Roues Santa Cruz Reserve Carbon 30

8.2
/10

En Enduro plus qu’ailleurs, l’usage de roues à base de carbone fait débat. Comme si l’offre n’était pas encore mature sur ce point. Dans ce contexte, les Santa Cruz Reserve marquent des points. Voici pourquoi…

Prix

1899 € la paire

Poids

1834g (inclu flaps et valves)

Dimensions

Disponible en 27,5″ en largeur interne de 27 et 30mm et en 29″ en largeur interne de 25, 27 et 30mm. Montage avec moyeux DT Swiss 350 Boost ou Industry Nine Boost

Conditions d’essai

Santa Cruz Reserve Carbon 29″, largeur 30mm avec moyeux DT Swiss 350 Boost. Roulées 4 mois, 1000km, sur Santa Cruz Hightower LT, Transition Sentinel et Trek Slash, avec différents pneus et préventifs. Alpes du sud, Aveyron, Haut-Languedoc, Auvergne.

Est-ce pertinent ?

L’ensemble de nos essais 29 pouces met en évidence l’importance des roues dans le comportement des vélos à grandes roues. En plus des jantes alu, le marché s’est étoffé de roues à cerceaux carbones il y a quelques temps. Un point positif quand on sait le dynamisme et la précision que peut procurer ce matériau dans ce cas précis.

Reste que jusqu’à présent, le comportement de ces roues à base de composite a un revers de médaille : sur terrain cassant, ça brasse et ça casse. Au point que globalement, les roues à jantes carbones soient considérées comme plus exclusives que leurs homologues en aluminium.

De la matière là où elle est nécessaire !

Sur le papier, la conception des Santa Cruz Reserve va à l’encontre de cette logique sur certains points. En effet, les épaisseurs de carbone varient significativement et intelligemment : fin sur l’arrondi, plus épais sur les flancs, bosselé et renforcé autour des têtes de rayons… Il y a manifestement le soucis du détail

Galerie commentée :

Ce fameux rapport 1.5:1 entre hauteur et largeur de jante est respecté sur l’ensemble des modèles de la gamme Santa Cruz Reserve, signe d’une volonté assumée.

Est-ce pratique ?

Les Santa Cruz Reserve sont disponibles en 27,5 et 29 pouces, avec des largueurs de jantes différentes. Dans tous les cas, uniquement en Boost. Les Santa Cruz Reserve Carbon couvrent donc un large spectre, sur les récents vélos du marché.

Le montage sur le vélo ne pose pas de difficultés particulières. Le montage des pneus est une autre affaire. Positionner le pneu sur la jante se fait normalement, avec la plupart des modèles du marché, mais clipser en tubeless demande de la patience. Compresseur, cartouches et pompes à cartouche devront redoubler d’effort pour en venir à bout. Sueur garantie !

Même s’il y a une part d’aléatoire, dans tous les cas, il faut s’appliquer pour créer le nécessaire début d’étanchéïté pneu/jante pour faire prendre. Pas optimal, mais tolérable pour celui qui change son pneu une fois usé. Plus anxiogène pour le compétiteur qui change régulièrement de pneu. Les veilles de course, et la nuit peut être écourtée !

Est-ce utile ?

Globalement, les Santa Cruz Reserve ont l’incidence que l’on connait des roues carbones sur le comportement des vélos essayés en leur compagnie : dynamisme à la relance, rigidité latérale et rebond très rapide dans les appuis. Mais leur intérêt principal est ailleurs.

Les Santa Cruz Reserve Carbon se démarquent dans la dimension frontale de leur comportement. Un trait de caractère mis en évidence sur les portions cahoteuses : zones rocheuses, pierriers, champs de racines, zones de freinage défoncées… Pour une paire de roue carbone, la stabilité est maitrisée et la précision reste.

À tel point que, globalement, les Santa Cruz Reserve font progresser, par cette raideur maitrisée, le rapport confort/stabilité/précision/dynamisme qu’on connait jusqu’ici à ce type de produit. C’est aussi pourquoi on les classe parmi les plus polyvalentes des roues à jantes carbones du marché.

Quelle durée de vie ?

 

À propos du vieillissement du rayonnage, les Santa Cruz Reserve ne dérogent pas à l’avantage des jantes en carbone vis-à-vis des alu : plus rigides, se déformant moins, elles préservent l’intégrité de la roue. Effectivement, elles demandent moins souvent à être retendues que la majorité des roues aluminium passées à l’essai.

