Red Bull Hardline Tasmanie 2026 – L’essentiel à savoir 💪🔥

C’est parti ! Début de saison early bird avec la Red Bull Hardline Tasmanie où se retrouvent certains des meilleurs pilotes de la planète pour un défi singulier. Certains en disent que c’est un peu une piste de Coupe du Monde de Descente XXL qui les attend ici. On fait un point complet sur les états de forme, les nouveautés en piste, les défis que ça représente, les astuces des pilotes pour y faire face, et quoi observer le moment venu, que ce soit en live ou en replay, sur FullAttack !

État de forme et blessures au moment d’arriver… 

C’est le début de saison, la Hardline est donc l’occasion d’en apprendre un peu sur les états de forme de chacun. Parmi les favoris, un trio se détache, et semble très à l’aise en piste : Jackson GoldstoneAsa Vermette et Ronan Dunne, derniers vainqueurs de l’épreuve, sont prêts à en découdre. Chez les filles, Gracey Hemstreet est grande favorite, logique, après sa saison 2025. Mais Louise Ferguson, après une saison difficile marquée par des chutes et des problèmes de vent, est visiblement plus confiante que jamais et « vole littéralement » lors des entraînements. Luca Shaw, rookie cette année, impressionne déjà par sa rapidité et son approche stratégique des lignes possibles, tandis que Sacha Kim, jeune prodige de l’Enduro, a rapidement pris ses marques sur son vélo de descente, malgré une longue pause gros vélo de près d’un an… Ryan Gilchrist apparaît comme l’un des pilotes les plus affûtés, grâce à un entraînement intensif et une discipline de vie rigoureuse, tandis que Dan Booker, revenu d’une intersaison compliquée par des commotions cérébrales, se sent « vraiment bien sur le vélo » après un protocole de rééducation strict. À côté de ça, certains doivent déjà déclarer forfait. Mille Johnset, trop courte sur le dernier saut de la piste, souffre d’une fracture de la clavicule et doit se retirer de l’épreuve. C’est la première fracture sérieuse en 15 ans de carrière pour la Norvégienne. Charlie Hatton doit aussi faire l’impasse après une blessure à la main juste avant son arrivée en Tasmanie. Un test sur place a confirmé qu’il ne peut pas participer.

Risques et rédemption

Quelque part, cette Hardline, placée en début d’année, reste un véritable risque. Les pilotes s’attaquent à la piste en pleine période de préparation de la saison à venir. Les sauts gigantesques et la vitesse imposent une concentration maximale, mais les erreurs arrivent vite, et la moindre chute peut avoir de lourdes conséquences. Parmi les trois principaux favoris et derniers vainqueurs de la Hardline – GoldstoneDunneVermette – deux ont déjà payé un lourd tribut ici. En 2024, Goldstone se blesse au genou, une blessure qui lui coûte une année blanche. En 2025, Dunne, lui, subit un impact impressionnant au dos, compromettant son début de saison et le forçant à prendre du recul pour se soigner.

Dunne revient cette année avec un seul objectif : la rédemption. Le frenchie Edgard Briole partage une histoire similaire. L’an passé, il se brise les deux pieds sur le saut du ravin en bas de la piste. Cette blessure reste gravée dans sa mémoire, et la nôtre. Mais cette année, il revient avec une détermination impressionnante. Comme un symbole, on le voit dans la roue de Jackson Goldstone, à l’endroit même où il s’était blessé. Le meilleur pilote du monde, lui offrant la roue pour le remettre en confiance. Un acte de partage et d’entraide qui symbolise bien l’esprit de cette épreuve : une compétition extrême, mais aussi un terrain de rédemption et de solidarité au terrain de jeu singulier… 

Les nouveautés en piste

Pour cette édition 2026 à Maydena, l’organisation a décidé de renforcer la technicité de la piste, avec des modifications visant à créer davantage de différences de vitesse entre les pilotes. Le départ est revu pour devenir plus technique et fini par reconnecter avec l’ancien tracé une fois le pierrier de Jackson Goldstone passé. La section de départ est désormais plus lente et exige une plus grande maîtrise. Après un virage serré, les pilotes attaquent un nouveau « drop » situé à seulement quelques mètres de la ligne de départ. Ce saut, qui mesure environ 5,5 mètres de haut, semble peu impressionnant en théorie, mais il est redouté pour son angle d’attaque. Avant d’en franchir l’arrête, le relief et la réception restent à l’aveugle un bon moment…

