Test – Pneu Maxxis Dissector

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Après l’arrivée du Assegai, Maxxis continue d’étoffer sa gamme avec le dernier Dissector. En quoi peut-il être utile à la gamme Maxxis ? Quand est-il intéressant de l’avoir ? C’est ce qu’on découvre tout de suite…

 

[cbtabs][cbtab title=”Prix”]69,99 € en Exo et 74,99 € en DH Casing[/cbtab][cbtab title=”Poids”]845 g en Exo et 1200 g en DH Casing[/cbtab][cbtab title=”Dimensions”]Modèle à l’essai : 29×2.4WT en DH Casing 3C Maxx Grip et Exo 3X Maxx Terra[/cbtab][cbtab title=”Lien”]https://www.maxxis.com/catalog/tire-581-140-dissector[/cbtab][cbtab title=”Conditions”]30h, 300km, terrain terre + rocaille, par temps sec et humide[/cbtab][/cbtabs]

 


Temps de lecture estimé : 6 minutes


 

 

Est-ce pertinent ?

Né aux mains des descendeurs pour les terrains roulants, secs et compacts, on pourrait penser que le Maxxis Dissector vient enrichir la gamme Maxxis, là où elle pouvait pêcher. La marque le présente elle-même comme le modèle signature de l’Australien Troy Brosnan. Tout comme l’Assegai, le Dissector est donc là pour sortir du sacro-saint trio Minion/High Roller/Shorty.

On pense notamment à l’idée d’ajuster et affiner le tir face à une concurrence souvent plus polyvalente. Et oui, polyvalence vs spécialisation, c’est un peu ce qui peut résumer le match Maxxis vs le reste du monde. D’autant que le Maxxis Dissector est disponible dans toutes les carcasses de la marque : Exo, Exo+, Double Down et DH.

Il faut donc bien cerner ce à quoi se destine le Maxxis Dissector. Petite inspection des crampons, pour commencer…

Sur le papier, l’offre a son charme et sa complexité à la fois. Que donne ce pneu à l’usage ? Quand et comment s’en servir ? Doit-on s’en tenir au positionnement marketing de la marque ? La réponse apportée par cet essai est, comme le Maxxis Dissector, fine et toute en nuance…

 

 

Est-ce pratique ?!

Au montage, le Maxxis Dissector ne renie pas ses origines. Essayé en carcasses DH et Exo, sur différentes paires de roues, et jusqu’à une usure importante pour en cerner tous les aspects, on retrouve tout ce qui fait que les Maxxis sont appréciables et appréciés. Facilité de montage comme de gonflage, tenue en pression, carcasses et gommes fidèles à ce que l’on en sait pour chacune. 

Aucune surprise à l’usage du Maxxis Dissector. Il ne demande pas de précaution particulière ou différente des autres modèles de la gamme. On sent que le process de production est rôdé, et que le dernier né n’y fait pas exception. C’est bien par son profil, et l’usage à en tirer, qu’il doit se démarquer pour faire sa place. Notamment une question clé : à l’arrière ? À l’avant ? 

 

 

Est-ce utile ?!

Sur le terrain, pas de surprise non plus, du moins, dans un premier temps. Le Maxxis Dissector se prête effectivement à ce pourquoi il est promu. En ligne, sur terrain sec et compact, on goute effectivement à sa qualité de roulage et de freinage, notamment monté à l’arrière. Mais qu’en est-il à l’avant ?

Comme sa prestation est de bon ton, il s’y prête aussi, dans les mêmes conditions. Là encore, sa stabilité et son bon mordant au freinage en ligne lui procurent ce qu’il faut pour tenir le cap. Il n’y a donc pas nécessairement, dans un premier temps, de restriction à l’utiliser plutôt sur l’une ou l’autre des roues.

La bonne surprise, c’est que le Maxxis Dissector ne se limite pas au terrain pour lequel il est vendu. Et on aurait même tendance à le plébisciter pour une situation légèrement différente : sur terrain légèrement humide, tant que la terre est ce qu’il faut d’argileuse, pour offrir une consistance de pâte à modeler. Des conditions que l’on retrouve souvent mêlées à la rocaille du Sud-Est, du Languedoc, de la côte Ligure ou du piémont espagnol des Pyrénées…

C’est là que ses crampons sont suffisamment imposants pour mordre dans le sol, sans être trop proéminents au point de l’arracher, et offrent ce qu’il faut de compromis rigidité/déformation pour faciliter la tâche. Un descriptif qui sied également en tout point pour performer sur les sections rocheuses – dalles, pierrier, calades – qui jonchent les chemins où l’on trouve cette fameuse terre

 

 

Quelle durée de vie ?