Néanmoins, qu’en est-il en cas d’impact ? Ce sont les bonnes prestations des Santa Cruz Reserve en la matière qui nous ont convaincu d’écrire pour les partager. Sospel, Molini, Millau, le Haut Languedoc, Finale Ligure, sont autant de spot qui ont pu martyriser notre paire d’essai…

Sans protection, avec tous types de pneus, on a allègrement tapé, et même roulé une spéciale en course, à plat (désolé Santa…), après crevaison lente. Quelques pierres ont pu marquer ou écorcher le carbone mais rien qui touche à la structure de la jante. Les Santa Cruz Reserve Carbon tournent toujours rond.

Ce qui peut progresser ?

Pendant cet essai, le montage des pneus tubless fut vraiment laborieux ! Il faut s’armer de patience et user de systèmes D pour en venir à bout. Qu’en est-il du diamètre interne vis-à-vis de la tolérance de la norme ? Qu’en est-il du flap d’origine ?

Rien n’est très clair mais une chose est sûre : pour l’heure, l’ajout d’un tour de tape au fond de la jante peut aider pour clipser les pneus ! Attention dans ce cas à ne pas en abuser et diminuer la zone de contact tringle/crochets de la jante, au risque de déjanter.

Dans tous les cas, il s’agit du domaine dans lequel les jantes Santa Cruz Reserve peuvent et doivent évoluer. Ajuster les dimensions ? Travailler sur le fond de jante ?  Voir utiliser une valve au débit plus important ?! Des pistes existent pour faire progresser le produit sur ce point.

Pour l’heure, les Santa Cruz Reserve Carbon sont mieux placées que la plupart des concurrentes, mais restent moins confortables qu’une paire de roues alu. À plus long terme, et à l’image de leurs nouveaux jouets, Santa Cruz pourrait-elle encore progresser dans ce domaine et tuer le match ?! La polyvalence n’en serait qu’encore meilleure…

La concurrence ?

Évoquer les Santa Cruz Reserve vis-à-vis de la concurrence permet de préciser leurs propres caractéristiques. C’est bien simple ! Face à la concurrence en carbone que l’on a pu essayer – Enve, Mavic, Cannondale, Specialized, DT Swiss – les Santa Cruz Reserve sont concurrentielles sur tous les traits de comportement, et au dessus du lot pour le confort frontal.

Néanmoins, il faut les confronter à certains modèles haut de gamme concurrents en aluminium pour en mesurer l’intérêt global. On les considère plus durables et plus vives que les excellentes mais plus tolérantes, DT Swiss EX 1501. Leur dynamisme, leurs qualités latérales/frontales en terme de raideur, la durabilité du montage, la robustesse de jante en plus, font penser aux Asterion Edition One, mais un cran au dessus même !

Est-ce que ça les vaut ?

La comparaison avec la concurrence est ici aussi de rigueur pour y voir plus clair. Globalement, en terme de tarif, les Santa Cruz Reserve sont dans la moyenne des roues carbones actuelles.

Elles restent plus abordables que des Enve, autant en terme de tarif que de comportement. Les Santa Cruz Reserve se montrent aussi plus difficiles à comparer avec des Mavic ou des DT Swiss, qui se destinent plus à une pratique All Mountain que l’Américaine !

Cependant, elles sont plus lourdes mais plus robustes et confortables que des Specialized, mais sont aussi quelques centaines d’euros plus onéreuses. Et c’est peut-être bien le prix à payer pour profiter pleinement de leurs valeurs ajoutées pour lesquelles on les apprécie : un confort et une robustesse accrus !

Certes un vide dans le porte monnaie, mais une aide non négligeable pour optimiser certains 29 pouces, un gain certain dans le plaisir de pilotage, et finalement une valeur sûre !