Ensuite, le Rock Garden, où Jackson Goldstone s’était blessé par le passé, a lui aussi été modifié. L’entrée de cette section, particulièrement technique, a été revue sur une dizaine de mètres, changeant ainsi l’angle et la trajectoire des pilotes dans les rochers, augmentant l’exigence de cette portion. Des modifications touchent ensuite certains des modules emblématiques. Le Road Gap, ce saut massif au-dessus du conteneur, est rallongé de 1,2 mètre. L’objectif n’est pas d’augmenter la difficulté, mais de permettre aux pilotes, notamment les plus légers, de conserver plus de vitesse pour aborder l’enchaînement qui suit.

Enfin, globalement et à l’image de la partie haute toute fraîche : plusieurs zones ont été resserrées par l’ajout de virages supplémentaires, ralentissant les pilotes et les obligeant à casser leur rythme. Ces modifications, bien qu’elles ralentissent certains passages, apportent un aspect stratégique à la course. Malgré ça, Simon French, la tête pensante de l’événement, estime que les temps de course pourraient être plus rapides cette année. La piste est désormais plus ferme et mieux rodée, et les pilotes pourraient ainsi atteindre des temps proches des 3 minutes…

Maydena vs Dyfi

Pour mieux saisir le défi que représente cette Red Bull Hardline Tasmanie, la comparaison avec l’épreuve originelle de Dyfi – Pays de Galles – nous apprend quelques bonnes choses…

La vitesse et le rythme de course sont les différences les plus notables. En Tasmanie, la piste est plus rapide, avec une moyenne de 52,99 km/h atteinte par Goldstone et Vermette en 2025, contre 44 km/h au Pays de Galles en 2024 pour Dunne. Les pilotes en Tasmanie peuvent également dépasser les 80 km/h, notamment près du « Creek Gap ».

L’exposition et l’environnement varient également. Le parcours gallois, situé en terrain découvert, est exposé aux éléments et visible depuis la route. En Tasmanie, la piste est protégée par une forêt dense, offrant plus de protection contre le vent.

Concernant le sol et l’adhérence, au Pays de Galles, les roches deviennent glissantes sous la pluie, notamment dans le Rock Garden. En Tasmanie, le sol argileux est glissant sous la pluie mais sèche rapidement. Le grip change également trois fois entre le haut et le bas de la colline ici. 

Enfin, la perception technique et le style de course diffèrent. La Hardline du Pays de Galles est perçue comme une « lutte pour la survie », tandis que celle de Tasmanie est comparée à une méga course de Coupe du Monde, où les sauts plus fluides permettent aux pilotes de chercher la vitesse pure.

La taille des sauts et les astuces des pilotes…

Pour gérer des sauts géants atteignant parfois 30 mètres, les pilotes de la Red Bull Hardline Tasmanie combinent préparation mentale, collaboration sur le terrain et réglages techniques spécifiques. La gestion mentale et psychologique joue un rôle clé dans cette préparation. La peur est omniprésente, car la réalité du terrain dépasse souvent ce que les images laissent entrevoir. Pour surmonter cela, les pilotes emploient différentes méthodes. Certains visualisent non seulement la réussite du saut, mais surtout la phase d’élan, en ressentant physiquement le mouvement pour éviter toute surprise. D’autres utilisent un compte à rebours mental (« 3-2-1 ») pour forcer l’engagement tandis que certains se focalisent sur l’importance de s’engager totalement une fois la décision prise, car toute hésitation peut entraîner l’erreur.