Il n’empêche que ce profil de pneu assez caractéristique a une incidence inattendue. Habituellement bonne chez Maxxis et avec une incidence progressive sur le comportement du pneu, l’usure et ses effets sont, pour le coup, un poil accentuées par le profil du Dissector. En effet, le profil singulier des crampons ne joue pas en sa faveur. Explications…

Notamment et surtout au freinage, où le mordant en prend un coup. Au coup de frein, il mord moins le terrain et ses qualités au freinage sont altérées. Il subit donc un peu plus les effets du temps qu’un Minion ou un Assegai où il y a plus de gomme, et qui jouent moins sur les arrêtes acérées de leurs crampons pour performer !

 

 

Ce qui peut progresser ?

Jusqu’ici, nous n’avons pas encore parlé de son adhérence latérale. Et justement, on y vient ! Sur terrain sec et compact pour lequel il est vendu, le Maxxis Dissector ne dérive pas progressivement au point de glisser éternellement : il mord, assez fort, puis décroche violemment si la pression sur les crampons latéraux est trop importante. Quand ça lâche, ça lâche vite, et ça ne prévient pas !

Avant ça, le grip latéral est excellent. Simplement, il ne se prête pas à jouer avec la limite. Il faut soit être clairement prêt à la franchir, soit être très fin pour s’en approcher sans être sanctionné. Un cas de figure qui se présente sur terrain sec et compact, pour lequel il est vendu, alors qu’il ne se présente pas lorsque ce même terrain et juste ce qu’il faut de ramolli par l’humidité.

Raison pour laquelle il est important de situer le Maxxis Dissector au sein de la gamme, et sur le marché. En ça le discours de la marque n’aide pas forcément : certes il excelle sur terrain sec et compact, typé bike park s’il le faut, mais si le terrain devient plus sauvage, plus naturel, plus gravilloneux ou plus poussiéreux, comme on retrouve bien souvent en Enduro, il peut trouver ses limites plus facilement…

 

 

Vis-à-vis de la concurrence ?

Dans l’idée, il fait penser à un Maxxis Ardent, qui aurait musclé son jeu. Ce pneu était un must à l’arrière sur terrain sec, fut un temps : rond, crampons bas en forme de flèche orienté vers l’avant, très biseautés… Le Maxxis Dissector s’en inspire mais fait mieux !

Face aux indéboulonnables ensuite, le Maxxis Dissector apporte ce que l’on attend de cette nouvelle vague de profils à crampons entaillés. Et quelque part, c’est un peu le nouvel High Roller ! Même esprit de pneu qui doit rouler, il se distingue par une meilleure stabilité au freinage et un meilleur roulement. Un peu le même, en mieux… Il est assez complémentaire des Minion : là où l’un excelle, les autres sont aux fraises. Le Dissector sur terres assez compactes avec du liant, le Minion sur des mélanges plus meubles, plus désunis et moins lisses.

Ainsi, on comprend que le Dissector est comme tout pneu Maxxis, un modèle assez spécifique, dont il faut bien cerner les qualités, et les limites. Et c’est en comparant à l’Assegai que l’on finit de les saisir. Le Dissector, malgré ses crampons finement entaillés, ne lèche pas le sol de manière aussi prononcée. Il est un peu plus consistant, il lui faut donc un terrain légèrement plus mou dans lequel prendre prise. L’Assegai est donc le must du terrain compact et sec en été, et le Dissector son parfait pendant pour les mi-saisons et l’hiver, des périodes plus humides. Ou encore, Assegai à l’avant, Dissector à l’arrière : un bon combo…

Dans tous les cas, Maxxis ne propose rien d’aussi polyvalent que des Michelin Wild Enduro ou des Schwalbe Magic Mary. Cependant, la gomme Maxxis, tout comme le travail des carcasses, restent toujours plus accessible à tous et plus facile à rouler que la concurrence, même si elles s’avèrent moins pointues/poussées. Les pneus Maxxis, dont le Dissector, s’adressent donc à un grand nombre de pratiquants, à la portée de tous, mais restent bien souvent spécifiques à un terrain, celui que l’on vient de décrire le plus précisément possible.

 

 

Est-ce que ça les vaut ?