Santa Cruz Reserve Carbon
En conclusion
En matière d'Enduro 29, l'offre de roues n'est pas encore pléthorique ou aboutie. Entre jantes en aluminium et jantes en carbone, les Santa Cruz Reserve tirent leur épingle du jeu et se démarquent dans la bonne direction : robustes et presque aussi précises latéralement que tolérantes en frontal. Un des meilleurs compromis à jante composite du moment.
Pertinent ?
9.5
Pratique ?
6.5
Utile ?
9
Durable ?
8.5
Abouti ?
7.5
Concurrentiel ?
9
Bon marché ?
7.5
Principale qualité
Rapport robustesse/précision latérale/confort frontal au dessus du lot pour des roues à jantes carbone
Principal défaut
Montage tubeless parfois un peu aléatoire au moment de faire prendre le pneu.
8.2
/10
Rédacteur Testeur
  1. Merci Tom pour cet essai ! C’est vrai que les jantes font rêver (renfort à niveau des rayons par ex).
    Danny avait eu du mal à les détruire, savoir qu’elles sont plus tolérantes que la moyenne que leurs copines est un autre plus.
    Je roule quant à moi sur les versions carbone des éditions one ASTERION version enduro, avec pneus enduro à grosse carcasses et ai été surpris aussi par leur tolérance (rigidité frontale) pas radicalement décalée par rapport à des cercles alu.
    La qualité du montage doit probablement y être pour quelque chose 😉

  2. Intéressant comme essai et objectif. Moi je roule avec une paire de Duke Crazy Jack 29″ (29mm interne) avec moyeux Duke et la paire pèse 1500gr. Ça fait un an que je roule dans les pierre et pas mal dans le sud de la France et elles n’ont pas bougé, et en matière d’absorption verticale elles sont vraiment top et très confortables. Je peux rouler en XC et Enduro avec le même set de roues, je change juste les pneus en fonction de mon utilisation.

  3. J’ai pu tester ces roues les 27 mm (interieur et 34 ext) en 29 pouces sur hyghtower cc et cintre carbone, sur la boucle 2 de l’epic ( bardoux freysse, du très lourd en matière de blocs ,cailloux ,du marteau piqueur !!) Un peu osé d’ailleurs pour le premier essai. pour ma part le montage des pneus (maxxis agressor ar et magic Mary av) d’une facilité normale avec ma pompe (je ne remets pas vos compétences en doute mais juste mon expérience), départ sur bardoux vraiment à froid avec 1.8/1.7 bar( trop vite réalisé que c’est trop…) Je la fini mais tétanisé, vite dégonflage, 2eme spé moins défoncée, redegonflage au nez avant la der (la pire…) Je leur ai mis des coups de marteau tout le long avec pression a 1 voir 1.2 bar , elles tiennent la direction , avale les blocs frontaux sans otb et j’aurais dû les fracasser mais à l’arrivée à part deux micros rayures, stupeur rien pas d’impact ni voile, solidité au top, confort… la pression des pneus avant tout , trop de carbone tue le carbone, mon cintre en 35mm va passer en alu, mais je vais garder ces roues

    1. Héhé > les Freysses, c’est justement dans cette spéciale, durant l’Epic, que Tom a crevé avec les Reserve, a continué en runflat mode chrono sans coupé, et n’a pas « réussi à les casser » ! On avait déjà bien tapé avant ça sur 1000km, mais là, ça a fini de nous convaincre 😉

    2. C’est aussi dans les Fleisses que j’ai roulé la Reserve pneu dégonflé !! Et elles ont aussi tenu le choc, rien, pas de voile ni de saut. Mais effectivement le carbone n’est encore qu’à ses débuts dans le VTT et mérite encore quelques années pour mûrir. Je suis comme toi, dans tous les guidons carbones que j’ai essayé, aucun n’est assez confortable à mon goût, encore moins en 35mm de diamètre…

  4. Tom, as tu essayé le cintre Reverse carbon RCC Seismic, je le trouve très confort et avec des grips ESI c’est encore mieux.
    Sinon pour revenir aux roues SC Reserve, je les trouve un peu lourde mais avec des moyeux hauts de gamme et un rayonnage cx-ray ça devrait être mieux.
    Après Asterion, je roule de nouveau Mavic avec des XA pro carbon et j’en suis très satisfait en termes de rendement et retour terrain (précision, rigidité et confort). Je manque de recul pour un retour fiabilité et solidité.

  5. @JP Je ne crois pas que Santa détaille les cercles. Mais c’est clair qu’avec des DT 240S, ca serait quelques grammes en moins. Et c’est dommage même vu le prix

  6. Hello,

    Merci pour ce test, très sympa à lire. J’ai quand même deux questions :

    Par rapport aux Mavic vous les placez « au dessus […] pour le confort frontal », alors que tous les tests que j’ai pu lire sur les XA Carbone les vantent justement comme les plus confortables et « poppy » sur ce point, notamment dû à priori à moins de rayons, une tension différente et un programme plus « All Mountain ». Vous confirmez que vous trouvez les SC plus confortables (frontalement) ?

