Avec cette sixième génération de l’Orbea Oiz, Orbea ne se contente manifestement pas de faire évoluer son vélo de XC phare. Derrière des lignes encore plus épurées et un châssis profondément retravaillé, la marque basque semble surtout poursuivre une tendance de fond du cross-country moderne : celle de vélos capables de conserver un rendement de tout premier plan… tout en cherchant davantage de soutien, de stabilité et de qualité de pilotage. Décryptage d’un Oiz qui en dit probablement long sur l’évolution actuelle du XC.
Un Oiz qui arrive à un moment clé
Depuis son lancement en 2014, l’Orbea Oiz n’a cessé d’évoluer dans le même sens : plus d’efficacité, plus de polyvalence et une vision toujours plus moderne du XC de compétition. En cinq générations, le modèle espagnol a progressivement accompagné les transformations profondes de la discipline. Chaque évolution raconte d’ailleurs quelque chose de son époque. La génération 2018 introduit déjà des versions 100 et 120 mm pour répondre à des usages qui s’élargissent. Les millésimes 2020 et 2021 affinent ensuite le concept autour d’un châssis plus léger et plus rigide, notamment avec l’arrivée du cadre OMX. Puis, en 2023, Orbea acte un changement fort : l’Oiz abandonne définitivement le 100 mm pour se concentrer sur une unique plateforme de 120 mm. Une décision qui résume à elle seule l’évolution récente du XC moderne.
Car dans le même temps, le marché s’est considérablement agité. Des modèles comme le Cannondale Scalpel, le Canyon Lux ou le Specialized Epic occupent largement les esprits. Non seulement parce qu’ils pédalent remarquablement bien, mais surtout parce qu’ils montrent à quel point les vélos de XC progressent désormais en fonctionnement de suspension. Le concept de triangle arrière Flex et le travail de plus en plus poussé sur les cinématiques cristallisent notamment beaucoup d’attention. Des vélos comme le Scott Spark ou l’Origine Théorème semblent encore avoir franchi un cap récemment sur ce terrain. C’est précisément dans ce contexte qu’apparaît aujourd’hui la future sixième génération du Orbea Oiz. Aperçu jusqu’ici sous forme de prototype, le vélo laisse entrevoir des évolutions suffisamment marquées pour mériter qu’on s’y attarde…
Un développement qui en dit long sur les priorités d’Orbea
Derrière ce nouvel Orbea Oiz, Orbea évoque près de trois années de développement intensif. Mais au-delà du chiffre, c’est surtout la manière dont le vélo a été conçu qui retient l’attention. Car à écouter la marque, le sujet n’était manifestement pas uniquement de gagner quelques grammes sur la balance.
Comme beaucoup de projets modernes issus du XC de haut niveau, le développement a d’abord largement reposé sur l’ingénierie numérique. Analyses par éléments finis, simulations dynamiques, optimisation tube par tube… Tout semble avoir été pensé pour faire une fois de plus évoluer le compromis possible entre rigidité, comportement et rendement.
Mais ce qui apparaît plus intéressant, c’est qu’Orbea ne se serait pas arrêté aux seuls chiffres. Lors des phases de validation, les pilotes du Orbea FOX Factory Team auraient notamment réalisé plusieurs tests à l’aveugle entre différents prototypes. Et systématiquement, les coureurs auraient préféré une version du cadre légèrement plus lourde — environ 50 g — mais offrant de meilleures sensations de pilotage. Une démarche qui dit probablement beaucoup de l’évolution actuelle du XC : la recherche de performance ne passe plus uniquement par le poids, mais aussi par la qualité du comportement dynamique.
Un Oiz plus épuré encore…
Au premier regard, ce nouveau Orbea Oiz donne immédiatement le sentiment d’un vélo dont chaque ligne a été simplifiée au maximum. L’ensemble apparaît particulièrement fluide, presque monolithique par endroits, avec un travail évident visant à supprimer les ruptures visuelles et les transitions abruptes sur le cadre.
La technologie I-Line participe largement à cette impression. Le câble de verrouillage de l’amortisseur disparaît en effet directement à l’intérieur du tube supérieur, ce qui élimine complètement les boucles visibles autour de l’amortisseur. Au-delà de l’aspect esthétique, cette intégration renforce surtout cette volonté très actuelle de produire des vélos XC toujours plus “propres”, compacts et visuellement tendus.
Le tube supérieur attire également l’attention avec ses nervures assez marquées. Un détail qui ne semble pas uniquement stylistique puisque cette forme participe aussi au travail de rigidification du châssis. Même logique du côté de la nouvelle biellette. Plus compacte, ajourée à plusieurs endroits, elle apporte au vélo une touche plus technique et mécanique qu’auparavant.
L’avant du vélo poursuit cette orientation très “race” avec l’intégration complète du cockpit sur les versions haut de gamme. Quant au triangle arrière, il paraît lui aussi avoir fait l’objet d’un travail particulièrement poussé, avec de nouveaux haubans renforcés et des sections affinées pour optimiser la rigidité torsionnelle.
