L’Aenomaly Switchgrade Pro peaufine son usage 👌

Le chariot de selle inclinable, ça vous parle ? Depuis le Premier Essai de l’Aenomaly Switchgrade, c’est devenu un des accessoires que les lecteurs FullAttack apprécient et adoptent, tant et si bien que sur un évènement comme le Grand Rallye VTT Transverdon qu’on organise, sa présence progresse d’année en année. Peut-être verra-t-on la nouvelle version – l’Aenomaly Switchgrade Pro – sur l’édition 2026 ?! Elle présente en tout cas quelques évolutions qui méritent qu’on s’y intérèsse, sur FullAttack !

Jusqu’ici…

Depuis l’invention de la tige de selle télescopique, le chariot de selle inclinable Aenomaly Switchgrade est certainement la plus belle invention que l’on ait découverte pour compléter ce dispositif devenu immanquable sur tout VTT qui doive un tant soit peu pédaler. Avec la hauteur, l’inclinaison de la selle joue effectivement un rôle important dans la capacité à fournir une position favorable au pédalage comme en phases de pilotage. Ce chariot de selle particulier, j’en fais usage depuis le Grand Rallye 2024 et désormais, c’est comme la tige de selle télescopique : quand j’enfourche un vélo qui n’en est pas équipé, je le cherche, à regret. Pour autant, ce Switchgrade, produit par la petite marque canadienne Aenomaly – qui partage ses locaux entre Whistler et Vancouver – peut encore évoluer. Comme je le glissais encore récemment dans nos échanges : outre une hypothétique commande au guidon liée à celle de la tige – ce qui serait d’une praticité absolue – il y a des moments ou davantage de possibilités d’ajustement de l’angulation seraient intéressantes…

Ce qui change avec l’Aenomaly Switchgrade Pro

Petit rappel… Jusqu’ici, le fonctionnement du Switchgrade tel qu’on le connaît, consiste à pouvoir alterner entre trois positions : neutre, en arrière, et vers l’avant. Sur le Switchgrade, ces positions sont fixées d’origine : 12° vers l’arrière, 10° vers l’avant, 22° en tout. Sur une version EVO 2.0, il est possible de ramener la solution à 2 positions pour plus de simplicité. Avec l’Aenomaly Switchgrade Pro, l’esprit reste le même, la concrétisation change. D’abord la plage de mouvement qui s’agrandit : 15° vers l’arrière, 20° vers l’avant, 35° au total. L’incrémentation ensuite : ce sont désormais 8 positions, réparties tous les 5°, qui permettent de parcourir la plage. Les butées enfin : au cœur du système, une constellation d’orifices – tous alignés avec une des 8 positions – vise à placer des butées qui permettent de « customiser » la plage et l’usage que l’on veut faire de l’Aenomaly Switchgrade Pro.

Usages & intentions

On comprend donc ainsi que c’est l’usage même qui est au cœur des intentions de cette nouvelle version du Switchgrade. Si l’on reprend le Premier Essai de l’Aenomaly Switchgrade paru sur FullAttack par le passé, la seule – véritable mais relative – critique énoncée à son propos portait sur le fait que ce soit intéressant sur le plat – position neutre – et dans les pentes autour de 10% et plus – position vers l’avant – mais qu’on se sente jusqu’ici « les fesses un peu entre deux chaises »dans les pentes contenues autour des 5%. Sur le papier en tout cas, l’apparition des incréments de 5° tente de répondre à ce cas de figure et mérite d’être mis à l’épreuve pour s’assurer de sa pertinence. Les butées ensuite, peuvent non seulement annuler une des positions – vers l’avant ou vers l’arrière – pour ceux qui ne s’en servent pas, mais surtout permettre de choisir l’étendue de la plage dont on veut se servir : de « tout bloqué » sur une position précise, à l’étendue complète, non seulement en définissant cette étendue, mais aussi son positionnement par rapport au neutre…

En All Mountain/Trail, sur des profils punchy, les incréments de 5° doivent permettre d’affiner l’assiette de la selle, y compris dans ces pentes intermédiaires autour de 5 à 8 % où les solutions plus binaires montrent leurs limites. Sur un e-bike, où le poids, le sag et le transfert de masse vers l’arrière compliquent l’exercice, les butées cherchent à recentrer la plage utile sur les angles réellement exploités en montée, tout en conservant une bascule franche quand la pente s’inverse. En course d’endurance, l’approche se veut plus minimaliste : réduire volontairement la plage à 5 ou 10 degrés doit permettre de préserver des repères stables et de limiter la fatigue sur la durée. À l’inverse, en bike park, le système peut être totalement neutralisé pour se comporter comme une selle fixe, vers l’arrière… Bref, l’intention et l’usage de la première version étaient déjà plus qu’intéressants, le Aenomaly Switchgrade Pro en promet tout autant, voir un peu plus, et poursuit son chemin en direction du must que toute bonne tige de selle télescopique haut de gamme – qui se mérite – peut ambitionner de proposer…

Aenomaly Switchgrade Pro > chariot de selle inclinable / de 1 à 8 positions, par incrément de 5° / plage de 35° au total – 15° vers l’arrière, 20° vers l’avant / butées de fin de course ajustables sur chacune des 8 positions / Aluminium 7075 & 6061 – traitement T6 / 92x55x40mm d’encombrement / réhausse de la selle de 10mm en moyenne / compatible rails ronds et ovales / Usiné à Whistler, assemblé à Vancouver / finition noire ou brute / 145g – hors éléments de fixation / 201€ PPC / Premières dispo janvier 2026.

Rédac'Chef Adjoint
  1. curieusement Aenomaly a maintenant un concurrent reverse component qui a choisi la simplicité avec une seule position à plus ou moins 6 degré. A voir à l’usage …

    1. La question est intéressante. Sur le papier, les 6° donnent le sentiment d’offrir la fameuse position « intermédiaire » pour les faibles pentes dont les premières versions de l’Aenomaly ne disposent pas. Des pentes que l’on rencontre peut-être plus souvent que celles de 8/10° où les différentes versions du Switchgrade excellent ? À contrario, le Reverse SeatSwitch donne le sentiment d’être limité dans les fortes pentes, mais l’usage peut-il démontrer que les 6° peuvent déjà être une aide précieuse ? Ça mérite de creuser le sujet 😉
      La version Pro du Switchgrade peut se rapprocher de cette solution, en faisant usage de ses butées, mais dans ce cas, la simplicité du Reverse SeatSwitch plaiderait pour lui – le Reverse est proposé à 169€ PPC, contre 205€ pour le Switchgrade Pro. Sur le papier toujours, le Reverse SeatSwitch se rapproche de la version Evo qui permet de réduire à 2 positions – la différence se faisant toujours sur ces fameux degrés de liberté en plus/moins – désormais proposée à 155€ PPC.
      Dans tous les cas, à noter que le Reverse Seatswitch n’est pas compatible avec les rails ovales – en cours de développement – mais que les dernières évolutions de tous ces éléments tendant à généraliser l’usage de cales pour simplifier/élargir la compatibilité avec la plupart des tiges du marché 👌

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