    « On les considère plus durables et plus vives que les excellentes mais plus tolérantes, DT Swiss EX 1501 ». Vous confirmez aussi ? J’ai pu martyriser mes EX1501 pendant 3 saisons en enduro et descente marathon (d’abord les modèles 25mm puis les 30mm) et je n’ai JAMAIS réussi à détendre un rayon ou à constater la moindre usure des roulements / galets, le moindre voile ou le moindre jeu. Si les Reserve sont réellement au dessus elles doivent être hallucinantes !

    1. Ces deux questions sont les bienvenues : on privilégie un article compact, et des échanges en commentaires pour éviter l’avalanche d’informations ultra (trop?) détaillée par moment. D’où l’inclusion des Mavic « dans le lot » alors qu’effectivement, quelques précisions peuvent s’imposer 😉

      > Sur les Mavic XA Pro Carbon, le confort semble effectivement venir du rayonnage, ce qui se prête bien à une pratique All Mountain à laquelle elle se destine, mais moins à une pratique Enduro plus exigeante. Dans les appuis, dans la pente, quand ça tape fort, elles peuvent devenir un peu floues, faire râter le point de passage précis, et du coup, lécher/taper ce que l’on prévoyait d’éviter. Au final, impression d’inconfort « indirecte ». Pour résumer, ça se joue une fois de plus sur le plan de la « polyvalence » pour ces roues carbones : on pourrait dire que les Mavic sont de très bonnes AM, les Santa de très bonnes EN.

      > Les DT sont d’excellentes roues, comme on l’a écrit et comme vous le rapportez. La différence se fait donc sur des détails. On adhère à 80% des retours que vous faites, mais plusieurs légères déformation des flancs, et un léger voile dans le secteur du plus important après les qualifications de la Mégavalanche l’an passé. Pas de quoi compromettre l’étanchéité Tubeless, mais un marquage qui complique le dévoilage et qui, pour le coup, n’a pas eu lieu sur les Reserve Carbon Après crevaison au cours de l’Epic 😉

  7. Y a quand même un hic, c’est le prix ! 1900 € et des composants moyen de gamme c’est beaucoup plus cher que la concurrence ou des roues artisanales montées avec des moyeux et rayonnage haut de gamme.
    De plus, comparativement à une paire de roues alu référence comme les Mavic deemax pro qui coutent quasiment moitié prix, le gain de poids est loin d’être significatif (40 g en 27.5) . Bref, je serais curieux de savoir si elles offrent vraiment un plus sur le terrain ?

    1. La Reserve a des qualités, confort et robustesse, que d’autres n’ont pas. C’est peut-être le prix à payer pour en bénéficier… Mais il est évident que c’est incomparable à des roues alu sur bien des aspects et notamment le prix. Elles apportent un gain de rendement significatif, un meilleur dynamisme dans les courbes/appuis et une précision qu’aucune roue alu ne permet d’avoir !

  8. Je pense qu’il n’y a pas autant de différence que ça pour avoir roulé les deux carbon et alu. Ce serait intéressant aussi d’effectuer un comparatif avec les Asterion édition one EN carbon.

  9. 1900 € une paire de roue c’est du délire !
    Pour ma part les vrai concurrentes sont plus les ACE ou LB. A quand un test de ces marques !

  10. Désolé d’être hors sujet. J’aimerais savoir s’il existerait quelque part dans le monde des manufacturiers pour des jantes vélo de route 32 ou 33 pouces, chambres à air et pneumatiques itou. Merci d’avance si vous pouvez me répondre.

  11. Au delà de tout ce qui est déjà écrit, j’avais cru entendre que l’on parlait d’une garantie à vie, y compris en cas de casse due à une mauvaise utilisation. Si c’est vrai, c’est un vrai argument.
    Contrairement à Tom, si on casse en course, on casse aussi la tirelire en rentrant.

    1. Bonjour, nous n’avons pas eu cette opportunité. Pourquoi cette question ? Pour suggérer un essai ? Faire part d’une expérience qui nous y pousserait ? En quête de conseils ?

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