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Dans les tuyaux – Essai du Pole Machine… l’atypique !

Il y a, comme ça, des vélos qui font parler plus que d’autres… Qui ne laissent pas indifférents. Le Pole Machine en fait clairement partie ! Pour bien des raisons, c’est même le vélo d’essai qui a suscité le plus de discussions au cours des deux mois durant lesquels il est resté en notre possession. 

Et quelque part, il y a de quoi : géométrie atypique, conception qui l’est tout autant, et méthode de fabrication hors norme, prix stratosphérique… Individuellement, ces points servent déjà à d’autres pour se différencier… alors forcément, mis bout à bout, il y a de quoi passer dans les tuyaux Endurotribe ! Allez, on met la Machine en route, et on s’offre une part de rêve 😉

 


Temps de lecture estimé : 9 minutes


 

Au sommaire de cet article :

 

 

Aux origines…

Pole fait partie de ces marques exotiques au sens propre : la communauté de ceux qui connaissent est relativement restreinte, mais ceux qui en ont déjà vu ne restent pas indifférents. Et comme le nom le suggère, cet exotisme nous arrive tout droit… du Nord : la Finlande ! Mère patrie de Leo Kokkonen, fondateur de la marque… Et aussi à l’origine des Huck Norris, au succès fulgurants ces derniers temps.

Autant dire que le cerveau à l’origine du Pole Machine n’est pas avare d’idées et capacité à les développer. D’autant que pour promouvoir sa marque, il s’est entouré de trois noms qui parlent sur le circuit Enduro World Series, où le Pole Machine joue aux avant-postes : Mati Lehikoinen, Leigh Johnson (9e à Madère) et Joseph Nation (13e à Derby), en ce début de saison 2019…

 

 

[divider]Pole Machine[/divider]

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  • Usage Enduro
  • Roues en 29 pouces 
  • 160/180mm, RS Super Deluxe & Lyric
  • Triangle avant & arrière Alu
  • Reach 510mm en taille L, offset 42mm
  • Roues Mavic Deemax Pro, 28mm

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Premiers coups d’oeil…

Voilà donc où certains d’entre nous on déjà entendu parlé, ou rapidement vu, un Pole Machine à l’oeuvre. Reste que c’est avec un vrai coup d’oeil averti que la magie opère véritablement…

Wow ! Quelle oeuvre ! Design, usinage, assemblage… Sacré boulot ! Mais à coeur, dans les entrailles, entre les chiffres, que réserve le Pole Machine ?! 

 

 

À coeur !

À coup sûr, quelque chose d’aussi engagé et singulier, dans la droite lignée de ce à quoi il nous habitue progressivement…

[toggler title=”Géométrie” ]

En matière de géométrie tout d’abord, le Pole Machine met les pieds dans le plat, comme ça a déjà été mis en évidence par certains en commentaires de quelques essais récents. Les plus puristes ne manqueront pas également de rappeler qu’en la matière, la Forward Geometry Mondraker et les Nicolaï Geometron n’ont pas attendu le vent frais du Nord pour faire long et couché…

Mais au delà de rendre à César ce qui lui appartient, quelques spécificités sont à noter. Tout d’abord, les proportions du vélo entre longueur des bases et empattement avant. À 455mm, les premières peuvent paraître plus longues que d’habitude… Mais si l’on rapporte à l’empattement avant encore plus généreux – 880mm ! – de bonnes proportions semblent respectée : l’arrière = 1/2 de l’avant… 

D’ailleurs, ces chiffres pourraient suggérer un vélo long, notamment au pédalage. Mais là aussi, le Pole Machine ne fait pas dans la convention. D’abord, par son angle de direction à 63,9° qui rapproche le cintre du bonhomme. Ensuite, par l’angle de tube de selle à 79° qui en fait tout autant ! Tom en parle régulièrement dans ses essais, on en parlait encore il y a peu avec les Sunn Kern 29 et Orbea Occam… C’est une tendance du moment, que le Pole Machine a très clairement devancé !

 

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[toggler title=”Cinématique” ]

En matière de cinématique ensuite, le Pole Machine a le chic pour développer ici aussi sa propre solution. Il s’agit d’un système à point de pivot virtuel, principe connu donc… Mais avec ses spécificités. En premier lieu, conceptuelles…

De cette manière, le Pole Machine fait usage d’un point de pivot virtuel qui, en un sens, se rapproche d’un point de pivot fixe, qui resterait en avant du boitier, sans trop varier dans sa position, d’avant en arrière. Une approche presque inverse à celle des Zesty/Spicy qui jouent clairement du déplacement de ce point…

Et l’opportunité, aussi, de générer des courbes de cinématique singulières. Notamment en matière d’effets de chaîne : l’anti-squat est tout juste à 100% en début de course, et plonge littéralement par la suite. Le kick-back, lui, se détache de la concurrence en étant faible. Tandis que la courbe de force est clairement distinct également : très sensible et sans seuil en début de course, mais bien plus vite au soutien une fois le SAG passé…

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Première impression ?

