Marine Cabirou à nouveau blessée au dos…

Il y a des articles qui sont moins faciles que d’autres à lire/écrire. Celui-ci en fait partie. Après une saison 2021 compliquée, et un hiver à se remettre sur pied, Marine Cabirou s’est à nouveau blessée en compétition. C’était ce week-end à Leogang, et le diagnostic l’éloigne à nouveau des pistes pour quelques temps…

Ceux qui l’ont vêcu dans les conditions du direct l’ont bien vu ! Pour la course de ce samedi, Marine Cabirou s’était qualifiée troisième, et première française. Son allure, l’engagement, et la vitesse qu’elle mettait sur le début de ce run final étaient d’un bon acabit. De ceux qui pouvaient faire penser qu’elle était sur le retour. Elle qui, à plusieurs reprises l’an passé et cet hiver, avait dû composer avec les blessures. Elle et son entourage s’étaient d’ailleurs longuement confiés à ce sujet sur FullAttack, livrant un sujet au plus près de ce que la convalescence d’une athlète peut constituer…

Oui mais… Il aura suffit d’un champ de racines sèchantes, mais encore diablement glissantes, pour tout compliquer. Dans les souches de Leogang, passage délicat qui précède le motorway, et toujours à l’origine de chutes spectaculaires. Cette même section que Flo Letondeur, dans le Debrief’ FullAttack, pointe notamment pour juger de l’état, et de l’avenir, de la piste, vis-à-vis de la sécurité des pilotes. Cette année, les trous s’y sont très, très largement creusés. C’est dans l’un d’eux, puis le suivant, que Marine s’est fait piégée, est tombée…

Sur le moment, la Française a mis quelques secondes à se relever. Mais malgré tout, elle a repris la piste, lentement. On a donc d’abord pensé à plus de peur que de mal. On se disait même qu’après avoir failli chuter sur les sauts suivants, l’an passé, elle était encore passé près à quelques mètres de là. Ce n’est que ce dimanche, après des examens plus poussés, que Marine a donné de ses nouvelles via les réseaux sociaux…

Le bilan est malheureusement proche de ce qu’elle a déjà enduré ces derniers mois. Vertèbres T3, T4 et T5 fracturées. Marine Cabirou compte donc désormais sur le staff bien en place autour d’elle, pour approfondir les analyses, et une nouvelle fois, mettre le protocole de convalescence ad-hoc en place. Souhaitons lui, à elle et toute l’équipe qui l’entour, le même succès que par le passé.

Rédac'Chef Adjoint
  1. Ce serait intéressant qu’un jour un journaliste ose percer ce tabou de l’efficacité des dorsales ou du non usage de celles-ci de la part de certains compétiteurs…

    1. On peut déjà préciser que les dorsales ne garantissent pas l’absence totale de blessure en cas de chute. Elles visent d’abord à diminuer l’intensité de l’impact. Ensuite, elles ne protègent qu’en cas de choc « direct ». Ici, on n’en a pas la précision, mais parfois, les blessures interviennent par compression, parce que la flexion ou le tassement a été trop importante à un moment donné. Et ça, les dorsales n’y peuvent rien.

      1. On ne fait pas de la magie avec une dorsale c’est évident, par contre tout est devenu normé: NF puis maintenant CE, répondant à un cahier des charges exigeant. Les produits ont évolué techniquement avec des gels et des approches ergonomiques optimisées. La chute de Marine n’a rien d’exceptionnelle, on n’est pas à la Rampage, et elle passe pas loin de la correctionnelle… On ne joue pas au pingpong, ok, mais si les protections ne servent qu’à éviter de rayer la carrosserie… Je pense qu’il serait intéressant de se pencher sur les différents choix techniques proposés par les fabricants et de les confronter au recensement des cas de conséquences sévères: quelle marque porte Marine Cabirou, que portait Cécile Ravanel lors de sa blessure, pareil pour Pierron, et les cas de fractures de vertèbres ne sont pas rares. Il serait intéressant de savoir avant un achat, si le produit est juste très habillé par du marketing ou s’il est plus efficace…

        1. On s’est justement penché sur les normes, dossier à lire sur FullAttack à ce sujet 😉 Paragraphe dédié aux dorsales : Norme EN 1621-2, niveau 1, l’impact résiduel doit être limité à 18kN, avec pic à 24kN. Niveau 2, Impact résiduel sous les 9kN. Dans tous les cas, c’est au dessus du consensus du corps médical qui estime à 4kN, l’intensité suffisante pour engendrer les premières lésions. Ces niveaux sont indiqués sur les étiquettes de chaque produit disponible sur le marché CE. C’est une obligation à laquelle doit veiller la répression des fraudes chez nous. Ces informations ne sont donc pas ultra facile d’accès, mais on est informé 😉

          > https://fullattack.cc/enquete-securite-et-protections-les-normes-qui-nous-protegent/

          1. Merci pour cette réponse claire et précise, mais c’est un peu comme les labels qualité dans l’agroalimentaire: entre le bio qui vient de l’autre bout du monde, le producteur local qui n’a pas de label, l’indice score, la fausse promo en tête de gondole, au final tu achètes un peu ce qui est disponible plutôt qu’un achat réfléchi et assumé… et quand on sait là où ça peut mener, une lecture simplifiée serait bienvenue

  2. Je ne m’y connais pas assez sur ce sujet pour parler de l’efficacité ou non des dorsales, le seul truc que je trouve choquant est quand tu vois sur des vidéos des tops riders sans protections.
    L’exemple et l’image pour les plus jeunes notamment n’est pas top..

      1. Oui, faut pas généraliser trop vite. Ici notamment, on est en compétition, avec un règlement qui impose la dorsale et des commissaires pour vérifier sa présence. Sur cette même course, d’autres se sont vu refser le départ des entrainements pour oubli des coudières.

  3. Le gros problème actuellement je ne sais pas pour Marine c’est le niveau de protection des dorsales.

    Peu de pro/pilote roulent avec des niveaux 2, car elles sont plus chaudes et plus lourdes et moins flex même en 3DO par contre elles ont un seuil minimal de protection 2 fois plus élevé que les classe 1

    1. Effectivement, ça rejoint les précisions que je viens d’apporter > 18/24kN contre 9kN, sachant que le seuil de possible lésions peut se trouver à 4kN. À préciser encore que ces valeurs résiduelles sont pour un impact de 50 joules. Or 50 joules, c’est 5kg qui tombent d’un mètre, sans vitesse initiale. À VTT, on a une énergie cinétique au moment de l’impact, dans laquelle la vitesse et le poids du pilote entrent en jeu. Bref, même protégé, les dégats sont inévitables.

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