Commencal Supreme DH V5.2 : La quête des dixièmes passe par un changement de pivot

On l’a suivi en catimini dans les paddocks de la Coupe du Monde : depuis quelque temps déjà, COMMENCAL travaille à différentes solutions pour exploiter le potentiel de développement que le COMMENCAL Supreme DH V5 et son 6-bars peut lui procurer. Tant et si bien que la version de série — disponible à la vente en précommande dès octobre 2026 — en profite désormais. Place au COMMENCAL Supreme V5.2 et son changement cinématique, entre autres. Vu de loin, un vélo qui ressemble beaucoup à son prédécesseur. Pourtant, quand on s’y penche, c’est sur un élément essentiel que la différence se fait…

Souvenez-vous ! Il y a quelque temps déjà, le 6-Bars a marqué les esprits en matière de cinématique. Et pour cause. Techniquement, il s’agit d’une solution plus évoluée que les monopivots, 4-bars et autres solutions à point de pivot virtuel « unique » que l’on connaît déjà. Pour quelle raison ? Elles peuvent être multiples, mais ici on en retiendra une en particulier : un 6-bars peut comporter plusieurs points de pivot virtuels… et c’est justement là-dessus que capitalise Commencal pour proposer cette V5.2 du Supreme DH.

Pour les plus curieux, on vous renvoie forcément à l’article didactique FullAttack que l’on consacre à cette cinématique particulière. Vous y verrez notamment comment l’on construit et détermine les différents points de pivot virtuels que cette cinématique peut offrir. Pour saisir le COMMENCAL Supreme DH V5.2 dont il est question ici, on retient surtout que la principale évolution cinématique consiste à déplacer le point d’articulation entre les bases et les haubans. Sur la précédente génération, il se trouvait à l’extrémité des bases. Sur la nouvelle, il se trouve à l’extrémité des haubans.

Ça paraît rien, mais d’un point de vue cinématique, ça change une chose essentielle : la roue arrière n’est plus fixée au même élément cinématique. Or, c’est le point de pivot virtuel autour duquel cet élément se déplace, qui régit une bonne partie du comportement de la suspension et du vélo. Pour s’en convaincre, souvenez-vous que le point de pivot dont il est question ici entre en compte dans la détermination de paramètres tels que l’anti-squat et l’anti-rise, pour les plus évidents. En déplaçant cette articulation, le Supreme V5.2 change donc ni plus ni moins de point de pivot virtuel.

Les intentions affichées

Pour les plus assidus d’entre-nous, cette évolution n’a finalement rien de surprenant. En réalité, elle trône sur certains vélos du paddock de Coupe du Monde depuis quelques mois, au moins, maintenant. On y avait d’ailleurs consacré un peu de notre propos lors de la Coupe du Monde des Gets. Mais à l’époque, plusieurs solutions différentes étaient exploitées par les pilotes du team COMMENCAL/Muc-Off : celle reprenant cette fameuse évolution cinématique, et une autre, conservant la cinématique précédente, mais exploitant des bases bien plus fines, très certainement en acier… Vérifications faites il y a quelque temps à Loudenvielle : l’ensemble des pilotes de l’équipe font désormais usage du changement cinématique dont il est question ici.

On a donc vu ce que le changement de point de pivot virtuel implique sur le papier, reste à cerner ce que ça implique sur le terrain, à l’usage. Ce type de modification peut modifier la façon dont le vélo réagit aux appuis du pilote et aux sollicitations du terrain. Difficile d’en mesurer l’impact réel sans rouler le vélo, mais cette nouvelle cinématique semble pensée pour offrir davantage de soutien et une réponse plus directe aux actions du pilote. L’objectif, selon Arthur Quet – Ingénieur performance pour COMMENCAL – est d’aller vers un vélo « plus dynamique, qui transmet un retour d’information plus clair au pilote, avec plus de vitesse et de précision ».

Si ces intentions se confirment sur le terrain, cela pourrait aussi se traduire par un meilleur confort dans les sections rapides — un point devenu essentiel alors que les vitesses moyennes augmentent, que ce soit en Coupe du monde ou en bike park. Le SUPREME DH V5.2 semble donc conçu pour accompagner cette évolution, mais il faudra évidemment valider ces ressentis en conditions réelles.

