Lancer un produit au moment où un rider est sous le feu des projecteurs, c’est souvent un exercice de communication bien huilé. Mais en regardant de plus près les poignées OneUp Goldstone, on se rend compte que le discours ne s’arrête pas au nom inscrit dessus, ni aux royalties qui sont en jeu. Derrière le branding, il y a des choix techniques, une vraie réflexion ergonomique et des partis pris intéressants… Assez, en tout cas, pour s’y intéresser, sur FullAttack !
Il y a encore peu, en ce mois de fevrier 2026, Jackson Goldstone était sous le feu des projecteurs, engagé sur la Red Bull Hardline Tasmanie — une épreuve qui, une fois de plus, a remis en perspective ce que veulent vraiment dire les mots engagement, contraintes et conséquences en VTT. Forcément, quand OneUp choisit précisément ce moment pour lever le voile sur ses nouvelles poignées Goldstone, le timing interpelle. Difficile de ne pas y voir, au premier abord, une mécanique marketing classique : associer le nom d’un rider ultra bankable à un produit, capitaliser sur l’exposition, et laisser la narration faire le reste. C’est souvent le revers de la médaille avec ce genre de lancement, et on a appris à s’en méfier. Sauf qu’en creusant un peu plus le sujet, en s’attardant sur les choix de conception et les intentions derrière ces poignées OneUp Goldstone, le discours change sensiblement. On découvre un vrai travail de fond, des partis pris techniques, des détails qui sont, à minima, prometteurs sur le papier. Suffisamment, en tout cas, pour mériter qu’on s’y penche sérieusement sur FullAttack — sans ça, très honnêtement, on serait passés à autre chose…
Ergonomie gravity !
Mais après tout, Jackson Goldstone et OneUp sont tous deux originaires de la même ville. Or, Squamish, ce n’est pas exactement l’endroit où l’on peut se permettre de sortir un produit paresseux sans se faire rattraper très vite par la réalité du terrain. Ne pas aller au fond des choses aurait presque relevé du crime. Ici, au contraire, on sent un travail assumé, réfléchi, avec une vraie volonté de rendre les poignées OneUp Goldstone ergonomiques à souhait.
Première mesure en ce sens, dès que l’on pose la main dessus : le coussinet de paume. Ce n’est pas un détail cosmétique. C’est là que la main vient naturellement se placer en premier. OneUp a choisi de le surélever légèrement afin de créer une zone d’amorti ciblée, sur une poignée qui reste volontairement plutôt fine dans son ensemble. L’idée est claire : ajouter du confort là où c’est nécessaire, sans diluer les sensations ni perdre en précision de pilotage.
Mais le plus intéressant se joue ailleurs. Ce coussinet travaille en synergie avec la collerette extérieure, volontairement large, pour créer un véritable point d’ancrage. Le talon de la main vient se caler entre les deux, générant ce fameux feeling de verrouillage recherché par les pilotes engagés. Avec un diamètre annoncé de 38 mm, la collerette est clairement au-delà de ce que proposent la plupart des poignées du marché — et ce n’est pas un hasard. Sa fonction première est simple, presque brutale : empêcher physiquement la main de sortir du cintre, sans pour autant tomber dans le piège des donuts que l’on voit fleurir dans les paddocks de Coupe du Monde. Ici, le choix porte sur une forme de cale inclinée à 45°, pensée pour offrir un appui directionnel réel. En entrée de virage, le talon de la main peut venir s’y adosser franchement, apportant un supplément de contrôle quand on charge l’avant ou que l’on force sur le cintre.
Ce parti pris est renforcé par une conception à double densité de gomme clairement assumée. Là où le corps de la poignée reste très souple, avec une dureté de 20A pour filtrer les vibrations, la collerette adopte un caoutchouc plus rigide, autour de 45A, afin de conserver sa forme et sa fonction dans le temps — y compris face aux chocs, à l’abrasion et aux chutes répétées.
Autre fonction aidée par cette double densité, et qui ne se remarque pas à l’œil nu : la découpe de l’âme sous le pouce. Le principe est simple. En supprimant une partie de l’âme plastique à cet endroit précis, le caoutchouc — plus présent car plus épais — repose directement sur le cintre. L’objectif est d’autoriser un peu plus de déformation du matériau et, à la clé, un amorti supérieur sur une zone soumise à de fortes contraintes. Si l’on porte le regard à cet endroit de la poignée, on note au passage le relief moleté, truffé de pointes en forme de diamant, classiquement utilisé sur les grips pour optimiser l’adhérence.
Mais le souci du détail ne s’arrête pas là. Autre caractéristique des poignées OneUp Goldstone : les rainures destinées aux doigts, situées sous la poignée. Là encore, la fonction est connue : favoriser la poigne lorsqu’il faut mobiliser l’ensemble des doigts pour tenir le guidon. Leur forme en rampe — avec une face inclinée et l’autre plus droite — vise à limiter le risque de voir la main tourner sur la poignée. Mais surtout, l’angle de ces rainures par rapport à l’axe du guidon constitue ici une véritable signature. Il semble chercher à s’adapter à la longueur décroissante des doigts vers l’extérieur de la main, et/ou à un pilotage coudes très ouverts et mains vers l’intérieur, à la manière de Jackson. Tout ça en fonction du sens de montage que l’on choisi ? Ça, c’est notre hypothèse…
Qui reste à vérifier ! La question reste en suspens. Désormais, il va falloir mettre tout ça à l’épreuve du terrain. Ça tombe bien : les poignées sont en chemin. On pourra donc en dire plus d’ici quelque temps, sur FullAttack.
Poignées OneUp Goldstone > un seul collier de serrage côté intérieur / 140mm de longueur / diamètres de 29 à 33mm au centre, 38mm en collerette extérieure / dureté de 20A au centre (tendre) et 45A extérieure (dure) / disponibles en blanc, vert foncé, tan, marron ou noir / 108g la paire / 29,99€ – sans surcoût vs le reste de la gamme / Dispo fevrier 2026.
