Peinture & Aventure #11 – BiiVOUAC, l’aventure à deux

L’artiste globe-trotteur Tito Tomasi nous présente sa nouvelle chronique Peinture & Aventure à propos de l’aventure par équipe BiiVOUAC, qu’il a découvert en compagnie d’Alexis Chenevier…

 


Peindre septembre

Ces chroniques représentent chaque mois un champ de liberté pour m’exprimer sur un événement survenu dans le mois et qui m’aurait marqué. En y réfléchissant bien il y a une dimension importante à rajouter à la chronique, cela doit être un beau moment à partager. Voila qui donne à la chronique son importance, ce partage doit donner envie. Comme un clef que l’on se transmettrait pour inciter les autres à ouvrir une porte à leur tour.

La porte à ouvrir cette fois est BiiVOUAC. Cette course unique est une belle représentation de ce que peut être le partage dans le sport et lors d’un événement. Voila pour résumer les ingrédients, deux pilotes reliés par un lien invisible doivent rouler et réussir ensemble, le dernier à passer la ligne arrête le chrono. Plongez les trois jours ensemble dans une meute de cinquante équipes, parfois mixtes, et le tout dans un cadre magnifique.

Cette année le cadre choisit était le Haut-Verdon, certainement pour ses paysages magnifiques, ses sentiers ludiques et terribles à rouler mais aussi pour l’ambiance de cette vallée. Entre les alpages, les forêts et les villages de pierres empruntés de la culture provençale.

Mon équipier est un super gars et un super pilote, une fusée en fait puisque il s’agit d’Alexis Chenevier, triple vainqueur de la Transvésubienne et second au dernier Shimano Epic Enduro. Pilote complet donc et avec qui je m’entends très bien. Même si l’on a décidé très tard de participer à BiiVOUAC nous avons réussi à aller rouler ensemble et à nous mettre d’accord qu’il est mieux que je roule en premier pendant la course. C’était un choix important, sachant que je suis plus lent qu’Alexis, au moins il ne pourra pas me perdre dans les bois. Et à force de rouler seul, j’ai pris des habitudes et j’ai beaucoup de mal à rouler derrière et faire confiance pour les traces.

Le jour zéro, ce sont les dernières étapes de l’inscription, le retrait des plaques et le transfert en bus pour le camping qui nous accueille pour les deux prochaines nuits, mais c’est aussi le moment de rencontrer la tribu, un groupe de vététistes qui va partager la montagne et les sentiers pendant les trois prochains jours.

Pour moi c’est un peu plus compliqué, en fait pendant que les uns retirent leur plaques je suis encore dans l’arrière pays Niçois. Je termine à peine un périple de quatre jours avec le photographe Greg Germain, sur les sentiers secondaires de l’histoire du département. Un trip difficile, long et que l’on a voulu aventureux ! En dormant à la belle étoile, portant notre nourriture, de vallée en vallée, d’un col à l’autre en explorant notre histoire par ses rouages présents et passés. Bref j’arrive un peu fatigué, je me repose bien et j’essaie de rassurer mon équipier. Voila ce qui se passe quand on aime faire du vélo, on finit par faire beaucoup de vélo!

Le jour un,  je ne dois pas être le plus motivé pour passer la journée sur le vélo. Mais l’ambiance est bonne, le soleil est là et en arrivant au col d’Allos en bus j’aperçois le sentier partir dans la montagne dorée. La vision est superbe, on se prépare tranquillement avec Alexis et on attaque la liaison jusqu’à un petit sommet, tout le monde s’arrête là-haut et s’émerveille de cette vue de bon matin. J’ai compris à ce moment que ce BiiVOUAC serait une belle célébration du vélo de montagne. La liaison continue en descente, le sentier descend depuis l’alpage dégagé dans la foret de mélèzes, ceux-ci sont courbés à la base pour nous montrons combien cet endroit sera enneigé dans quelques mois. C’est trop bon, on se régale.

