Ibis Ripley SL : l’héritier affûté des Ripley V5 et Ripmo V3

À l’été 2024, les Ripley V5 et Ripmo V3 ont marqué un tournant chez Ibis Cycles. Lignes plus tendues, silhouette plus racée, proportions modernisées : la marque californienne retrouvait une identité visuelle forte sans renier son ADN issue de l’usage du DW-Link. Deux ans plus tard, l’Ibis Ripley SL s’inscrit clairement dans cette dynamique. Plus léger, plus affûté, mais héritier direct de cette nouvelle génération… 

Une silhouette qui prolonge la mue

Si les lignes des Ripley V5 et Ripmo V3 ont fait de l’œil à certains, celles du Ibis Ripley SL vont clairement produire le même effet. À l’été 2024, Ibis Cycles avait opéré un virage esthétique assumé : un triangle avant plus franc, plus ample, aux lignes plus directes. Moins de rondeurs, plus de tension visuelle. Des formes affirmées, presque tranchantes, mais avec des arêtes travaillées qui évitent toute brutalité graphique. L’Ibis Ripley SL s’inscrit clairement dans cette continuité.

Ce n’est donc pas une révolution stylistique. C’est une confirmation. Le Ripley SL ne cherche pas à se distinguer à tout prix : il assume l’identité visuelle redynamisée par ses grands frères. Pour autant, ceux d’entre-nous qui ont pu les croiser sur les sentiers ont constaté que dans certaines proportions, ils ne renient pas le fait d’être de « gros vélos », entendez par là des VTT gravity qui s’assument. Ici, l’exercice du Ibis Ripley SL parvient à en reprendre le style, tout en traduisant cette fois la légèreté que l’on attend d’une telle monture… C’est visuellement éviendent. 

Taillé comme ses aînés ? 

La mue opérée avec les Ripley V5 et Ripmo V3 en 2024 ne s’arrêtait pas au dessin. Elle était aussi profondément structurelle. Ibis avait alors introduit une nouvelle lecture de ses géométries, avec un tableau entièrement retravaillé… et surtout l’apparition d’une taille centrale baptisée “Extra-Medium”. Une cinquième taille pensée pour affiner le positionnement des pilotes situés entre M et L — ceux qui, jusque-là, devaient souvent trancher.

On retrouve exactement cette logique sur le Ripley SL. Mais il ne se contente pas d’hériter du style des V5 et V3 — il en adopte aussi la philosophie. Et au-delà de la nomenclature, la réflexion taille par taille reste au cœur du projet :

  • Boîtier de pédalier légèrement plus haut sur les grandes tailles pour préserver le franchissement malgré l’allongement de l’empattement.
  • Tube de selle qui se redresse progressivement à mesure que la taille augmente, afin d’éviter l’effet “pédalo” et de maintenir le pilote centré.
  • Reach et stack ajustés de manière cohérente pour conserver un équilibre dynamique similaire d’une taille à l’autre.

Ce n’est pas spectaculaire sur une fiche technique. Mais sur le terrain, ça change tout et avant ça, l’Ibis Ripley SL en profite pour s’inscrire parmi les vélos les plus modernes dans cette démarche. Il applique simplement cette méthode à un segment plus nerveux : 130 mm devant, 117 mm derrière, angle de direction à 66°, roues de 29”. Moderne, sans être caricatural.

DW-Link conservé, implantation revue : un détail qui compte

Visuellement, un autre élément mérite qu’on s’y attarde. La cinématique reste fidèle au DW-Link, signature technique de la marque – qu’elle doit elle-même à Dave Weagle, l’ingénieur à l’origine de ces travaux, et qui prêtent ses initiales au nom du concept. Mais l’implantation de l’amortisseur évolue : ici, il vient se fixer sous le tube supérieur, et non au tube oblique comme sur les grands frères. Une solution permise par les amortisseurs plus contenus utilisés par ce « petit » vélo, même si l’encombrement induit limite par exemple l’usage d’un amortisseur Flight Attendant. À la place, Ibis suggère d’utiliser un amortisseur à blocage au guidon. Le passage de câble est prévu, tout comme ceux du triangle arrière mérite un coup d’œil : pas de passage en interne pour les gaines et durites. Tout ce beau monde se glisse entre les protections du cadre – démontables et vissées – pour s’intégrer sans se compliquer la vie… 

Résultat escompté de ce positionnement d’amortisseur, par contre : la possibilité de monter deux gourdes dans le triangle avant sur la majorité des tailles – 2x650ml, sauf dans le S, 1x750ml seulement. Pour les sorties longues, les marathons engagés ou les journées en montagne, pouvoir embarquer deux bidons sans sac supplémentaire, c’est un choix assumé. Et cohérent avec l’ADN “trail rapide mais autonome” du vélo. On retrouve d’ailleurs l’intégration du système Ibis STOW dans le cadre, avec ses sacs dédiés et sa trappe d’accès dans le tube oblique. Bien sûr, avec tout l’attirail, l’Ibis Ripley SL complet prend forcément du poids, mais le cadre nu, lui, reste dans des standards tout à fait Down Country : 2,27kg avec amortisseur Fox Float SL en taille M – on peut donc suggérer un cadre tout juste sous la barre des 2kg sans ce dernier. 

Un concurrent à placer sur l’échiquier face aux Specialized Epic Evo, Santa Cruz Blur & Tallboy, Trek Top Fuel et autre Pivot Trail 429 – qui lui aussi partage le brevet DW-Link, mais en plaçant l’amortisseur à la verticale, devant le tube de selle, par exemple…

Ibis Ripley SL > Down Contry / 117/130mm DW-Link / Full 29 pouces / 2,27kg avec Fox Float SL / 5 tailles – S, M, Extra-M, L & XL / Dispo Février 2026 : Tarifs FR à préciser.