’est effectivement pas évident d’avoir une vue d’ensemble de toute la gamme sur le Site RockShox. Tout semble fait pour orienter vers certains modèles. On vient d’ajouter les pages de catalogue dont on dispose, en fin d’article. Ça permet de les conculter à la suite et comparer plus facilement d’un modèle à l’autre, y compris ceux dédiés aux e-bikes 😉

  9. La Zeb est prévue d’origine pour un montage de disque de 200mm minimum. Comment ça se passe pour monter des freins XT en 203? Il va y avoir un adaptateur de 3 mm?

  10. Bonjour,
    quelle est la difference entre une Zeb select debon air et une debon air select avec la mention E-MTB ? Qu’est ce qui change dans la fourche ou dans les settings ?
    D’avance merci !
    Antoine

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