Ce qui reste malgré tout une aubaine pour ceux qui ne changent que très peu de terrain de jeu et de type de sol. Et c’est le cas d’une partie d’entre nous, qui avons nos petites habitudes. Dans ce cas, on a tout intérêt à jouer la carte du bon pneu, adapté à notre spot, plutôt qu’à tenter la polyvalence qui peut aussi montrer des limites. C’est là où la vision Maxxis reste compréhensible et intéressante, si tant est que l’on parviennent à cibler le pneu qui convienne.

Est-ce que, pour autant, spécialisation doit rimer avec haute valeur ? Ça se peut. C’est en tout cas ce que suggèrent les prix public conseillés des différentes versions de Maxxis Dissector sur le marché : entre 69,99 € et 74,99 € en fonction de la carcasse, c’est légèrement plus que certains concurrents qui profitent d’une toute aussi bonne réputation… Mais jouent, eux, la carte de la polyvalence sans offrir autant de choix et de nuance dans leur gamme, la plupart du temps plus étroite.

Pneu Maxxis Dissector
En conclusion
Avec le Dissector, Maxxis ne déroge pas à ses habitudes. Pour les terrains durs et compacts mais pas uniquement secs, comme Maxxis le promeut, puisqu'il sait aussi tirer son épingle du jeu lorsque c'est plus humide. Un pneu qui conserve donc une certaine spécialisation par son manque de polyvalence mais qui élargit encore un peu, avec justesse malgré tout, la gamme Maxxis.
Pertinent ?
8
Pratique ?
8.5
Utile ?
8.5
Durable ?
7
Abouti ?
7.5
Concurrentiel ?
7
Bon marché ?
7
Principale qualité
Compromis roulement/adhérence au freinage sur terrain compact sec comme humide
Principal défaut
Polyvalence limitée par son profil comme face à la concurrence
7.6
/10
Rédacteur Testeur
  1. Alors pour le coup, je ne suis pas d’accord avec ton ressenti sur l’angle.
    Je l’ai roulé en carcasse DH, à l’arrière, de juillet à septembre sur mon méta power, associé à l’Assegai devant, également en DH casing.

    J’ai trouvé, qu’il avait une dérive bien prévisible, progressive et qu’il était très précis.
    Un rendement vraiment bon pour la catégorie/gomme/carcasse.
    Un freinage satisfaisant, mais je te rejoins sur le fait que ça se dégrade vite avec l’usure.

    Justement, pour comparer, un Eddy current rear était largement plus “traître” sur l’angle, qui lui malgré ses gros crampons latéraux, chassait d’un seul coup.
    Comparé à l’aggressor, ça roule moins bien, mais sur l’angle, c’est assez similaire en comportement.
    Avec un Assegai, là, c’est clairement plus dur à tirer, mais c’est un vrai rail, et très difficile à faire déraper.

    Pour moi, le gros bémol c’est l’usure (400 kms/10000d-) en maxxgrip. Mais comme énoncé dans l’article, les crampons sont bas, gomme tendre… Il n’y a pas photo !

    1. Précis, on est d’accord mais pour la dérive… Tu habites où ? Comment est le terrain par chez toi ? Tu roules à quelle pression et sur quelle largeur de jante ? Parce qu’il y a moyen que ça varie fortement, surtout selon l’état du terrain comme on l’a dit dans l’article… et encore plus sur un VTTAE où le poids supérieur peut l’aider à mordre le sol 😉

      1. VTTAE > pas les mêmes repères, clairement. On ne l’a pas précisé parce que cet article est publié sur Endurotribe, mais clairement, tout son contenu est basé sur un essai 100% VTT. Avec le poids supplémentaire, on peut très bien supposer que les crampons se déforment un peu plus, et que ça décroche moins soudainement. D’ailleurs, on se rejoint qu’à ce petit jeu, dans les mêmes conditions et quelles qu’elles soient, le Assegai décroche encore moins. En traditionnel, on arrive à alléger pour le faire chasser. En E-bike, visiblement, ça devient compliqué, et ça se comprend 😉

  2. Bonjour,
    Est-ce que le maxxis agressor n’est pas finalement le pneu polyvalent de la gamme en monte arrière ? Avec un meilleurs rendement que le DHR II. Jamais testé…

  3. Bon article technique encore une fois.
    Ça tombe bien je réfléchissais ces derniers temps a tester ce pneu derrière…
    Pour ce qui de la polyvalence je penses qu’ils en ont tout de même un chez Maxxis au moins pour l’arrière c’est l’Agressor.