L’entraînement et la collaboration sur la piste sont également essentiels. Contrairement à d’autres compétitions, l’approche ici est collective pour assurer la sécurité. prendre la roue est une méthode courante pour « ouvrir » un saut. Au final, ce sont plutôt les jeunes – Jackson Goldstone ou Asa Vermette – qui guident les anciens en leur montrant la vitesse nécessaire. Aaron Gwin dit notamment avoir le sentiment de mettre sa vie entre les mains des plus jeunes pour franchir le Creek Gap pour la première fois. Ce Safety Train permet aux pilotes de travailler en groupe, s’élançant les uns après les autres pour valider les modules. Cette entraide est visible entre les pilotes masculins et féminins, qui ajustent parfois leur vitesse pour aider les femmes sur les sauts les plus difficiles. Enfin, avant de s’attaquer à la piste officielle, les pilotes s’entraînent sur les « Maydena hits », des sauts de grande taille dans le bike park, pour se préparer aux gros impacts et à la vitesse…

La vitesse élevée, l’autre caractéristique de Maydena…

Pour passer les sauts les plus gros, pas de secret : il faut de la vitesse. Les pointes avoisinent les 80 km/h ici ! Ce qui nécessite quelques dispositions bien particulières… L’organisation a introduit un radar avec affichage numérique installé avant le Creek Gap, un saut où la vitesse doit être parfaitement calibrée – entre 67 et 80 km/h – pour être franchi en toute sécurité. De plus, une ligne d’échappatoire a été créée à gauche du Creek Gap, offrant aux pilotes une trajectoire de secours s’ils estiment qu’ils manquent de vitesse ou de confiance au dernier moment.

Les pilotes, quant à eux, adaptent leur matériel pour encaisser les impacts à haute vitesse. En début de semaine, ils durcissent les suspensions pour avoir une meilleure marge de sécurité en cas d’erreur de réception, avant d’assouplir de nouveau, une fois les marques prises en piste. Ils ajoutent aussi environ 0,15 bars supplémentaires à la pression des pneus afin d’éviter toute déformation sous la charge des sauts. À ces vitesses, les vibrations causées par le liquide préventif qui déséquilibre les roues peuvent devenir gênantes. Certains pilotes utilisent des poids d’équilibrage sur les jantes pour contrer cela, tandis que d’autres préfèrent retirer tout le liquide préventif…

Les lignes en question

Avec ce tableau, on commence à avoir une bonne idée de quoi regarder, le moment venu, pour apprécier la Red Bull Hardline Maydena à sa juste valeur. Reste néanmoins un sujet à propos sur lequel conclure cet article et passer le relai aux retransmissions live : les traj’ ! Ici comme souvent ailleurs, le balisage est au cœur du jeu cette année. Le système des poteaux jumeaux permet aux pilotes de valider leur trajectoire dès qu’ils passent entre les deux poteaux, peu importe leur position sur la piste. Simon French, l’organisateur, précise ainsi que la règle est simple : il faut passer dans chaque porte – le balisage reste discret pour préserver l’esthétique de la diffusion télévisée.

Les trajectoires secrètes suscitent de nombreuses discussions après le Linegate de l’an passé où Goldstone aurait utilisé un inter’ resté secret jusqu’en finale, alors même que l’entraide semble plus présente ici qu’ailleurs, le reste du temps. Mais dans le même temps, Les organisateurs disent aussi avoir laissé des « Easter Eggs »sur la piste. Luca Shaw a par exemple utilisé une ligne intérieure très serrée entre un arbre et un poteau. Cependant, des lignes jugées trop extrêmes sont parfois discutées entre pilotes puis fermée, comme celle utilisée par l’américain justement… 

Au final, la victoire ne se joue pas seulement sur les sauts spectaculaires, mais aussi sur les sections de liaison entre les obstacles. Les sauts sont franchis à peu près à la même vitesse par tous, mais c’est dans ces zones que les pilotes peuvent réellement gagner du temps en trouvant une « ligne d’or » ou en emmenant plus de vitesse d’un module à l’autre… Place au Live maintenant, pour en savoir plus ! 

Red Bull Hardline Tasmanie 2026

  • Qualifications : Samedi 7 février, entre 4h & 6h du matin*
  • Course : Live Red Bull TV, Dimanche 8 février – entre 4h & 6h du matin*

Live, résultat & replay à suivre sur FullAttack – *Heure de France métropolitaine 😉