La spéciale 1 se passe bien, je donne tout dans les relances, en descente j’essaie d’attaquer dés que possible, il y a des pièges et comme nous sommes partis en premier il n’y a pas de traces pour m’indiquer les freinages. Du coup les virages et autres pièges arrivent plus vite… Quelques chaleurs plus bas on passe l’arrivée pour attaquer la liaison. Alexis m’as bien encouragé, c’est notre solution pour bien que je garde le rythme. La spéciale 2 qui est assez physique me montre que je ne suis pas si en forme que ça, je m’accroche. On prend un plaisir immense à rouler ces spéciales à vue et à fond. J’entends Alexis se régaler et crier, c’est vraiment super de partager de tels moments. Habituellement en bas des spéciales on peut raconter ce qui s’est passé mais cette fois-ci est différente, le coéquipier peut tout voir et c’est encore plus complet ainsi. Alexis m’aide bien, finalement dans l’après-midi on commence tous les deux à accuser le coup et on fait successivement des erreurs. Mais notre objectif n’est clairement pas la gagne, il s’agit pour nous de se faire plaisir et de rouler à notre niveau. Dans les liaisons on a le temps de faire connaissance et d’échanger un peu avec les autres participants de l’aventure. C’est vraiment dans un bon esprit que tout cela se passe.

Le soir tout le monde se retrouve dans le camping, on se raconte cette première belle journée et on se prépare pour la suivante. L’organisation fait ça très bien, bonne logistique, bonne bière, tout le monde est content.

Le jour 2 commence avec une liaison en bus puis à vélo, nous sommes en forêt sous le col des Champs, un coin mythique pour ceux qui aiment le vélo de montagne. Il bruine un peu, ça rendra cette première spéciale encore un peu plus drôle ! Certains passages sont vraiment hyper rapides, j’entends plus Alexis dans ces moments tellement on est à fond, la sensation est grisante c’est un pur régal. Le mauvais temps n’est plus là lorsque l’on attaque la liaison à vélo, les spéciales de la deuxième journée sont plus rapides que la veille, mais toujours aussi longues puisque souvent entre 6 et 10 minutes. Le terrain est différent aussi, plus de pierres et d’épines de pins, ça glisse et ça roule vite. Pour le repas nous montons en bus dans un village perché avant de repartir pour une liaison magnifique à travers les mélèzes au début puis dans les alpages au sommet. Le paysage du départ est grandiose, sauvage et intacte. Des paysages dont j’ai l’habitude mais que je suis content de partager aujourd’hui avec des riders de la France entière, des Parisiens, des Bretons…

Les deux dernières spéciales sont bien costaudes aussi, ça file bon train dans les forêts, le sentier est plein de passages variés, de la pierre, des devers, des sauts … C’est tellement bon. Alexis était plus tranquille avec moi aujourd’hui car j’étais clairement plus en forme, le rythme était du coup meilleur et on termine moins fatigué que la veille. Après un liaison en pleine campagne on arrive au camping hôte pour la dernière nuit. La soirée est super, Wildtrack nous passe des photos et vidéos de la journée.

Malheureusement pendant la nuit, la pluie s’invite à la fête. En nous levant nous sommes obligés de reconnaitre le danger de monter rouler en altitude avec un tel orage, lors du petit déjeuner l’organisation prend la décision d’annuler cette troisième journée. Je suis assez déçu car je commençais à être d’attaque ! Mais les deux premiers jours furent superbes, ils sont suffisants pour établir le classement, on finit deuxième équipe derrière les Sunn et devant les Orbea.

Une belle expérience pour apprendre sur soi en roulant à deux, mais aussi beaucoup de rencontres et un super terrain à découvrir. Cette formule est une belle réussite, simple au final mais assez proche des valeurs du VTT.

De très bonnes raisons pour commencer à vous chercher un nom d’équipe avec votre pote de sortie !

Vive la vie

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Aquarelle et pointes techniques sur papier aquarelle – Format 24 par 32 cm – 65 euros

Mon livre, mes vidéos et encore plus sur www.titotomasi.fr

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