  4. Côté polyvalence, je ne pense pas qu’on puisse dire que l’Agressor l’est vraiment. Sur sol meuble ou mouillé il est à la peine, comme un Dissector quand c’est très gras ou un DHRII quand c’est très mou.
    Pour exemple, un Michelin Wild Enduro est bien plus polyvalent : son spectre où il conserve de bonnes capacités globales reste plus large : sec et poussiéreux, rocailleux sec ou humide, compact ou mou, … 😉

    1. @Xavier & @JBA,

      Il faut aussi voir ce que l’on met dans le terme polyvalent. J’y mets, en partie mais pas seulement, le fait que le profil puisse convenir à l’avant comme à l’arrière. Le Dissector peut être roulé en pneu avant, davantage que l’agressor qui, on s’entend, va principalement à l’arrière 😉

  5. Hello, article très intéressant…. Je suis du même avis que toi. J’ai écris pendant l’ été un avis (sans prétention) sur ce modèle que l’on m’ a donné à tester …

  6. Ce pneu m’intéresse depuis un moment, mais je préfère rouler des gommes dual derrière sur mon terrain sec, dure et rocailleux du 66 et malheureusement le dissector n’est pas proposé avec cette gomme, savez vous Maxxis prévoit la production du Dissector en Dual ?

    1. Ça, seul Maxxis peut te répondre 😉 Mais c’est vrai que la gomme Dual est intéressante : souvent en terme d’usure, si le grip fourni est accepté/toléré.

  7. Intéressant, surtout la comparaison avec Michelin.
    Je suis intéressé pour une comparaison sur les carcasses aussi parce que j’ai roulé les Michelin avant et arrière et je trouve la carcasse vraiment fine comparé au hans dampf super Gravity que j’ai mis après avoir pincé 3 fois sur la tringle avec le Michelin.
    Par contre je suis d’accord que leur profil et gommes sont vraiment au top.
    Comment est la carcasse double down ?

    1. D’après mon expérience, la carcasse MICHELIN Gravity shield est moins rigide que la carcasse Reinforced, perso j’ai du mettre 0.1 voir 0.2 Bar de plus pour obtenir le même comportement.
      ça se sent facilement au roulage.

    2. Madbeaver soulève une bonne question > de quelle carcasse Michelin parles-tu ? Celle utilisée sur les Wild Enduro sont équivalentes aux Super Gravity et Double Down en terme de robustesse. Ensuite, elles ont toutes leurs petites nuances à l’usage…

      1. … et attention à ne pas tenir compte de la carcasse au toucher ! Une carcasse Super Gravity parait épaisse et très rigide lorsqu’on l’a en main, mais à l’usage elle se rapproche d’une Reinforced.

      2. Mes propos ont manqués de précisions mais les WILD ENDURO avec carcasse GRAVITY SHIELD n’ont pas la même carcasse que l’ancienne gamme advanced reinforced.
        LA carcasse Gravity est en 3 PLY et le Reinforced en 2 PLY et pour moi et d’autres utilisateurs la GRAVITY est plus souple et nécessite une pression supérieure pour obtenir le même comportement.
        Après je suis d’accord avec TOM sur jante et pression identique une
        advanced reinforced équivaut à une Super Gravity.
        Je pense par contre et ces propos n’engage que moi mais beaucoup de gens mettent souvent sur le dos des pneus des mauvais réglages de suspensions …

  8. Salut, désolé je n’avais pas suivi les réponses….

    Alors pour répondre: je roule dans le Var, sur une jante en 30 mm interne, avec une pression de 1.5 sur le dissector.
    (Le eddy current, je le roulais à 1/1.15, selon les essais fait ensemble 😉 et, l’assegai actuellement à 1.7 pour essayé de le rendre plus roulant, tout ça d’après le mano schwable)

    Après c’est vrai qu’on est sur Endurotribe et pas sur VTTAE.fr… Et comme dit Antoine, je pense que le surpoids du vélo apporte un gain de grip non négligeable…au détriment de l’usure.

    1. Pour ma part, avec le Dissector je ne suis pas descendu sous les 1.7 bars à l’arrière et 1,4 bars à l’avant pour éviter que la carcasse ne travaille trop et pour conserver de la précision de pilotage. Antoine peut-être puisqu’il a tendance à rouler “plus mou” (du fait de son âge plus avancé, hihi 😉 ). Entre l’embonpoint du VTTAE et une pression plus basse, ça expliquerait notre différence de ressenti sur la tendance du Dissector à lâcher soudainement sur l’angle 😉

      1. L’age ou le style ? Tu verras, c’est toujours une histoire d’équilibre entre les deux, jeune fougueux !

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