L’ensemble est enfin servi par des finitions particulièrement soignées, notamment via les différentes déclinaisons carbone apparent et les possibilités graphiques décuplées proposées par le programme MyO. Les progrès en la matière sont une nouvelle fois renforcés par cet Orbea Oiz nouvelle génération.
Le nouvel Orbe Oiz, en détails…
Outre l’aspect, il s’agit aussi, voire surtout, de détailler les nouveautés techniques qui justifient cette nouvelle itération du Orbea Oiz, et permettent de mieux en cerner les intentions. Ou quand la réalité technique recoupe celle du discours…
Une cinématique qui cherche davantage de soutien
Au coeur de ce nouvel Orbea Oiz, Orbea semble avant tout avoir travaillé le fonctionnement de la suspension. Le vélo reste fidèle à une plateforme de 120 mm avant/arrière, tout en pouvant accepter une fourche de 130 mm. Mais derrière ce chiffre désormais presque standard en XC moderne, c’est surtout la manière dont le débattement est exploité qui évolue.
La cinématique privilégie notamment davantage de soutien en début de course afin de limiter les mouvements parasites au pédalage. En parallèle, le recours à un amortisseur à faible volume vise à conserver suffisamment de progressivité en fin de débattement pour limiter les talonnages.
Une géométrie qui continue de glisser vers le “downcountry”
La géométrie poursuit elle aussi une évolution déjà perceptible sur les dernières générations. Les bases raccourcissent légèrement, passant à 430 mm, avec l’objectif de gagner en réactivité lors des accélérations et des changements d’appuis.
Dans le même temps, le tube de selle se redresse afin de replacer davantage le pilote au-dessus du pédalier et favoriser la traction en montée. Enfin, l’angle de direction continue lui aussi de s’ouvrir légèrement. Avec 66,8°, le nouvel Oiz s’éloigne encore un peu plus des standards XC d’il y a quelques années.
Pris séparément, ces chiffres peuvent sembler anecdotiques. Mais ensemble, ils racontent surtout une même chose : le XC moderne continue progressivement de se rapprocher des codes du trail dans sa manière d’aborder stabilité, contrôle et engagement.
Un cadre qui mise autant sur la rigidité que sur le comportement
Le travail réalisé sur le cadre apparaît lui aussi particulièrement poussé. Orbea annonce un châssis à 1700 g avec amortisseur en taille M. Le laminage carbone a notamment été optimisé afin de supprimer les transitions trop abruptes et améliorer la compaction des fibres, tout en réduisant l’usage de résine. La structure “Powerspine”, qui traverse la partie basse du cadre entre la direction et le boîtier de pédalier, traduit quant à elle cette volonté d’optimiser les transferts de puissance lors des efforts explosifs.
Même logique du côté du triangle arrière, dont les bases et haubans auraient été rigidifiés en torsion afin de stabiliser davantage le comportement du vélo dans les sections techniques. Cette recherche de stabilité se retrouve aussi dans la nouvelle biellette. Désormais réalisée en aluminium forgé plutôt qu’en carbone, elle devient plus compacte, plus légère et plus rigide. Associé à un nouveau pont reliant les haubans, l’ensemble vise clairement à mieux contrôler les déformations du triangle arrière sous contrainte.
Une intégration poussée… sans oublier l’usage
L’intégration constitue enfin l’un des gros axes de ce nouvel Oiz. On en a déjà parlé, la technologie I-Line fait disparaître le câble de verrouillage directement dans le tube supérieur afin de limiter les frictions et nettoyer visuellement la zone de l’amortisseur.
Le système Squidlock regroupe quant à lui le contrôle des trois positions de suspension et de la tige de selle télescopique via deux commandes compactes au poste de pilotage. Les versions haut de gamme reçoivent également un cockpit OC entièrement intégré qui accentue encore cette esthétique très “race”.
Mais malgré cette recherche d’intégration maximale, Orbea semble avoir conservé plusieurs aspects très fonctionnels. Le cadre accepte deux bidons sur toutes les tailles, un multi-outil est dissimulé dans le vélo, tandis qu’un système Spinblock limite la rotation du cintre afin de protéger le cadre en cas de chute.
La gamme
La gamme du nouvel Orbea Oiz repose sur deux niveaux de carbone : OMX et OMR. Le premier vise la performance pure et le poids minimal. Le second conserve une philosophie très proche, avec un positionnement plus accessible.
En OMX, l’Oiz M-LTD coiffe la gamme à 10 999 € avec SRAM XX SL AXS, Fox Factory et roues carbone Oquo MP30LTD. Suivent les M-Team FACTORY (9 499 €), M-Team AXS (7 499 €) et M-PRO (7 299 €).
Du côté OMR, l’Oiz M10 AXS mise notamment sur les suspensions électroniques RockShox Flight Attendant pour 6 999 €, tandis que les M10, M20 et M30 complètent l’offre entre 5 999 € et 3 799 €.
Enfin, le programme MyO reste au coeur de l’expérience Orbea avec de larges possibilités de personnalisation esthétique et ergonomique.