Tout ça c’est beau, sur le papier… Mais qu’est-ce que ça donne, sur le terrain ?! Quid du ramage et du plumage ?! Autant le dire tout de suite : là non plus, ça ne laisse pas indifférent. Et après tout : heureusement ! Il aurait presque été dommage qu’une telle débauche amène à un résultat conventionnel…

Mais en quoi ça se distingue ?! En premier lieu, par l’engagement que ça demande. J’entends par là que le Pole Machine est logiquement un vélo qui demande au pilote de s’activer ! Ça n’est pas là un défaut, simplement une question de tempérament. Je le constate assez souvent, une question divise distingue deux écoles : le vélo doit-il compenser ou au contraire, est-ce au pilote d’avoir l’initiative ?!

Le Pole Machine est clairement de cette seconde nature : que ceux qui comptent sur le vélo pour faire le job et sur un simple coup de rein pour tourner passent leur chemin. Le Pole Machine se révèle une fois que l’on a fait l’avance, qu’on a mis la mise sur la table. À son guidon, on obtient clairement des sensations en réaction…

 

 

La suite ?!

Lesquelles ?! Ça mérite d’être décortiqué, précisé, et mis en perspective afin d’en tirer de bons enseignements. Pour l’heure, je laisse peut-être l’impression d’un vélo exigeant… Et pourtant ! Il faut simplement un petit moment pour bien digérer cette présentation atypique, d’un vélo qui l’est tout autant.

Vient ensuite l’heure du verdict… Qu’est-ce qui, de la géométrie, de la cinématique et/ou des choix de conception se distingue à l’usage ?! Au point d’en faire le caractère du Pole Machine ?! Et in fine, quels intérêts peuvent avoir de telles initiatives ?! En quoi ça peut aider à saisir le marché actuel, et/ou le faire évoluer ?! On précise tout ça à l’heure du verdict… À lire ici !

Rédac'Chef Adjoint
  1. Atypique c’est clair!!
    Sera t’il prévu un essai du Propain Tyee?
    Peut être moins atypique que le Pole mais ça serait bien d’avoir votre ressenti.
    Bon il est en 27,5″ et on voit clairement qu’aujourd’hui beaucoup de choses se passent sur le 29″. Mon avis n’est sûrement pas objectif (car j’en suis un heureux possesseur depuis peu) mais Propain propose des VTT bien équipés pour un prix “abordable”, originaux qui mériteraient un essai francophone 🙂 .

    1. …et pour ma part en tout cas, une relation clients désastreuse.

      Il y’a peut-être eu du changement en 1,5 an, mais j’ai revendu mon 4Bidden en bonne partie à cause de ça.

  2. moi aussi.
    mais je profite de la perche pour une suggestion:
    “le Pole Machine fait usage d’un point de pivot virtuel qui, en un sens, se rapproche d’un point de pivot fixe, qui resterait en avant du boitier.”
    j’ai relu l’article “Didactique “suspension” – Assiette & dynamique” mais malgré tout, serait-il possible de développer sur les effets qu’a la position du point de pivot sur le comportement avec des exemples plus concrets des différents cas, et en fonction du débattement?

    1. plutôt que développer, je vais essayer de simplifier : la position du point de pivot influe effectivement sur l’assiette du vélo. sous le pilote, le vélo se “casse facilement en deux” quand on appuie sur le botiier, mais le triangle avant pivote beaucoup. projeté loin devant, le vélo a une meilleure assiette parce que le triangle avant pivote moins, mais ça fait des vélos moins dynamiques. Après, il fuat tenir compte du fait qu’un point de pivot virtuel se déplace plus ou moins. Ici, pas énormément, il semble rester sous le pilote. Sur les derniers lapierre, il par de la roue avant, et se rapproche beuacoup du pilote, rendant le vélo de plus en plus dynamique au fur et à mesure qu’on le sollicite. À l’inverse, sur un Santa Cruz, c’est dynamique au départ, mais ça devient hyper stable si on va au fond du débattement, parce que le point de pivot s’en va vers la roue avant 😉 Ça t’aide ?

  3. Salut Enduro Tribe,
    Je n’avais encore jamais vu les détails de finition de ce vélo. Il est juste magnifique.
    Ca donne envie de l’avoir pour rouler et pour décorer son salon <3
    Hâte de lire votre test complet
    Thomas

  4. l’offset de 42mm n’est pas obligatoire, tant mieux… lorsque je regarde la longueur des WB, je me demande bien qui pourra ressentir la différence avec une fourche standard en 51mm???

    1. C’est pas pour les quelques mm d’écart à l’empattement qu’un offset différent se fait sentir, c’est pour son effet “roue de caddy” sur la direction > que l’empattement général du vélo soit important ou pas, au final, tu sentira la même différence de stabilité de la direction, et de la manière avec laquelle il faut la solliciter pour initier le mouvement de rotation 😉

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