L’architecture de freinage a également été entièrement revue. Arthur évoque « un freinage plus mordant et une décélération plus efficace », avec l’idée de limiter la chauffe du frein arrière et de réduire les vibrations parasites. Là encore, ce sont des orientations techniques qui laissent entrevoir un comportement plus constant dans les longues descentes, mais seules les premières sorties permettront de confirmer ces impressions. Au final, toutes ces évolutions vont dans le sens d’un châssis qui pourrait permettre aux pilotes de mieux exploiter leur potentiel, de repousser leurs limites et de ressentir un vélo plus agile et plus communicatif. Comme le résume Arthur Quet, « ces améliorations aident les pilotes à débloquer un nouveau niveau de performance ». Il faudra maintenant voir comment tout cela se traduit concrètement sur le terrain.

Les autres évolutions, au passage…

On l’aura compris : le changement de cinématique est la principale raison pour laquelle s’intéresser au COMMENCAL Supreme V5.2. Le vélo ne s’arrête pas là pour autant, et cette évolution s’accompagne d’autres ajustements d’ordre pratique…

Enfin, la zone d’ancrage inférieure de l’amortisseur a été redessinée pour offrir plus de dégagement, ouvrant la porte à la majorité des amortisseurs de DH du marché, y compris le dernier Fox Float X2.

Freinage et « Mode Silencieux » : en marge du changement cinématique, l’étrier migre pour venir se loger entre les bases et les haubans. Couplée à la cinématique HVCS, cette nouvelle implantation est censée maintenir la suspension pleinement active lors des phases de décélération tout en limitant le transfert de masse vers l’avant. Le cadre se pare d’une compatibilité avec des disques allant de 200 mm à 223 mm. Parce qu’un vélo rapide est un vélo silencieux, Commencal introduit une nouvelle génération de protections de bases et de haubans. Conçues en caoutchouc double densité, elles visent à tuer dans l’œuf les claquements de chaîne pour préserver le fonctionnement de la suspension et les oreilles du pilote.

Intégration, UDH et détails de Coupe du Monde : Côté détails pratiques, la V5.2 cède à la tendance moderne du passage des câbles en interne via le tube de direction. Si les puristes de la mécanique râleront, la marque se défend en mettant en avant des gaines internes directement guidées par des inserts, une solution censée faciliter la vie des mécanos en week-end de course où chaque minute compte. Le châssis se met également au diapason des standards du moment en adoptant la patte de dérailleur universelle UDH, rendant le cadre nativement compatible avec les dernières transmissions SRAM Transmission T-Type (comme le XX DH). 

La gamme

.Le Supreme DH V5.2 (badgée pour le millésime 2027) débarque sur le marché en trois versions de vélos complets, affichant des tarifs qui piquent mais qui restent dans la norme des machines de Coupe du Monde actuelles :

  • SUPREME DH V5.2 ROCKSHOX PURE WHITE : 7 200 € – L’entrée de gamme qui fait confiance au catalogue RockShox pour suspendre le châssis.
  • SUPREME DH V5.2 SIGNATURE PURE BLACK : 8 200 € – Une déclinaison haut de gamme sombre qui devrait ravir les amateurs de beaux montages.
  • SUPREME DH V5.2 TEAM REPLICA BLANC PUR : 9 900 € – Le fleuron de la gamme, réplique exacte des machines du team officiel, qui frôle la barre psychologique des 10 000 €.

Côté balance, le cadre nu est annoncé à 5,8 kg.

Pour les pilotes impatients, il faudra toutefois s’armer de patience : l’ouverture des précommandes est calée pour octobre 2026. De quoi laisser le temps de peaufiner les réglages théoriques de cette V5.2 avant de pouvoir aller valider, pour de vrai, si ce repositionnement de pivot fait de cette machine l’arme absolue des pistes de DH.

D’ici là, une question nous taraude légitimement. On l’a dit en préambule : visuellement, ce Supreme DH V5.2 repose clairement sur les bases solides que la V5 a posées. Puisque les changements majeurs touchent principalement l’emplacement d’une articulation et l’ajustement du triangle arrière, on aurait été franchement curieux de savoir si un kit de mise à jour V5 > V5.2 peut être envisagé par la marque andorrane. Proposer une telle option d’évolution serait un signal fort pour les propriétaires actuels de la V5 qui souhaiteraient affiner leur cinématique sans devoir réinvestir dans un châssis complet. Commencal ouvrira-t-il la porte à cette modularité ? Affaire à suivre

Plus d’info : commencal.com